Coup d’État en Birmanie : le retour de la junte militaire đŸ‡ČđŸ‡Č

Martin Mortamet - Mis Ă  jour le 13/08/2021
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En 2017, la Birmanie et son armĂ©e sont, dĂ©jĂ , au cƓur de l’actualitĂ© mondiale. Les Nations Unies dĂ©noncent alors les exactions perpĂ©trĂ©es par les militaires birmans et des milices bouddhistes Ă  l’encontre de la minoritĂ© musulmane des Rohingyas, les qualifiant mĂȘme de “gĂ©nocide”. Les violences, meurtres et viols dont sont victimes les Rohingyas dans la province d’Arakan ont poussĂ© prĂšs d’1 million d’entre eux Ă  se rĂ©fugier au Bangladesh depuis 2017.

La communautĂ© internationale s’étonne alors du silence approbateur de la Prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi, alors Ă  la tĂȘte de l’État, suite Ă  de telles violences. Une telle inaction tĂ©moigne du pouvoir de l’armĂ©e, la Tatmadaw, que la leader du pays ne peut se permettre de critiquer. 👊

En 2021, les militaires birmans font une nouvelle fois parler d’eux à l’international : cette fois, ce sont Aung San Suu Kyi et l’ensemble du peuple birman qui en font les frais.

Retour sur le (nouveau) coup d’État en Birmanie qui a choquĂ© le monde en fĂ©vrier 2021 et sur ses consĂ©quences dramatiques sur le pays. đŸ’„

Retour sur l’histoire politique contemporaine de la Birmanie : une dĂ©mocratisation limitĂ©e… et Ă©phĂ©mĂšre 🔎

Pour bien comprendre les Ă©vĂ©nements politiques qui ont touchĂ© la Birmanie en 2021, il convient d’abord de se pencher sur son histoire rĂ©cente.

Coups d’états et dictatures đŸ€

Le coup d’État en Birmanie de 2021 est loin d’ĂȘtre le premier : l’histoire du Myanmar (l’autre nom de la Birmanie) est celle d’un enchaĂźnement de coups d’État, et donc de dictatures. Pourtant, l’indĂ©pendance obtenue en 1948, notamment sous l’impulsion du gĂ©nĂ©ral Aung San, pĂšre d’Aung San Suu Kyi, dĂ©bouche d’abord sur un rĂ©gime dĂ©mocratique dans l’ancienne colonie britannique.

1ïžâƒŁ Mais, en 1962, un premier coup d’État initie le chapitre autoritaire du Myanmar. AprĂšs avoir renversĂ© U Nu, le premier dirigeant Ă©lu aprĂšs l’indĂ©pendance, le gĂ©nĂ©ral Ne Win instaure une dictature nationaliste et marxiste. Il impose alors des rĂ©formes socialistes et dirige le pays d’une main de fer pendant 26 ans.

2ïžâƒŁ En 1988, la dĂ©mission du dictateur socialiste laisse planer l’espoir d’une dĂ©mocratisation. Que nenni : la dictature laisse place Ă  un deuxiĂšme coup d’État et Ă  un nouveau rĂ©gime autoritaire. Une junte militaire, le Conseil d’État pour la Restauration de la Loi et de l’Ordre, succĂšde Ă  l’autocrate dĂ©chu et impose son autoritĂ©.

S’ils organisent des Ă©lections en 1990, les militaires au pouvoir finissent par les annuler aprĂšs la victoire Ă©crasante de la Ligue Nationale pour la DĂ©mocratie (NLD) d’Aung San Suu Kyi. Les Ă©lections libres sont encore loin d’ĂȘtre Ă  l’ordre du jour pour l’armĂ©e.

DĂšs 1988, les effectifs de la Tatmadaw ne cessent de croĂźtre : ils passent de 180 000 Ă  400 000 entre 1988 et 2000. En renforçant son nombre, l’armĂ©e renforce durablement son pouvoir, son emprise sur le pays. 📈

Une dĂ©mocratisation fragile ⚠

AprĂšs deux dĂ©cennies Ă  la tĂȘte de la nation, le rĂ©gime est de plus en plus contestĂ©. En effet, les revendications dĂ©mocratiques des citoyens sont croissantes : celles-ci s’expriment notamment lors de protestations pacifistes en 2007 durement rĂ©primĂ©es par la Tatmadaw.

