Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir 👩

Mathilde Ségui - Mis à jour le 11/08/2022
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Aujourd’hui, les Sherpas te présentent Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir avec résumé + analyse inclus, si jamais tu n’as pas le courage de lire entièrement les 2 pavés et les 1 000 + pages que ça représente. De rien, c’est cadeau 😉 

Le Deuxième sexe Simone de Beauvoir : présentation

Date1949
GenreEssai philosophique
Composition2 tomes
Courant littéraireExistentialisme

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✅ Comme toujours, pour faire une bonne fiche de lecture maison, ça se passe en vidéo !

Le Deuxième sexe résumé du tome I

Partie « Destin » 🌟

Dans cette partie, Simone de Beauvoir analyse les justifications du statut inférieur de la femme données par différents domaines de la connaissance, et les démonte à chaque fois.

📌 L’argument de la biologie : d’accord, la femme a naturellement moins de force que l’homme et c’est elle qui doit mettre au monde les enfants. Mais on oublie un peu vite que l’être humain est une espèce civilisée, donc la biologie n’est qu’une justification partiellement valable de l’infériorisation des femmes !

📌 L’argument de la psychanalyse : Beauvoir reproche à la psychanalyse d’être une science davantage basée sur l’homme que sur la femme, partant du principe que le père est au-dessus hiérarchiquement. Cette vision déterministe est le contraire de la pensée existentialiste, qui affirme que chacun choisit sa destinée. Encore un argument invalide !

📌 L’argument de l’Histoire : au XX° siècle, l’approche de l’Histoire est surtout matérialiste sous l’influence de Karl Marx, ce qui veut dire qu’on l’étudie sous l’angle du travail et de la technique. Selon le point de vue matérialiste, vu que les femmes sont moins fortes physiquement et que ce sont elles qui portent les enfants, elles peuvent beaucoup moins travailler que les hommes. D’où leur supposée moindre valeur. Mais pour Simone de Beauvoir, cet argument est bancal car la condition physique de la femme n’est pas un obstacle au travail.

Partie « Histoire » 📆

Cette fois-ci, Simone de Beauvoir essaie de retrouver la cause originelle de l’inégalité entre hommes et femmes en faisant un petit voyage dans le temps. 

Elle commence donc à la Préhistoire : selon elle, comme c’est la femme qui accouche et qui allaite, cette fonction l’a condamnée à rester à un statut « animal » très primitif. L’homme, quant à lui, vu qu’il n’a pas à faire tout ça, peut chasser et plus tard s’exprimer artistiquement, ce qui le rend plus humain. Petit à petit, on restreint la femme à son rôle de procréatrice, rien de plus.

👉 Plus tard, avec l’arrivée de la propriété privée, la femme devient une sorte d’objet : elle est la propriété de son père, puis de son mari. Elle ne reçoit pas d’éducation comme les hommes, ce qui complique forcément la chose pour développer son humanité… C’est à la Renaissance que certaines femmes commencent à montrer leur génie, surtout celles au statut élevé comme les reines ou les nobles (Catherine de Médicis, Madame de Sévigné…).

👉 Simone de Beauvoir regrette que la Révolution française, sous ses revendications progressistes, ne change pas grand-chose à la condition féminine. Et ça ne va pas vraiment en s’arrangeant sous Napoléon ! Pour l’auteur, l’émancipation réelle de la femme prend son essor avec la Révolution industrielle (les femmes peuvent travailler) et l’arrivée de la contraception et de l’avortement (elles peuvent se libérer de la maternité).

Sa conclusion est la suivante : 

Toute l’histoire des femmes a été faite par les hommes.

Simone de Beauvoir

Le Deuxième sexe

💡 Pour Simone de Beauvoir, les traditions et les hommes sont bien évidemment responsables, mais les femmes ne sont pas étrangères à leur propre situation ! Elle affirme qu’il ne faut pas se résigner à son sort et que l’émancipation passe par des revendications. 

