Tous les professeurs de français disent que PhĂšdre de Racine est une piĂšce cultissime, mais est-ce que l’on sait vraiment pourquoiâŻ? Aujourdâhui, les Sherpas te proposent une fiche de lecture pour connaĂźtre en long, en large et en travers ce chef-d’Ćuvre du théùtreâŻ! Analyse, rĂ©sumĂ©, biographie et thĂ©matiques, tu trouveras tout ce dont tu as besoin dans cette fiche de lecture đâ
| Fiche dâidentitĂ© đ | |
|---|---|
| Titre | PhĂšdre |
| Ăcrivain | Racine |
| Date de publication | 1677 |
| Genre | Théùtral |
| Registre | Tragique |
PrĂ©sentation gĂ©nĂ©rale de lâĆuvre âđâ
LâĂ©criture de PhĂšdre de Racine âïžââ
âLe destin de notre protagoniste prĂ©fĂ©rĂ© a Ă©tĂ© Ă©crit en cinq actes le 1á”Êł janvier 1677 Ă Paris. Ă lâorigine, la reprĂ©sentation sâappelait PhĂšdre et Hippolyte. Racine n’a adoptĂ© le titre de PhĂšdre qu’Ă partir de la seconde Ă©dition en 1687. HaâŻ! Et mention honorable : parmi les vers raciniens, on trouve 1654 alexandrins de pur bonheurâŻđ„°â
đ DâaprĂšs nos sources (oui, on a des espions partout), PhĂšdre est nĂ©e au cours du mouvement littĂ©raire nommĂ© le classicisme. Ce courant littĂ©raire, qui prend Ă cette Ă©poque de lâampleur en Europe, prĂŽnait la vertu, la morale et lâĂ©quilibre.

LâĂ©panouissement de ce courant littĂ©raire pourrait expliquer la naissance de PhĂšdre de Racine puisque cette reprĂ©sentation reflĂšte la perfection et la passion. On sait en tout cas ce qui a bien pu motiver le dramaturge Ă mettre en lumiĂšre PhĂšdre et le prince !
đâ On remarque dâailleurs son grand intĂ©rĂȘt pour le classicisme dans la prĂ©face : âles moindres fautes y sont sĂ©vĂšrement puniesâ. Quoi de plus normal pour un homme dont lâĂ©ducation a Ă©tĂ© stricte que de vouloir Ă©crire une piĂšce moralisanteâŻ?
Les personnages de PhĂšdre de Racine đš
đâ Qui dit liaison impossible, dit plusieurs protagonistes :
- ThĂ©sĂ©e : lâenfant d’ĂgĂ©e et le souverain d’AthĂšnes
- PhÚdre : la femme de Thésée, la fille de Minos et de Pasiphaé
- Hippolyte : lâenfant de ThĂ©sĂ©e et dâAntiope
- la princesse : la princesse du sang royal d’AthĂšnes et la sĆur des Pallantides
đŠ âLes figures hors de ce quatuor sont :
- Ćnone : la nourrice et confidente de PhĂšdre
- ThéramÚne : le gouverneur du prince
- IsmĂšne : la confidente de la princesse
- Panope : la femme de la suite de PhĂšdre
RĂ©sumĂ© gĂ©nĂ©ral de la piĂšce PhĂšdre de Racineâ đ«â
âDans cette reprĂ©sentation, on suit le destin tragique de PhĂšdre, la seconde femme de ThĂ©sĂ©e. Bien quâelle soit mariĂ©e au souverain dâAthĂšnes, elle Ă©prouve des sentiments criminels pour Hippolyte âđ
đ Pourquoi criminelsâŻ?
Parce que la personne quâelle aime nâest autre que lâenfant de son Ă©poux. Eh oui, le prince est son beau-filsâŻ! Cette passion va compliquer les choses puisque, lui, il aime la princesse, otage Ă AthĂšnes depuis le massacre de son peuple.
Au milieu de ces dĂ©boires, PhĂšdre avoue tout Ă sa nourrice lorsque ThĂ©sĂ©e est absent de TrĂ©zĂšne (ville du PĂ©loponnĂšse oĂč se dĂ©roule la reprĂ©sentation). Alors quâelle est rongĂ©e par la culpabilitĂ©, le bruit de la mort de son mari se rĂ©pand. La situation devient de plus en plus tendue Ă partir de là ⊠Câest PhĂšdre elle-mĂȘme qui annonce au noble quâil est orphelin et lui fait en mĂȘme temps lâaveu de ses sentiments.

Comme tu peux lâimaginer, le prince est Ă©pouvantĂ© et la repousse. Comble de malchance pour sa belle-mĂšre, on dit que ThĂ©sĂ©e nâest en fait pas mortâŻ! Que dĂ©cide de faire la reine dĂ©shonorĂ©eâŻ? Elle veut se suicider.