✅ Les militaires acceptent donc d’instaurer une transition dĂ©mocratique. AssignĂ©e Ă  rĂ©sidence depuis 1990, Aung San Suu Kyi, symbole des aspirations birmanes Ă  la libertĂ©, est ainsi libĂ©rĂ©e en 2010, avant que des Ă©lections lĂ©gislatives ne soient organisĂ©es en 2012. De nouvelles Ă©lections permettent Ă  la NLD d’Aung San Suu Kyi d’obtenir une large victoire et de former un gouvernement civil.

❌ NĂ©anmoins, la dĂ©mocratisation du Myanmar demeure fragile, voire illusoire, tant l’armĂ©e a pris le soin de prĂ©server ses intĂ©rĂȘts et de conserver un pouvoir majeur. De fait, elle a adoptĂ© une nouvelle constitution en 2008 qui lui garantit le contrĂŽle de 25% des siĂšges du parlement et de trois ministĂšres clĂ©s (la dĂ©fense, ‘intĂ©rieur et les frontiĂšres).

❌ De plus, le texte tente de se prĂ©munir de l’influence d’Aung San Suu Kyi : l’article 59F, qui interdit qu’une personne mariĂ©e Ă  un Ă©tranger ne devienne chef de l’État, vise de façon Ă©vidente la “Dame de Rangoun”, mariĂ©e Ă  un britannique. Elle est nĂ©anmoins parvenue Ă  contourner cette interdiction pour diriger le Myanmar auprĂšs du prĂ©sident de la RĂ©publique, devenant de facto la cheffe du gouvernement civil.

❌ Enfin, la nouvelle loi suprĂȘme accorde Ă  l’armĂ©e le droit de suspendre la constitution et de reprendre le pouvoir en cas de menace du pays.

On a donc affaire Ă  une dĂ©mocratisation limitĂ©e, orchestrĂ©e et contrĂŽlĂ©e par une junte militaire qui n’a jamais rĂ©ellement quittĂ© le pouvoir. Jusqu’au coup d’État de fĂ©vrier 2021 et son retour au premier plan.

2021 : le troisiĂšme coup d’État en Birmanie 3ïžâƒŁ

Le contexte du putsch 👀

On l’a dit, Aung San Suu Kyi, grande rivale des militaires, est parvenue Ă  diriger le pays dĂšs 2016. Son ascension suscite alors des craintes croissantes au sein de l’état-major de l’armĂ©e, qui sent le vent tourner en sa dĂ©faveur. 💹

Ces craintes atteignent leur sommet avec les Ă©lections lĂ©gislatives de novembre 2020, qui voient la NLD s’imposer Ă  la quasi-unanimitĂ© (82% des voix). Une humiliation que les militaires ne peuvent accepter. 😡

Surtout, cette nouvelle victoire Ă©lectorale de leur principale opposante menace les intĂ©rĂȘts et le pouvoir de la Tatmadaw. En effet, le chef des armĂ©es, Ming Aung Hlaing, risque d’ĂȘtre trĂšs vite dĂ©mis de ses fonctions, la limite d’ñge pour le poste Ă©tant fixĂ©e Ă  65 ans, et d’ĂȘtre remplacĂ© par un dirigeant plus favorable Ă  la NLD. De plus, la leader Aung San Suu Kyi risque de rĂ©former la constitution pour rĂ©duire dĂ©finitivement le rĂŽle de l’armĂ©e, ce qui inquiĂšte fortement ses membres.

Ceux-ci contestent donc vivement les rĂ©sultats des Ă©lections : elles seraient entachĂ©es dâ€™â€Ă©normes” fraudes et ne seraient pas valables. La contestation va vite laisser place Ă  l’action.

Le coup de force de l’armĂ©e 👊

6 jours aprĂšs avoir appelĂ© Ă  une vĂ©rification du scrutin et menacĂ© d’intervenir en cas de refus, 2 jours aprĂšs avoir dĂ©menti vouloir perpĂ©trer un putsch, l’armĂ©e impose sa force le 1er fĂ©vrier 2021. AprĂšs 1962, puis 1988, l’heure du troisiĂšme coup d’État de l’histoire birmane a sonnĂ©.

La Tatmadaw se dĂ©ploie dans les principales villes : Ă  Naypyidaw, la capitale politique, elle bloque l’accĂšs au Parlement ; Ă  Rangoun, la capitale Ă©conomique, elle occupe l’hĂŽtel de ville. Les militaires dĂ©clarent ensuite l’état d’urgence pour une durĂ©e d’un an sur leur chaĂźne tĂ©lĂ©visĂ©e, Myawaddy TV.