Le Deuxième Sexe Simone de Beauvoir : partie « Mythes » 📚

Simone de Beauvoir analyse ensuite le « mythe féminin », fabriqué par l’homme qui voit la femme comme une étrangère. La femme est le symbole de l’Autre, un idéal impossible à l’origine de tous ces standards de beauté et de pureté dont certains perdurent aujourd’hui. La femme doit être pure, vierge, belle, soumise, douce, au service de l’homme.

👉 Le problème de ce mythe féminin, c’est qu’il enferme les femmes dans un moule préfabriqué en empêchant toute trace de singularité. En gros, si tu dépasses un peu sur les bords, c’est foutu pour toi ! Sauf qu’aucune femme ne se ressemble, du coup, cet idéal est impossible à atteindre, et c’est un gros cercle vicieux qui se forme.

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Simone de Beauvoir entreprend ensuite de décrypter la vision de cinq écrivains, en partant du plus misogyne jusqu’au plus féministe. En voici la liste :

📌 Henry de Montherlant : winner des misogynes. Pour lui, la femme est juste un fardeau détestable. Mais Simone de Beauvoir montre que sans la femme à qui se comparer, il n’aurait rien pour mettre en valeur la virilité de l’homme.

📌 D.H. Lawrence : il considère l’homme comme supérieur, « transcendant », tandis que la femme reste bloquée dans un carcan immuable. Pour lui, l’homme et la femme doivent s’unir, mais avec un lien de hiérarchie entre eux. On progresse, mais c’est pas encore ça.

📌 Paul Claudel : très catho, Claudel voit la femme comme une tentation, donc négativement. Inférieure mais dévouée, elle est là pour soutenir l’homme. Ce n’est que dans l’au-delà qu’elle atteint la fameuse transcendance jusque-là réservée à l’homme.

📌 André Breton : pour ce poète, la femme « ouvre les portes du monde surréel ». C’est l’incarnation de la beauté et même du monde, un être mystérieux et magique. La vision est plus positive, mais Breton ne voit la femme qu’à travers une loupe poétique, pas pour ce qu’elle est vraiment.

📌 Stendhal : c’est donc le gagnant du top de Beauvoir. Il aime les femmes authentiques, libres des préjugés, et n’essaie pas de leur imposer un idéal féminin. 20/20 pour l’auteur de La Chartreuse de Parme !

Le Deuxième sexe : résumé du tome II

Première partie 1️⃣

C’est dans ce tome que Simone de Beauvoir introduit la célèbre phrase : 

On ne naît pas femme : on le devient.

Simone de Beauvoir

Le Deuxième Sexe

💡 Le savais-tu ?

Simone de Beauvoir n’a rien inventé : elle s’inspire du savant Erasme, qui avait écrit lui-même à la Renaissance « On ne naît pas homme, on le devient ». Il voulait dire par là que l’éducation a un rôle super important dans notre construction en tant qu’adulte.

Même chose pour Simone de Beauvoir : elle entend « femme » au sens stéréotypé du terme (cf. le mythe féminin), et non au sens biologique, attention. Ce qu’elle veut dire, c’est que cette infériorisation et ce moulage forcé interviennent tout au long de la vie de la femme, dès son enfance.

👉 Tâches ménagères au lieu des activités sportives, culte de la féminité, sentiment de honte d’avoir ses règles, absence de glorification des femmes dans les livres, obsession du mariage… les filles sont biberonnées dès leur plus jeune âge à leur rôle de « femme », autrement dit de « subordonnée de l’homme ». 

👉 Beauvoir explique que la femme, une fois entrée dans la vie sexuelle, doit rester chaste et à la disposition de l’homme, qui lui est plutôt encouragé aux conquêtes. Ce sujet étant tabou, la jeune fille reste souvent dans le flou, ce qui rend la première fois angoissante. Beauvoir analyse ensuite le cas des femmes lesbiennes, une sexualité ambiguë car elle refuse la domination de l’homme tout en voulant l’exercer sur une femme.

