La place de la femme en Amérique latine : entre injustice et progrès 👫

Rédac des Sherpas - Mis à jour le 27/09/2021
la place de la femme

Ces dernières années, les mouvements féministes se sont accentués partout dans le monde, mais surtout en Amérique latine, où 3 800 féminicides ont été recensés en 2019.

Le mouvement « Ni Una Menos » (Pas une de moins), né en Argentine (🇦🇷) en 2015 pour dénoncer les féminicides, s’est étendu au Chili (🇨🇱) , au Pérou (🇵🇪) et au Mexique (🇲🇽), rassemblant des femmes unies à l’échelle internationale et entraînant une prise de conscience officielle et quelques changements légaux jusqu’alors inédits dans l’histoire. Il reste pourtant beaucoup de travail au niveau de l’éducation des enfants, de la santé et des normes sociales qui encadrent la vie des femmes. 👩‍💼

La place de la femme en Amérique latine est un sujet brûlant qui entre entièrement dans le programme d’espagnol en prépa HEC mais aussi dans des thèmes de Terminale comme « Diversité et inclusion » ou encore « Idée de progrès ». 😉

État des lieux de la place de la femme dans la société sud-américaine : discriminations et inégalités au quotidien 🚻

Des évolutions légales et politiques à souligner ✅

Le droit de vote des femmes date, en Amérique latine comme dans la plupart des pays occidentaux, du XXe siècle.

  • 1924 en Équateur (🇪🇨)
  • 1934 à Cuba (🇨🇺)
  • 1938 en Bolivie (🇧🇴)
  • 1947 en Argentine
  • 1955 au Pérou

👉🏼 En 1994 a lieu La Convention Belém do Pará (Convención Interamericana para Prevenir, Sancionar y Erradicar la Violencia contra la Mujer), ratifiée par 32 des 35 pays membres de l’Organisation des États Américains (sans Cuba, le Canada et les USA).

Elle est le premier traité d’envergure internationale concentré sur le droit et la place de la femme. Elle établit la protection et la défense de la femme comme un droit fondamental en définissant la violence contre une femme comme une violation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales.

Définition de la violence contre la femme : violence physique, sexuelle et psychologique quelle que soit la relation entretenue (même au sein d’une famille ou d’un foyer), dans le domaine public et privé.

Elle garantit également le droit de protection de la femme. Elle prévoit l’établissement de politiques visées et spécialisées comme l’élaboration d’un cadre légal interne dans chaque état avec des normes pénales, civiles et administratives.

🔢 L’existence de quotas pour améliorer la place de la femme

Le développement des quotas permet d’intégrer les femmes dans la vie quotidienne, au travail et en politique et donc d’améliorer leur place dans la société.

Par exemple, l’Argentine a été un des premiers pays à mettre en place une législation de quotas en 1991 dans le domaine politique. Chaque liste électorale doit compter au moins 30% de femmes, leur permettant d’être représentées à l’échelle nationale et donc d’intégrer l’égalité des sexes à l’agenda politique.

la place de la femme

De même, l’Assemblée chargée de rédiger la nouvelle constitution du Chili sera paritaire. Dans les 155 membres, élus le 11 avril 2021, on compte autant de femmes que d’hommes, ce qui donne de l’espoir en ce qui concerne le développement des politiques pour protéger les femmes et leur accorder des droits similaires à ceux des hommes.

La place de la femme au travail 👩🏽‍💻

La discrimination et les inégalités demeurent fortes dans de nombreux secteurs, notamment dans les branches considérées comme « masculines » : l’armée, la construction, l’art…

Malgré le développement du travail féminin, même quand elles arrivent à intégrer le marché du travail, les femmes occupent la plupart du temps une place plus fragile que celle des hommes.

💸 Au Mexique, l’écart entre les salaires des hommes et ceux des femmes est très fort. Dans l’administration publique, les femmes gagnent en moyenne 26% de moins que les hommes malgré la parité numérique au sein du gouvernement.

⛔️ Les femmes y sont aussi moins bien intégrée sur le marché de l’emploi et se trouvent souvent sur un siège éjectable : en 2020, plus de la moitié des postes détruits en conséquence de la pandémie du Covid-19 étaient occupés par des femmes, réduisant le taux de participation économique de la femme à 41%, soit le niveau de 2005.

🏠 Les femmes sont chargées de 75% du travail domestique non rémunéré, comme le « care » et les tâches ménagères. La société sud-américaine est fortement marquée par des normes et des codes genrés qui rythment les journées des femmes mais aussi l’éducation des jeunes filles.