Pour ne rien arranger (oui, on saitâŠ), la nourrice ne trouve dâautre moyen de sauver la vie de sa maĂźtresse que dâaccuser le prince dâaimer PhĂšdre en secret. Furieux, le souverain maudit son enfant et conjure Neptune de le punir pour cet affront.
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MalgrĂ© le sentiment qui unit le prince et la princesse, la vengeance paternelle sâaccomplit. ThĂ©sĂ©e comprend trop tard quâon lui a menti et rĂ©alise quâil a envoyĂ© Ă la mort son propre enfant. Le jeune homme est dĂ©cĂ©dĂ© de façon brutale, ses chevaux lâayant dirigĂ© vers des rochers Ă cause dâune bĂȘte envoyĂ©e par Neptune âđ Le jeune homme, qui nâavait jamais cessĂ© de clamĂ© son innocence, rejoint les cieux sans avoir pu sâexpliquer avec le souverain.
â ïž PhĂšdre le rejoint en sâempoisonnant, pleine de remords. La reprĂ©sentation sâachĂšve ainsi. ThĂ©sĂ©e avait tout ce quâun souverain peut rĂȘver (un enfant dĂ©vouĂ©, une Ă©pouse vertueuse et un grand royaume) mais il finit par perdre le plus important en un clin dâĆilâŠ
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PhĂšdre de Racine : rĂ©sumĂ© dĂ©taillĂ© đâ
Lâacte I : un exposĂ© entre dĂ©sir de mort et aveuxâ đŠ
Des scĂšnes 1 Ă 3
On plante le dĂ©corâŻ! Lâenfant de ThĂ©sĂ©e annonce Ă ThĂ©ramĂšne quâil sâapprĂȘte Ă partir de TrĂ©zĂšne pour plusieurs raisons.
âđâ La premiĂšre, rechercher son pĂšre disparu :
- Le dessein en est pris, je pars, cher ThĂ©ramĂšne, / Et quitte le sĂ©jour de l’aimable TrĂ©zĂšne […] (v. 1-2)
- Depuis plus de six mois Ă©loignĂ© de mon pĂšre, / J’ignore le destin d’une tĂȘte si chĂšre. (v. 3-4)
âđ La deuxiĂšme :
Fuir la princesse. Le prince est persuadĂ© que la princesse le dĂ©teste en raison du massacre dont elle a Ă©chappĂ©. Pour rappel, elle est la sĆur des Pallantides, soit le clan ennemiâŻââïžâ Les Pallantides sont les cinquante garçons de Pallas et les petits-fils du cinquiĂšme dirigeant dâAthĂšnes Pandion. Ils sont ainsi les neveux dâEgĂ©e et les cousins de ThĂ©sĂ©e (oui, il faut bien suivre !).
- Je fuis, je l’avouerai, cette jeune Aricie, / Reste d’un sang fatal conjurĂ© contre nous. (v. 50-51)
â ïž âMention importante !
On apprend que le prince et PhĂšdre, surnommĂ©e la âdangereuse marĂątreâ par ThĂ©ramĂšne, ont une relation assez tumultueuse. Elle sâest lĂ©gĂšrement amĂ©liorĂ©e grĂące au mal mystĂ©rieux dont souffre lâĂ©pouse du souverain.
Sa haine sur vous autrefois attachĂ©e, ou sâest Ă©vanouie, ou sâest bien relĂąchĂ©e.
ThéramÚne
PhĂšdre – Acte I, scĂšne 1
La deuxiĂšme partie de PhĂšdre de Racine est plutĂŽt courte (tant mieux pour toiâ đ).â La nourrice est briĂšvement introduite pour annoncer Ă Hippolyte la venue de PhĂšdre. La confidente lâinforme que la reine souffre dâun mal inconnu qui lâa fait dĂ©pĂ©rir Ă petits feux et refuse de lui en parler. Lâenfant de ThĂ©sĂ©e part en clamant ce vers
Il suffit, je la laisse en ces lieux.
Hippolyte
PhĂšdre – Acte I, scĂšne 1
Lâaction suivante est un Ă©change entre PhĂšdre, affaiblie et accablĂ©e de chagrin, et Oenone. La reine nâest plus que lâombre dâelle-mĂȘme, allant jusquâĂ refuser de manger, mais finit par expliquer Ă sa confidente sa fameuse maladie : lâamour. Elle Ă©prouve une passion coupable pour le prince, son beau-fils !
On apprend dâailleurs que, malgrĂ© tous ses efforts, PhĂšdre sâest trouvĂ©e incapable dâoublier lâenfant de ThĂ©sĂ©e. Elle a fait semblant de vouloir le chasser et de le dĂ©tester pour quâil parte. Si jouer la comĂ©die a eu lâeffet escomptĂ© puisque le garçon souhaite partir et pense que la reine le hait, celle-ci aime en revanche davantage le prince.