Simone de Beauvoir Le Deuxième sexe : Deuxième partie 2️⃣

👉 Beauvoir s’intéresse au mariage, qui semble être la destinée des femmes et pratiquement leur seul moyen d’exister, en dépendant donc de l’homme. Pendant que l’homme s’accomplit hors de la maison, la femme reste au foyer à faire des tâches répétitives et aliénantes comme le ménage. En plus de ça, même dans le cas d’un mariage d’amour, la vie à deux apporte sont lot de conflits et une infantilisation de la femme, qui n’a quasiment pas d’autonomie.

Le chapitre suivant concerne le sujet délicat de l’avortement qui, à l’époque, n’est pas légal, ni la contraception d’ailleurs. Beauvoir critique notamment l’Église, qui laisse passer des meurtres mais condamne l’avortement. Elle dénonce la condition désastreuse des femmes qui portent un enfant non désiré. Pour elle, la maternité n’est pas un but dans la vie, et ne pas vouloir un enfant n’a rien de condamnable. Et dans le cas où ça l’est, être maman et girlboss, c’est tout à fait possible !

👉 Simone de Beauvoir étudie ensuite le rôle de la femme en société : globalement, elle est là pour se montrer et joue donc un personnage, un accessoire qui fait bien voir son mari. Quant aux prostituées, elles se servent de leur corps pour gagner leur vie : c’est le stade ultime de la femme-objet.

Enfin, Simone de Beauvoir explique à quel point la vieillesse est mal vue chez et par les femmes, puisqu’elle leur empêche de faire ce à quoi elles ont été élevées : plaire. Elle critique pour conclure la résignation des femmes à leur sort, notamment les bourgeoises qui sont aveugles à ce qui se passe vraiment.

Troisième partie 3️⃣

Dans cette partie, Simone de Beauvoir présente 3 différents facteurs qui font que les femmes renoncent à leur liberté, ce qui fait qu’elles restent dans leur condition inférieure.

👉 Le narcissisme : à cause des attentes de l’idéal féminin, la femme se concentre sur son objectif d’image parfaite, ce qui l’empêche d’utiliser son énergie pour autre chose de plus constructif.

👉 L’amour : la femme est romantique et se donne totalement quand elle est amoureuse (d’ailleurs, c’est ce qu’on attend d’elle). Elle devient donc dépendante de son mari, enfermée dans sa relation au détriment de sa propre existence à elle !

👉 La religion : certaines croyantes vont jusqu’à prendre les hommes pour Dieu, et vont alors tout faire pour être aimées par eux. Elles se transforment elles-mêmes en objet.

Quatrième partie 4️⃣

En fin de livre, Simone de Beauvoir encourage les femmes à s’émanciper. Pour elle, ça passe par le travail et le contrôle des naissances, même si cet univers est à son époque encore très masculin et que les femmes n’ont pas encore beaucoup de libertés. Elle espère que la contraception sera un jour légale (spoiler : oui).

⚠️ Attention

Fais gaffe à ne pas confondre Simone de Beauvoir avec Simone Veil : toutes les deux ont lutté en faveur de l’avortement, mais c’est madame Veil qui est à l’origine de la loi de 1974 qui légalise l’IVG !

Simone de Beauvoir veut combattre ce défaitisme qui pèse chez les femmes. Il faut se lancer et persévérer, dans tous les domaines ! On s’en fout des critiques 😎  

La femme libre est seulement en train de naître.

Simone de Beauvoir

Le Deuxième Sexe

Simone de Beauvoir Le Deuxième sexe analyse

Un livre féministe révolutionnaire ✊

Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir fait un sacré boucan à sa sortie, « l’effet d’une bombe », même, selon l’historienne Sylvie Chaperon. Les réactions sont nombreuses… et pour la plupart pas folles. 