Ils procĂšdent Ă©galement Ă  plusieurs arrestations, dont celles du prĂ©sident de la RĂ©publique, Win Myint, et d’Aung San Suu Kyi. En plus des accusations de malversations pendant les Ă©lections, cette derniĂšre est accusĂ©e d’avoir reçu d’importants pots-de-vin ou encore d’avoir importĂ© des talkies walkies de façon illĂ©gale. Également inculpĂ©e pour avoir violĂ© une loi sur les secrets de l’État, elle encourt de nombreuses annĂ©es de prison et une exclusion de la vie politique. ⛓

Aung San Suu Kyi Ă©cartĂ©e, l’armĂ©e est donc dĂ©sormais seule au pouvoir. Min Aung Hlaing prend la tĂȘte du pays, contrĂŽlant les pouvoirs « lĂ©gislatif, administratif et judiciaire ».

Il affirme que le coup d’État Ă©tait “inĂ©vitable” : la Birmanie Ă©tant menacĂ©e par les dĂ©rives frauduleuses de la NLD, l’armĂ©e se devait d’intervenir, en vertu des droits exceptionnels que lui accorde la constitution. La sincĂ©ritĂ© du scrutin a pourtant Ă©tĂ© validĂ©e par de nombreux observateurs internationaux.

Les manifestations contre le coup d’État en Birmanie : “Nous voulons la dĂ©mocratie” ✊

Le “mouvement de dĂ©sobĂ©issance civile” suite au coup d’État en Birmanie 🙅

Le putsch du 1er fĂ©vrier n’est pas sans consĂ©quence : il va dĂ©clencher d’énormes manifestations. Cette fois, le peuple birman ne peut accepter de vivre sous le joug de l’armĂ©e.

DĂšs le dĂ©but du mois de fĂ©vrier, un mouvement pro-dĂ©mocratie se forme, menĂ© par les nombreux opposants au coup d’État. Il s’agit plus prĂ©cisĂ©ment d’un “mouvement de dĂ©sobĂ©issance civile” (ou CDM), du nom d’un groupe Facebook qui rĂ©unit des centaines de milliers de contestataires dĂšs les premiers jours ayant suivi le coup de force de la Tatmadaw.

Ils s’insurgent contre le rĂ©gime putschiste, demandent le retour de la dĂ©mocratie et la libĂ©ration de leur leader. Les slogans qu’ils scandent sont particuliĂšrement Ă©loquents : “Nous voulons la dĂ©mocratie” ou encore “LibĂ©rez notre leader Aung San Suu Kyi”. 📣 “The Lady” est d’ailleurs, en partie, Ă  l’origine des contestations : dĂšs le 1er fĂ©vrier, elle appelle la population Ă  “ne pas accepter” le coup d’État.

coup d'Etat en birmanie

Les contestataires sont nombreux : des dizaines de milliers d’artistes, de journalistes, d’ouvriers, de mĂ©decins, d’étudiants, de lycĂ©ens
 Tous se mobilisent pour contester le nouveau rĂ©gime : ils appellent Ă  la grĂšve, tentent de “hacker” les sites gouvernementaux, retirent leur argent des banques dĂ©tenues par l’armĂ©e. Le peuple birman, notamment la jeunesse, cherche ainsi Ă  paralyser le pays pour atteindre les intĂ©rĂȘts Ă©conomiques de la junte. 💰

Il s’agit bien de contestations pacifiques et pacifistes, visant Ă  affaiblir le rĂ©gime autrement que par la force – bien que les factions ethniques qui divisent le pays menacent elles de reprendre le combat depuis le putsch. Le salut Ă  trois doigts tĂ©moigne de cette non-violence : ce signe, utilisĂ© Ă©galement par les mouvements dĂ©mocratiques en ThaĂŻlande en 2014 et Ă  Hong Kong en 2020, symbolise la contestation et l’aspiration Ă  la libertĂ© en Asie du Sud-Est.

coup d'Ă©tat en Birmanie

Une rĂ©pression sanglante 💉

Si le CDM est pacifique, la rĂ©action du rĂ©gime de Min Aung Hlaing, elle, l’est beaucoup moins. Le nouveau dirigeant appelle d’abord au calme, promettant la tenue d’élections libres et la fin de l’état d’urgence prĂ©vu pour une durĂ©e d’un an.