âđ Regarde, on tâa mĂȘme choisi des vers pour comprendre lâintrigue :
- Je meurs, pour ne point faire un aveu si funeste. (v. 226)
- Tu frĂ©miras d’horreur si je romps le silence. (v. 238)
- Ce prince si longtemps par moi-mĂȘme opprimĂ©. (v. 262)
- Je le vis, je rougis, je pĂąlis Ă sa vue. (v. 273)
Maintenant, tu as dĂ» comprendre pourquoi la reine se laisse mourir. Pour rester fidĂšle Ă son mari et ne pas commettre dâinceste, pardiâŻ! Câest, dâaprĂšs elle, la seule solution â ïžâ
Les scĂšnes 4 et 5
âCe passage de PhĂšdre de Racine introduit Panope, venue annoncer une triste nouvelle Ă PhĂšdre et sa confidente. Câest lâinformation-clĂ© de la conversation : la mort de ThĂ©sĂ©e, le mari de la reine, est proclamĂ©eâŻ!
Tout AthĂšnes est au courant et on se demande qui va prendre la succession du dĂ©funt : le prince, fils du souverain mais enfant dâune Amazone (et donc mĂšre Ă©trangĂšre Ă sa patrie)âŻ? La princesse affiliĂ©e au sang de Pallante ? Le jeune enfant de PhĂšdre ? Les opinions sont partagĂ©esâŠ

âđâ Bien que la mort de son mari soit un coup dur, la reine sait quâelle doit penser Ă la politique dâAthĂšnes. Est-ce que PhĂšdre doit laisser AthĂšnes au premier enfant de ThĂ©sĂ©e ou Ă son propre enfantâŻ? La situation s’envenime quand la nourrice parle du partage du territoire dans la cinquiĂšme partie.
âȘïž Les vers 358 Ă 362
Roi de ces bords heureux, TrézÚne est son partage,
Mais il sait que les lois donnent Ă votre fils
Les superbes remparts que Minerve a bĂątis.Â
Vous avez l’un et l’autre une juste ennemie.
Unissez-vous tous deux pour combattre Aricie.
âïžâââ La confidente de la reine lui conseille de dĂ©fendre les droits de son enfant en procĂ©dant au partage dâAthĂšnes entre le prince et lui. La confidente pense que ce serait une solution adaptĂ©e puisquâil nâest pas rare dans les guerres de succession de voir un prĂ©tendant ĂȘtre assassinĂ©.
Câest la raison pour laquelle elle dit quâil faut Ă©carter la princesse du trĂŽne. PhĂšdre est alors convaincue que câest une dĂ©cision sensĂ©e (quel talent dâoratrice cette confidente !).
Lâacte II : une double dĂ©claration dâamourâ đ
Les scĂšnes 1 et 2
âđâ Dans cette partie de PhĂšdre de Racine, deux Ă©lĂ©ments sont importants :
- La princesse avoue Ă sa confidente quâelle aime le prince alors quâil pense quâelle le hait.
- Le prince est nommĂ© souverain dâAthĂšnes par la ville de TrĂ©zĂšne. IsmĂšne sâen trouve soulagĂ© puisquâelle pense que le jeune homme sera bien plus clĂ©ment concernant le sort de la princesse (toujours otage Ă ce moment, on le rappelle).
ââLâarrivĂ©e du prince introduit lâidĂ©e de double dĂ©claration. ConsidĂ©rĂ© comme un dirigeant plus humain que son pĂšre dĂ©funt, il rend Ă la princesse sa libertĂ© et lui demande de lâĂ©pouser.
âȘïž Les vers 507 Ă 508
L’Attique est votre bien. Je pars, et vais pour vous
RĂ©unir tous les vĆux partagĂ©s entre nous.
Il avoue ses sentiments Ă la princesse, propose un partage Ă©quitable du royaume en donnant une partie des terres Ă PhĂšdre et son enfant. Le nouveau souverain nâa pas pour but de faire couler le sang dans des conflits pour la couronne mais il veut tout de mĂȘme garder le pouvoir.
Les scĂšnes 3 Ă 6
PhĂšdre est annoncĂ©e par ThĂ©ramĂšne, elle veut voir le prince (oui, lâentrevue tant attendue arriveâŻ!). Le prince sâinquiĂšte mais son gouverneur et la princesse lui conseillent de faire preuve de pitiĂ© envers la mourante.
âȘïž Il veut fuir par nâimporte quel moyen (v. 577-580)
Va, que pour le dĂ©part tout s’arme en diligence.
Fais donner le signal, cours, ordonne, et reviens
Me dĂ©livrer bientĂŽt d’un fĂącheux entretien.