👉 Les critiques viennent en majorité des intellectuels conservateurs, des catholiques et des communistes. La pauvre Simone se prend de jolis noms d’oiseaux. Entre les ennemis de l’existentialisme et les personnes choquées des chapitres entiers consacrés à la sexualité féminine, Le Deuxième sexe n’est pas en pénurie de détracteurs. 

💡 Le savais-tu ?

Pour couronner le tout, la France mène à cette époque une politique nataliste, ce qui veut dire en gros, « faites des bébés SVP ». L’air de rien, Simone publie au milieu de tout ça son livre qui défend la contraception et même l’avortement. Bold move 😎

👉 Il n’empêche, du bad buzz reste du buzz : Le Deuxième sexe Simone de Beauvoir connaît un succès mondial et participe à un grand changement de mentalités. Il est aujourd’hui facilement considéré comme la Bible du féminisme, marquant l’essor d’un mouvement dont Olympe de Gouges avait semé les graines lors de la Révolution française, avec sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.

L’influence de l’existentialisme 🤓

Une mauvaise analyse du Deuxième sexe serait de dire que Simone de Beauvoir dresse un constat un peu désespéré de la situation de la femme. Après tout, c’est vrai, elle montre sous plusieurs angles d’où vient l’infériorisation des femmes, qui remonte à la nuit des temps, et en quoi celle-ci est si enracinée que les femmes elles-mêmes y participent.

👉 Les femmes seraient-elles donc condamnées à être le sexe faible ? Ce n’est pas du tout ce que dit Simone de Beauvoir, qui est une philosophe adepte de l’existentialisme ! Ce courant est centré sur l’homme et l’homme seulement et postule que notre vie est déterminée par nos actions, pas notre identité. C’est ce qu’on fait qui compte, pas ce qu’on est. En France, les philosophes Sartre et Camus incarnent ce courant (même si Camus refusait le qualificatif d’existentialiste).

💡 Le savais-tu ?

Le partenaire de Simone de Beauvoir n’était d’ailleurs autre que Jean-Paul Sartre, figure de proue de l’existentialisme. 

Et justement, que dit Sartre de l’existentialisme ?

On peut toujours faire quelque chose de ce qu’on a fait de nous.

Jean-Paul Sartre

Philosophe français

L’existentialisme est donc un courant philosophique qui dit que notre liberté est absolue, et que rien ne nous détermine à devenir quoi que ce soit à la naissance. Donc, c’est pas parce que tu es née fille que tu es condamnée à devenir une Cendrillon !

📍 Conclusion : pour Simone et Jean-Paul, tu as toujours le choix de devenir qui tu veux. Les excuses comme ton milieu d’origine compliqué ou ta génétique éclatée, ils n’en veulent pas, et ils appellent même ça de la mauvaise foi. Tu es « condamné à être libre ». Implacable… mais aussi motivant, d’une certaine façon !

L’écriture d’argumentation ✍

On se sent bête de le préciser, mais Le Deuxième sexe Simone de Beauvoir n’est pas une œuvre de fiction, puisque c’est un essai. Tout ça c’est bien beau, mais comment le prouver dans ton analyse ? Il y a des signes qui ne trompent pas…

📌 Les registres : descriptif pour présenter la situation, didactique pour expliquer et argumenter

📌 Les temps : le présent de vérité générale, très présent car Simone de Beauvoir fait des constats dont la vérité traverse les siècles

📌 La structure : Le Deuxième Sexe est construit en deux tomes bien distincts qui aident à mieux comprendre la pensée de Simone de Beauvoir. Le tome I est surtout une analyse des mythes et clichés qui infériorisent la femme, tandis que le tome II montre et critique la façon dont la femme en arrive là tout au long de sa vie.

En espérant que cette fiche sur Le Deuxième sexe Simone de Beauvoir t’aura éclairé et donné envie de réfléchir ! On se retrouve vite pour un prochain article 💖 

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