Mais devant le maintien des contestations, la Tatmadaw opte vite pour la force : seule la rĂ©pression permettra de maintenir l’ordre. D’une part, le rĂ©gime tente d’étouffer les revendications dĂ©mocratiques par des restrictions de l’accĂšs Ă  Internet, visant Ă  limiter la communication et l’organisation des manifestants. 🌐

Surtout, l’armĂ©e rĂ©prime les contestations de façon violente, faisant de nombreuses victimes dans les rangs des manifestants. Depuis dĂ©but fĂ©vrier, au moins 7 000 personnes ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es et prĂšs d’un millier de civils ont Ă©tĂ© tuĂ©s. Certaines journĂ©es de protestations rĂ©primĂ©es par l’armĂ©e ont Ă©tĂ© particuliĂšrement sanglantes. C’est le cas de la journĂ©e du 27 mars, Ă  la suite de laquelle le ministre des Affaires Ă©trangĂšres de la France, Jean-Yves le Drian, dĂ©clare :

Les forces de sécurité birmanes ont franchi une étape supplémentaire dans la violence aveugle et meurtriÚre (
) en faisant à nouveau usage de leurs armes contre les populations.

Jean-Yves le Drian

Ministre des Affaires Ă©trangĂšres de la France

MalgrĂ© la rĂ©pression Ă  outrance des “tueurs”, des “terroristes” de la Tatmadaw, le mĂ©contentement populaire et son expression continuent. Les contestataires, et notamment les jeunes, ne cessent de trouver des parades, des moyens de contourner les restrictions du rĂ©gime et donc de lutter pour leur libertĂ©. đŸ’Ș

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Le souvenir de 1988 8ïžâƒŁ8ïžâƒŁ8ïžâƒŁ8ïžâƒŁ

Nous Ă©voquions plus tĂŽt les contestations de 2007. Mais ce sont surtout leurs aĂźnĂ©s des protestations pro-dĂ©mocratie de 1988 qui inspirent aujourd’hui les jeunes contestataires birmans. 💭

Ce sont les nombreuses manifestations contre la dictature marxiste qui sont Ă  l’origine de la dĂ©mission du gĂ©nĂ©ral Ne Win en juillet 1988. Mais la dictature ne prend pas fin pour autant, tout comme les contestations, qui culminent le “8888” (8 aoĂ»t 1988) : elles deviennent massives, sont assorties d’une grĂšve gĂ©nĂ©rale, mais rĂ©primĂ©es dans le sang.

Les protestations et les violences continuent alors jusqu’au coup d’État de l’armĂ©e en septembre et la rĂ©pression sans prĂ©cĂ©dent qui s’ensuit. On estime le bilan global pour l’ensemble de l’annĂ©e 1988 Ă  10 000 morts, auxquels s’ajoutent de trĂšs nombreux disparus. 1988 avait Ă©galement vu Aung San Suu Kyi Ă©merger comme la grande leader des opposants au rĂ©gime autoritaire, avant que celle-ci ne soit assignĂ©e Ă  rĂ©sidence en 1990 et ne devienne Prix Nobel de la Paix en 1991.🏅

👉 On comprend bien pourquoi le souvenir de 1988 est au cƓur des aspirations dĂ©mocratiques actuelles au Myanmar : une nouvelle fois, “The Lady” est arrĂȘtĂ©e ; une nouvelle fois, les contestations sont durement rĂ©primĂ©es. Mais la jeunesse birmane est dĂ©cidĂ©e Ă  accomplir ce que ses aĂźnĂ©s de 1988 avaient commencĂ© :

Luttons ensemble pour parachever le mouvement inabouti de libération du peuple du 8888.

Les rĂ©actions internationales au coup d’État en Birmanie 🌍

Des sanctions occidentales trop faibles ? 👆

Le putsch de fĂ©vrier 2021 ainsi que les violences rĂ©pressives de l’armĂ©e suscitent l’indignation des observateurs mondiaux, y compris dans les États occidentaux. Plusieurs d’entre eux adoptent donc des sanctions Ă  l’encontre des dirigeants birmans.

đŸ‡ș🇾🇬🇧 Les États-Unis et le Royaume-Uni s’opposent trĂšs vite au nouveau rĂ©gime et prennent des mesures concrĂštes. Les deux puissances occidentales imposent des mesures contre plusieurs militaires, avec notamment un gel de leurs avoirs situĂ©s sur le sol amĂ©ricain ou britannique et de ceux contrĂŽlĂ©s par des amĂ©ricains ou britanniques. Ils visent Ă©galement les intĂ©rĂȘts financiers de la Tatmadaw, en sanctionnant les grandes sociĂ©tĂ©s qu’elle contrĂŽle, comme la Myanmar Gems Enterprise (MGE), spĂ©cialisĂ©e dans les pierres prĂ©cieuses.