âTu noteras dans ce passage lâĂ©numĂ©ration de verbes dâaction qui reprĂ©sente lâempressement du prince et lâutilisation de lâimpĂ©ratif qui montre quâil redoute lâentretien avec sa belle-mĂšre.
âȘïž La suiteâŻ? Voici une sĂ©lection de vers pour la comprendre
P : Seigneur, ma folle ardeur malgré moi se déclare. (v. 630)
H : oubliez-vous / Que ThĂ©sĂ©e est mon pĂšre, et qu’il est votre Ă©pouxâŻ? (v. 663 et 664)
P : prĂȘte-moi ton Ă©pĂ©e. (v. 711)
OÂ : Venez, rentrez, fuyez une honte certaine. (v. 714)
H : ThĂ©ramĂšne, fuyons. Ma surprise est extrĂȘme. (v. 717)
T : Son fils est roi, Seigneur. (v. 728)
âTu lâauras compris, PhĂšdre avoue au prince quâelle lâaime. Honteuse et dĂ©vastĂ©e dâĂȘtre rejetĂ©e, elle lui arrache son Ă©pĂ©e pour se tuer avant dâĂȘtre entraĂźnĂ©e hors champ. Un autre Ă©vĂ©nement troublant vient assaillir le pauvre prince : lâenfant de PhĂšdre a Ă©tĂ© reconnu comme souverain par AthĂšnes.
Lâacte III : Le retour de ThĂ©sĂ©e â
Les scĂšnes 1 et 2
PhĂšdre ne veut pas rĂ©gner et souhaite acheter la passion de son beau-fils. Elle envoie sa confidente lui parler et lui offrir le trĂŽne. Lorsque la reine se rend compte de ce quâelle fait, elle est accablĂ©e de honte et implore les divinitĂ©s de lâaider.
Je mets sous son pouvoir et le fils et la mĂšre.
PhĂšdre
Acte III, scĂšne 1
Les scĂšnes 3 Ă 6
On annonce que ThĂ©sĂ©e est bel et bien vivant : il arrive Ă TrĂ©zĂšne ! Pour Ă©viter la confrontation et prĂ©server l’honneur de son Ă©poux, PhĂšdre veut se tuer. La nourrice lui propose alors un bien Ă©trange compromis. Il faut faire exiler le prince par son pĂšre, en lâaccusant dâavoir fait des avances Ă PhĂšdre.
ââđâ S’ensuit la venue du souverain. PhĂšdre est mal Ă lâaise (on comprend pourquoi) et refuse ses attentions tendres. Il demande Ă son enfant ce quâil en est et le prince lâinforme quâil veut partir sans rien dĂ©voiler. Il pense que câest Ă PhĂšdre seule de parler de sa passion. Malheureusement, ces non-dits rendent ThĂ©sĂ©e mĂ©fiantâŠ

Lâacte IV : vengeances et malĂ©dictionsâ âđ©ïž
La scĂšne 1 Ă 3
La nourrice met son plan Ă exĂ©cution et dit Ă ThĂ©sĂ©e que son enfant a essayĂ© de sĂ©duire son Ă©pouse. Bien sĂ»r, le souverain est furieux, allant mĂȘme jusquâĂ maudire son fils et demander Ă Neptune de le tuer đ°
âđĄâ Le savais-tu ?
Neptune (Ă©quivalent du dieu PosĂ©idon chez les Grecs) est le dieu romain de la mer, des Ăźles, des fleuves, de la navigation, des tremblements de terre, tempĂȘtes et des chevaux.
ThĂ©sĂ©e veut lui faire avouer sa faute mais les seuls aveux de son enfant sont quâil aime la princesse. Les mots du prince ne touchent pas lâhomme qui dĂ©cide de le bannir. Il a beau clamer son innocence, son pĂšre est furieuxâŠ
Examinez ma vie, et songez qui je suis.
Hippolyte
Acte IV, scĂšne 2
Les scĂšnes 4 Ă 6
Et PhĂšdre dans tout çaâŻ? Eh bien, elle finit par se reprendreâŻ! Elle dĂ©cide enfin de dĂ©fendre lâhomme quâelle aime⊠(attendez, on me dit dans lâoreillette que non).
âđâ Elle apprend que le prince aime la princesse. Sa douleur est telle quâelle veut mourir. MĂȘme lorsque sa confidente essaie de la raisonner de nouveau, PhĂšdre la maudit de lâavoir confortĂ© dans ses sentiments pour son beau-fils
âȘïž Les vers 1310 et 1311
Au jour que je fuyais, c’est toi qui m’as rendue.
Tes priĂšres m’ont fait oublier mon devoir.