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La place de la femme, rabaissée dans la société 🗽

❗️ L’écart entre représentation et action

La représentation des femmes en politique en Amérique Latine est en forte hausse depuis l’an 2000. Une enquête menée par le groupe Mazars a même montré que le taux de représentation des femmes dans la vie parlementaire des nations sud-américaines oscille entre 35 et 50% quand, aux États-Unis, il atteint seulement 18%. Pourtant, de nombreux spécialistes comme Erika Guevara-Rosas expliquent que ce niveau est plus symbolique qu’autre chose.

La féminisation de la politique dans la région ne s’est pas encore traduite par l’établissement d’un agenda en faveur de l’amélioration des conditions de vie de la femme.

💡 Moins d’un quart des femmes politiques du monde entier indiquent accorder une importance première aux questions relatives à la place de la femme dans leur travail. La preuve, même les gouvernements progressistes d’Argentine et du Brésil, dirigés par des femmes, n’ont pas fait du droit des femmes une priorité absolue.

🔫 Les féminicides atteignent des niveaux record

Selon une évaluation de l’ONU, 14 des 25 pays comptant le plus grand nombre de féminicides dans le monde se trouvent en Amérique Latine.

  • Au Mexique, près de 10 femmes sont assassinées chaque jour.
  • En Argentine, on estime qu’il se produit un féminicide toutes les 31 heures.

👉 Malgré l’introduction de ce crime dans le Code Pénal de plusieurs pays (Mexique, Costa Rica, Chili…) et malgré la Convention de Belém do Para, ces législations demeurent insuffisantes au vu de l’impunité qui sévit encore.

⚖️ L’impunité porte atteinte à la place de la femme dans la société

Très peu de femmes portent plainte quand elles sont victimes de violences conjugales et même lorsqu’elles le font, elles sont rarement prises au sérieux. De fait, les enquêtes ne sont que très rarement approfondies. Si c’est également le cas dans d’autres régions du monde, c’est particulièrement alarmant en Amérique du Sud :

  • Le taux d’impunité dans les cas de violence machiste dépasse 99% au Mexique.
  • En Argentine, en 2015, sur les 235 féminicides recensés, seulement 7 condamnations ont été obtenues.
  • D’autres facteurs expliquent l’impunité face aux violences commises : l’extorsion, la corruption ou les menaces criminelles.

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La grande question politique de l’avortement 🤰🏽

Contextualisation

En Amérique latine, l’avortement est un privilège plus qu’un droit pour les femmes. D’après l’ONU, sur les 340 millions de femmes sud-américaines, seules 8% d’entre elles peuvent recourir à une interruption volontaire de grossesse.

✅ Jusqu’en 2020, les seuls pays sud-américains où existait la liberté d’avorter étaient Cuba, l’Uruguay (🇺🇾), la Guyane (🇬🇾) et la Guyane Française, ainsi que certaines régions et villes du Mexique comme l’état d’Oaxaca et la ville de Mexico.

❌ Au contraire, au Salvador (🇸🇻), au Nicaragua (🇳🇮), en Honduras (🇭🇳), en République Dominicaine (🇩🇴) et à Haïti (🇭🇹), l’avortement reste interdit sans exception.

Le problème, c’est que si l’avortement est illégal, il n’en est pas moins pratiqué, et ce à tous les siècles. Certaines femmes arrivent à y avoir accès de manière clandestine à condition d’avoir les moyens et les contacts nécessaires. Ces femmes risquent également la prison.

💡 Au Salvador, on compte actuellement 22 femmes en prison parce qu’elles ont avorté. Jusqu’à sa légalisation fin 2020, l’Argentine comptait en moyenne entre 300 000 et 500 000 avortements clandestins par an dont 40 000 débouchaient sur des complications pour la santé de la mère.

Une lueur d’espoir en Argentine pour de meilleures conditions d’avortement 👍🏻

Ce pays a légalisé l’avortement en décembre 2020, après plus d’un an de protestations en faveur ou contre cette décision.
Depuis 1921, il était légal d’avorter en cas de viol ou de risques majeurs pour la vie de la mère. Dans les autres cas, l’avortement était considéré comme un délit.

En 2018, une première proposition de loi a été refusée et c’est à ce moment que le sujet a véritablement commencé à diviser la société et le monde politique, même à l’intérieur des partis !