đŸ‡ȘđŸ‡ș L’Union europĂ©enne, en plus des dĂ©clarations dĂ©fendant l’État de droit et le libĂ©ralisme politique, opte pour des mesures similaires : les grands conglomĂ©rats et les intĂ©rĂȘts des principaux membres du rĂ©gime sont visĂ©s. Comme les anglo-saxons, les dirigeants europĂ©ens rappellent que leurs sanctions sont ciblĂ©es sur l’armĂ©e et ses intĂ©rĂȘts et ne doivent pas affecter la population locale.

👉 De telles sanctions constituent des rĂ©actions concrĂštes mais demeurent trop faibles, trop timides, pour rĂ©ellement affecter le rĂ©gime putschiste menĂ© par le gĂ©nĂ©ral Min Aung Hlaing. En rĂ©alitĂ©, elles sont simplement symboliques et ne marquent pas de rupture, car l’armĂ©e est dĂ©jĂ  sous le coup de sanctions depuis les exactions menĂ©es contre les Rohingyas en 2017.

Division et inaction du Conseil de SĂ©curitĂ© de l’ONU đŸ‡ș🇳

Si les rĂ©actions occidentales sont limitĂ©es, celles de l’ONU (Organisation des Nations Unies) sont quasi-nulles. Certes, les dignitaires onusiens expriment leurs prĂ©occupations quant au putsch et Ă  ses consĂ©quences : Antonio Guterres, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral aux Nations Unies, s’inquiĂšte face Ă  ces Ă©vĂ©nements qui “portent un coup dur aux rĂ©formes dĂ©mocratiques en Birmanie”.

Mais le Conseil de SĂ©curitĂ© des Nations Unies n’a rĂ©agi que faiblement aux Ă©vĂ©nements de 2021 au Myanmar. De fait, les dirigeants birmans bĂ©nĂ©ficient du soutien de leurs alliĂ©s historiques russe et chinois, qui jouissent, en tant que membres permanents, d’un droit de veto au sein de cet organe. đŸ‡šđŸ‡łđŸ‡·đŸ‡ș

Ceux-ci bloquent ainsi toute sanction Ă  l’égard de leur fidĂšle alliĂ© et partenaire. Comme en 2017, lorsque la Chine avait dĂ©fendu le Myanmar, affirmant que la question de la minoritĂ© musulmane des Rohingyas relevait des affaires intĂ©rieures birmanes.

La Russie et la Chine bloquent mĂȘme dans un premier temps toute dĂ©claration commune du Conseil de SĂ©curitĂ© Ă  l’égard du putsch et de la crise qu’il a entraĂźnĂ©. đŸ€ L’organe exĂ©cutif des Nations Unies finit par s’accorder sur deux dĂ©clarations, dans lesquelles il exprime ses inquiĂ©tudes et condamne les rĂ©pressions de l’armĂ©e, mais ne dĂ©nonce pas le coup d’État, du fait de l’opposition de la Chine et de la Russie, ainsi que du Vietnam et de l’Inde.

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Conclusion sur le coup d’État en Birmanie đŸ‡ČđŸ‡Č

L’annĂ©e 2021 a donc Ă©tĂ© marquĂ©e par le troisiĂšme coup d’État de l’histoire du Myanmar, aprĂšs ceux de 1962 et de 1988. Alors qu’une dĂ©mocratisation semblait s’opĂ©rer depuis 2010, celle-ci n’était qu’une illusion : les militaires, qui s’étaient laissĂ©s le droit de reprendre le pouvoir en cas de “menace” nationale, n’hĂ©sitent pas Ă  l’appliquer dĂ©but 2021, alors que leurs intĂ©rĂȘts sont menacĂ©s.

Ils n’avaient jamais totalement abandonnĂ© le pouvoir ; les voilĂ  de retour sur le devant de la scĂšne. Et face aux mouvements populaires contre la junte de Min Aung Hlaing et pour le retour de la dĂ©mocratie, la Tatmadaw rĂ©pond par la force rĂ©pressive. Comme en 2007. Comme en 1988. 👊

Le peuple birman veut enfin accomplir le rĂȘve des martyrs de 1988, tuĂ©s pour avoir osĂ© aspirer Ă  la libertĂ©. Peu aprĂšs le 33e anniversaire du “8888” (8 aoĂ»t 1988), la lutte continue. ✊

Mais la jeunesse birmane, trop peu défendue par les Nations Unies, est seule dans ce combat.

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