Lâacte V : un dĂ©nouement funeste â ïž
Les scĂšnes 1 Ă 5
Quâadvient-il du prince rejetĂ© dans PhĂšdre de RacineâŻ? Il dĂ©cide de partir comme on lui a dit, suivi par la princesse. Les deux jeunes gens sâaiment toujours follement et se fiancent devant les divinitĂ©s. Tout semble sâamĂ©liorer pour le prince puisque ThĂ©sĂ©e les a vus ensemble et doute du mensonge de la nourrice.
âđâ Autre preuve Ă lâappui : la princesse dit au souverain quâelle accompagnera celui quâelle aime dans son exil et le met en garde face Ă lâinjustice quâil sâapprĂȘte Ă commettre.
ThĂ©sĂ©e souhaite revoir la nourrice mais Panope lâinforme quâelle sâest jetĂ©e dans la mer⊠La nourrice est la premiĂšre Ă pĂ©rir. PhĂšdre aussi sâapprĂȘte Ă se suicider.
La scĂšne 6
Une autre mort vient frapper AthĂšnes. ThĂ©ramĂšne raconte la fin terrible du prince. Une crĂ©ature marine a attaquĂ© TrĂ©zĂšne, envoyĂ© par Neptune. Le prince sâest coincĂ© les pieds dans les rĂȘnes de ses chevaux. EffrayĂ©s par la bĂȘte, ils lâont entraĂźnĂ© sur des rochers.
đâ Pour le plaisir, lis les vers 1523 et 1524
La terre s’en Ă©meut, l’air en est infectĂ©,
Le flot, qui l’apporta, recule Ă©pouvantĂ©.
ââïž On note ici toutes les personnifications utilisĂ©es pour montrer que la nature est effrayĂ©e tant lâĂȘtre marin est puissant. Utiliser cette figure de style permet ainsi de mettre en valeur le prince puisquâil combat la crĂ©ature malgrĂ© sa force et son apparence terrifiante.

NâĂ©coutant que son courage (comme on dit, ouiâŻ!), le prince sâest lancĂ© dans la bataille avec ses javelots. Cette sixiĂšme partie est placĂ©e sous le signe des registres Ă©pique, tragique et pathĂ©tique et on sent dans le discours de ThĂ©ramĂšne lâaffection quâil avait pour ce jeune hĂ©ros, arrachĂ© trop tĂŽt Ă ses terresâŠ
Hippolyte étendu, sans forme et sans couleur.
ThéramÚne
Acte V, scĂšne 6
La scĂšne 7
ThĂ©sĂ©e regrette dâavoir Ă©tĂ© aussi injuste envers son enfant. La situation est terrible et PhĂšdre apparaĂźt chancelante. Elle sâest en fait empoisonnĂ©e et vient avouer son crime (v. 1619) : Il n’Ă©tait point coupable.

â ïž âLâaction est dâautant plus tragique que la reine, Ă sa mort, nâobtient aucun intĂ©rĂȘt de la part de son mari. Peut-ĂȘtre est-elle restĂ©e incompriseâŻ? On ne peut pas le savoir clairement, car ThĂ©sĂ©e ne pense quâau pauvre prince et veut lui rendre tous les honneurs quâil mĂ©rite. Mais tout nâest pas perdu cependant.
Son amante aujourd’hui me tienne lieu de fille.
Thésée
Acte V, scĂšne 7
đ Le dirigeant finit par apprendre de ses erreurs, faisant de la princesse sa fille adoptive. Si la mort plane sur ce dĂ©nouement, une lueur dâespoir apparaĂźt donc…
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Les thĂšmes principaux de PhĂšdre de Racine
ââLa passion
ââ€ïž âCentrale dans PhĂšdre de Racine, elle prend plusieurs formes :
La passion impossible 1ïžâŁâ
ThĂ©sĂ©e aime PhĂšdre qui aime le prince et ce dernier aime la princesse. On a alors une sorte de quatuor amoureux qui ne conduit quâĂ une issue possible, soit la mort des protagonistes au centre de ce quatuor.
Lâenvie incestueuse 2ïžâŁâ
Bien que PhĂšdre aime avec sincĂ©ritĂ© lâenfant de son mari, le prince nâen reste pas moins son beau-fils. Eh oui, chĂšre reine !
Les sentiments purs 3ïžâŁâ
Le prince et la princesse sâaiment de façon respectueuse et dĂ©vouĂ©e.
Le lien paternel 4ïžâŁâ
DĂšs le dĂ©but de la reprĂ©sentation, on remarque que le lien entre ThĂ©sĂ©e et son enfant est fort. Le prince refuse de le laisser portĂ© disparu et veut aller le rechercher. On le voit dĂšs lâexposition, ce qui nous montre Ă quel point le souverain est important pour le prince.
đĄââ Ă noter
La notion dâamour est dotĂ©e dâune dimension noble pour Racine. La passion est perçue comme une fatalitĂ© lorsquâelle se transforme en haine. Ce genre de passion, incontrĂŽlĂ©e, peut conduire Ă des actions irrĂ©flĂ©chies, le malheur ou la mort.
âđâ Dans PhĂšdre de Racine, on observe tout ça en mĂȘme temps puisque le souverain, en maudissant auprĂšs des divinitĂ©s son enfant, lâa inexorablement conduit Ă sa fin. En cela, PhĂšdre est au théùtre la tragĂ©die de la passion par excellence. Les protagonistes sont esclaves de leur passion, ce qui provoque une submersion de la raison par la passion. Les protagonistes se trompent et sâĂ©garent, ce qui les conduit au mal.
Les aveux et le dilemme
ââđ ââïžâ Pas la peine de te faire un dessin, PhĂšdre fait face Ă un dilemme sans issue heureuse possible. Elle doit garder son secret et en souffrir ou l’avouer et mourir. Tu lâauras compris, câest le deuxiĂšme choix qui a Ă©tĂ© faitâŻ! La recherche tourmentĂ©e dâune solution montre bien que la noble Ă©tait partagĂ©e entre lâamour et lâhonneur.
De mĂȘme, les aveux sont essentiels dans la piĂšce et sont reprĂ©sentatives de PhĂšdre de Racine. Si on te demande de qualifier la reprĂ©sentation en un mot, ce terme peut tout Ă fait ĂȘtre appropriĂ©. Et pour cause, on en voit de toutes les couleurs avec ces maudits aveux !
âïž Quelques exemples pour la route
- PhÚdre avoue ses sentiments coupables à sa confidente, le prince et Thésée
- Hippolyte les avoue à la princesse, PhÚdre et Thésée
- Aricie les avoue à IsmÚne, le prince et Thésée
LâhĂ©roĂŻsme
âđâ âDans PhĂšdre de Racine, deux formes de lutte apparaissent :
- morale : PhÚdre tente de combattre ses sentiments intérieurs
- physique : le prince combat la bĂȘte envoyĂ©e par Neptune
âCette conception entre en lien direct avec la notion de âhĂ©ros racinienâ. Il sâagit en fait dâun hĂ©ros qui est victime de ses sentiments et se fait dĂ©vorer par ses propres flammes (oui, Racine le dit). Pour le dramaturge, un noble digne de ce nom prĂ©fĂ©ra toujours la mort Ă lâabandon de sa passion !
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âCâest le dĂ©sir du hĂ©ros Ă atteindre son but qui le conduit Ă faire une ou plusieurs actions rĂ©prĂ©hensibles ou injustifiĂ©es. Sâil est par exemple confrontĂ© Ă un obstacle qui rend impossible ses sentiments, il exprimera son dĂ©sespoir par lâassassinat, le suicide ou la folie.
âđ En soit, lâeffet est fort pour le spectateur et le lecteur. Le hĂ©ros racinien a souvent un statut social haut placĂ©, rendant sa chute dâautant plus colossale.
La mort
âđ ââïž âLe souverain fait courir son enfant Ă sa perte, PhĂšdre se suicide, sa nourrice meurt et deux jeunes gens promis Ă un bel avenir se retrouvent sĂ©parĂ©s. Comment pourrait-on faire plus tragiqueâŻ? Dans PhĂšdre de Racine, les protagonistes deviennent veufs les uns aprĂšs les autres et provoquent leur perte Ă chacun ou au moins celle du voisin.
PhÚdre de Racine est en cela tachée non seulement du sang du prince, mais aussi de celui de la protagoniste. Depuis le départ, on comprend que la passion de la reine était vouée à une fin funeste. Les sentiments raciniens portent toujours les signes du malheur avec le choix de figures mythologiques comme victimes :
- la fille de Minos et de Pasiphaé : PhÚdre
- Hippolyte : lâenfant de ThĂ©sĂ©e
đĄââ Ă noter
PhĂšdre est issue de la lignĂ©e du Soleil, une lignĂ©e maudite. La mythologie raconte la cause de cette malĂ©diction qui touche de prĂšs PhĂšdre et dessine le destin tragique qui attend les proches de ThĂ©sĂ©e. La passion pour le prince aurait Ă©tĂ© imposĂ©e par VĂ©nus en vue de se venger du Soleil qui l’avait surprise dans les bras de Mars.
Soleil, je te viens voir pour la derniĂšre fois.
PhĂšdre
Acte I, scĂšne 3
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PhÚdre de Racine : un parfait exemple de tragédie classique
Racine laisse entendre dans sa prĂ©face quâil voit en cette reprĂ©sentation « la meilleure de ses tragĂ©dies ». Et toi, quâen penses-tuâŻ? En ce qui nous concerne, on a cherchĂ© Ă savoir pourquoi le dramaturge pensait ça et on a compris que cette phrase avait un lien avec le respect des rĂšgles classiques â€ïžââ
La vraisemblance et la bienséance
đ€Žâ Selon Aristote, la tragĂ©die classique se doit dâĂȘtre un genre noble qui met en avant la vie de nobles devant des nobles. Les rĂšgles de vraisemblance sont donc ici respectĂ©es et les protagonistes agissent toujours en accord avec leur statut :
- les confidentes sont dévouées à leur maßtresse
- Hippolyte est un prince courageux
- Thésée est un souverain puissant et autoritaire
- La princesse est douce et chaste
- PhĂšdre veut prĂ©server l’honneur de son Ă©poux
- ThéramÚne conseille son protégé
âđâ Un Ă©crivain de tragĂ©dies veille aussi Ă ne jamais heurter le bon goĂ»t et les sentiments Ă©levĂ©s. Aussi, la reprĂ©sentation de la mort doit ĂȘtre Ă©vitĂ©e et le sang ne doit jamais couler. Les dĂ©cĂšs de la nourrice et du prince sont rapportĂ©s et PhĂšdre sâempoisonne.
La rÚgle des 3 unités
âđââïž LâunitĂ© dâaction : la reprĂ©sentation doit reposer sur une seule intrigue, câest la rĂšgleâŻ! Est-elle respectĂ©e (mettons notre casquette de Sherlock)âŻ?

Dans PhĂšdre de Racine, lâintrigue porte essentiellement sur la passion interdite de la reine. Lâintrigue politique et les pĂ©ripĂ©ties comme la fausse mort annoncĂ©e de ThĂ©sĂ©e nourrissent en rĂ©alitĂ© la premiĂšre. Ce nâest donc pas un faux pas du dramaturge si plusieurs thĂ©matiques sâentremĂȘlent.
âđâ LâunitĂ© de lieu : les actions se dĂ©roulent Ă TrĂ©zĂšne, ville du PĂ©loponnĂšse. Le prince ne prend pas le bateau pour de nouvelles aventures donc inutile de tergiverser : la rĂšgle est respectĂ©e đâ
âđ°ïžâ âLâunitĂ© de temps : lâintrigue se limite Ă vingt-quatre heures. Cette rĂšgle cherche Ă entretenir l’illusion d’une coĂŻncidence entre la durĂ©e de la fiction et le temps de la reprĂ©sentation. En lâoccurrence, le prince dĂ©cide de se lancer Ă la recherche de ThĂ©sĂ©e le matin, PhĂšdre se donne la mort le soir-mĂȘme. Pas de dĂ©bat possible !
La catharsis
La tragĂ©die a une vocation morale. Elle doit aider le spectateur Ă se libĂ©rer de ses passions par lâeffet dâune purgation nommĂ©e âcatharsisâ. Ce processus nâest possible que sâil Ă©prouve de la pitiĂ© et de la terreur devant le comportement excessif et funeste des protagonistes.
â€ïž âEst-ce que câest le cas dans PhĂšdre de RacineâŻ? Tu as Ă©prouvĂ© ces sentimentsâŻ? Nous, et commentâŻ! Quand on se retrouve tĂ©moin de la passion coupable de PhĂšdre et de ses consĂ©quences dĂ©sastreuses, on ne peut sâempĂȘcher dâĂ©prouver quelque chose.

đâ InstaurĂ©e par Aristote dans sa PoĂ©tique, cette thĂ©orie est un ressort essentiel de lâart dramatique. Les sentiments et troubles fictifs des protagonistes se communiquent aux spectateurs. La leçon de PhĂšdre de Racine, est donc trĂšs certainement que les passions finissent par nous dĂ©truire si elles ne sont pas considĂ©rĂ©es avec prudence.
Fatalité : Le sang et le divin
Les protagonistes sont dĂ©passĂ©s par la fatalitĂ© dans PhĂšdre de Racine. Cela signifie que leur destin nâest jamais entre leurs mains. Les divinitĂ©s sont les seules Ă pouvoir dĂ©cider de leur vie ou de leur mort.
đĄââ Exemple
âLes dieux m’en ont ravi l’usage.â PhĂšdre (v. 181)
Thésée implore Neptune de le venger, le prince mourra à cause de la créature envoyée par le dieu. PhÚdre, accablée, évoquera la déesse qui serait responsable de sa passion incestueuse.
Vénus tout entiÚre à sa proie attachée.
PhĂšdre
Acte I, scĂšne 3
Qui est Racine ? ââïžâ
đŠ Racine, cĂ©lĂšbre dramaturge et poĂšte, est nĂ© le 22 dĂ©cembre 1639 Ă La FertĂ©-Milon et est mort le 21 avril 1699 Ă Paris. Pauvre et devenu orphelin tĂŽt dans sa vie, il est finalement parvenu Ă la faveur de Louis XIV. Impressionnant, nonâŻ? Et le moins que lâon puisse dire, câest que cet homme a su frapper les espritsâŻ!
MaĂźtre de la reprĂ©sentation classique pour certains, grand rival de Corneille pour dâautres, Racine a Ă©crit des reprĂ©sentations sensationnelles dans le monde théùtral.
đ Parmi ces noms restĂ©s gravĂ©s dans les mĂ©moires, on retrouve :
- PhĂšdre (1677)
- Bérénice (1670)
- Andromaque (1667)
- Bajazet (1672)
- Britannicus (1669)
- Iphigénie (1674)
Tu lâauras compris, les piĂšces de Racine sont intemporellesâŻ! Elles mettent bien souvent en avant le hĂ©ros tragique dans toute sa splendeur. Le dramaturge adorait en effet Ă©crire des protagonistes victimes de leur passion impossible et dont lâissue estt aussi sublime que fatale.

Câest en recevant une Ă©ducation littĂ©raire et religieuse auprĂšs des Solitaires de Port-Royal quâil a Ă©tĂ© imprĂ©gnĂ© de la morale austĂšre du jansĂ©nisme. Peut-ĂȘtre que ces influences lâont inspirĂ© pour Ă©crire ces fameux ĂȘtres raciniens, qui sait ? đâ
đĄ âLe savais-tuâŻ?
Le jansĂ©nisme est une doctrine thĂ©ologique Ă l’origine d’un mouvement religieux, puis politique et philosophique. Elle sâest dĂ©veloppĂ©e aux XVIIá” et XVIIIá” siĂšcles, en rĂ©action Ă certaines Ă©volutions de l’Ăglise catholique et Ă l’absolutisme royal.
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Rien que pour toi, les Sherpas ont fait un rĂ©sumĂ© dâAndromaque de Racine đ
Alors, que penses-tu de PhĂšdre de Racine ? ââ€ïžââ
PhĂšdre de Racine est lâun texte les plus reprĂ©sentĂ©s et certains vers sont mĂȘme lĂ©gendaires. Ce nâest pas un mince exploit dâavoir traversĂ© les Ăąges sans prendre une rideâŻ! Alors, rien que pour ça, on a tirĂ© un coup de chapeau au dramaturge en lui dĂ©diant une fiche de lecture entiĂšre. On espĂšre que tu as pris autant de plaisir Ă la lire quâon a eu Ă la faire âđ„°â
FAQ â
Quels sont les principaux thĂšmes de PhĂšdre ?
Parmi les principaux thÚmes de « PhÚdre », on retrouve :
La passion et l’amour interdit : L’amour de PhĂšdre pour Hippolyte, son beau-fils, est le moteur de l’action et le cĆur de la tragĂ©die.
La culpabilité et le remords : PhÚdre est déchirée par la culpabilité due à son amour pour Hippolyte.
Le destin et la fatalité : Les personnages sont prisonniers de leur destin et de la malédiction qui pÚse sur la famille de PhÚdre.
La colĂšre des dieux : Les dieux jouent un rĂŽle actif dans l’histoire, en punissant ceux qui transgressent leurs lois.
Quel est le dilemme de PhĂšdre ?
Le dilemme de PhĂšdre rĂ©side dans le conflit interne qu’elle Ă©prouve entre son amour interdit pour Hippolyte et son sens du devoir et de la morale. D’une part, elle est irrĂ©sistiblement attirĂ©e par Hippolyte, mais d’autre part, elle sait que cet amour est inacceptable. Elle est dĂ©chirĂ©e entre son dĂ©sir et sa conscience, ce qui la conduit Ă un profond sentiment de culpabilitĂ© et de honte.
Qui tue Hippolyte dans PhĂšdre ?
Dans « PhĂšdre », c’est le dieu Neptune qui tue Hippolyte. AprĂšs que PhĂšdre a faussement accusĂ© Hippolyte d’avoir tentĂ© de la violer, ThĂ©sĂ©e, le pĂšre d’Hippolyte, demande Ă Neptune de tuer son fils. Neptune envoie alors un monstre marin qui effraye les chevaux d’Hippolyte, causant un accident qui conduit Ă sa mort.
Merci pour votre soutiens. Ma prĂ©occupation est la suivante: quels sont les mĂ©thodes efficaces Ă interprĂ©ter et Ă comprendre une Ćuvre littĂ©raire.
Bonsoir! TrĂšs bon travail avec des faciles mais forts.
Bravo!
C’est un trĂšs beau travail, simple mais dĂ©taillĂ© et bien soignĂ©. Merci beaucoup. J’ai beaucoup appris.
C’est un trĂšs beau travail bien soignĂ©. Merci beaucoup