En 2020, la loi a été adoptée avec 38 votes pour et 29 contre. Celle-ci permet aux femmes d’avorter sans condition, de manière légale et gratuite jusqu’à la 14e semaine, ou après en cas de viol et de danger pour la santé de la mère. C’est une première dans l’histoire de l’état.

Pourtant, si cette décision a motivé les féministes Chilienne (🇨🇱) à plaider en sa faveur, dans l’espoir que l’avortement soit integré dans la rédaction de la nouvelle constitution, elle a aussi motivé certains pays à durcir leur législation. C’est le cas du Honduras qui, le 21 janvier 2021, a inscrit l’interdiction d’avorter (et ce même en cas de viol) dans sa constitution.

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Quelques grandes figures féministes qui ont amélioré la place de la femme en Amérique latine 🦸

Le féminisme est un mouvement politique et social d’envergure internationale et même mondiale qui défend le principe d’égalité des droits entre l’homme et la femme. Le but est d’accorder les mêmes droits et les mêmes libertés aux deux sexes et donc de limiter les inégalités, notamment par l’action, la politique et l’éducation. Son développement date du XVIIIe siècle. Au niveau international, de nombreuses femmes sont inspirantes, comme Madam C.J.Walker.

Le couple Perón 👫🏽

Au milieu du XXe siècle, Juan Domingo Perón a été le premier chef d’État argentin à intégrer le droit des femmes dans son agenda politique. Lui et sa première femme, Eva Perón (surnommée Evita) ont ouvert la voie à la participation politique des femmes en Argentine.

  • Evita a participé à la campagne politique de son mari, une première.
  • Le suffrage féminin a été promulgué en 1947.
  • Dans la constitution de 1949, Juan Domingo Perón a établi l’égalité de droits entre les sexes, annulée en 1955.

En outre, Eva Perón est connue pour son engagement auprès des plus démunis : la fondation Eva Perón a fait construire des hôpitaux, des asiles et des écoles ainsi que des colonies de vacances pour favoriser le tourisme social. Elle incarne, avec son mari, non seulement le progrès et le début de l’émancipation des femmes, mais aussi ce que l’on appelle le « péronisme » ou « justicialisme », c’est-à-dire la lutte pour une plus grande justice sociale (dans tous les domaines).

Mathilde Hidalgo 👩🏽‍⚕️

Médecin, poète et activiste féministe équatorienne, elle a été la première femme à pointer du doigt sa condition injuste en votant lors d’une élection nationale en Amérique Latine ainsi qu’en étant la première femme diplômée de médecine en Équateur.

En 1924, sous la présidence de José Luis Tamayo, Mathilde Hidalgo est allée s’inscrire sur les registres électoraux pour voter aux élections présidentielles. Alors qu’on lui a refusé l’inscription sous prétexte qu’elle était une femme, elle a souligné un vide juridique dans la Constitution : il n’était pas spécifié que les femmes n’avaient pas le droit de voter. 😱

👉 En Juin 1924, le Parlement a reconnu à l’unanimité que les femmes équatoriennes avaient le droit de voter 😊
👉 En 1941, elle devint la 1e femme candidate et élue comme « Diputa Suplente » (député suppléante) 💪🏼

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Rigoberta Menchú 🕊

Rigoberta Menchú (maya) est une figure indigène guatémaltèque. Elle a notamment reçu le prix Nobel de la Paix en 1992 pour saluer son travail en faveur de la justice sociale, du respect des autochtones et des femmes.

Son rôle a été majeur dans la révélation de l’oppression des peuples autochtones dans la région. C’est en grande partie sa participation dans le film documentaire « Quand les montagnes tremblent » en 1983 ainsi que son livre témoignage « Moi Rigoberta Menchú » qui révèlent au monde entier la situation dramatique des indiens mayas au Guatemala.
Elle travaille en collaboration avec l’ONU et l’UNESCO 🇺🇳

Conclusion sur la place de la femme dans la société en Amérique latine 👫

Tu sais maintenant dans quelles conditions vivent au quotidien les femmes dans les différentes nations latino-américaines.

Malgré les avancées juridiques qui se développent, notamment grâce aux concertations internationales (comme à l’ONU) ainsi qu’au caractère “unies” des femmes dans cette lutte depuis plusieurs siècles et dans tous les états, l’Amérique Latine est marquée par un niveau d’inégalité entre les sexes très élevé. 👫

Dans un essai sur les progrès en termes d’égalité des sexes, n’hésite pas à nuancer tes propos sur la place de la femme et informations avec le cas de l’Espagne de Pedro Sanchez. Le chef du gouvernement a à cœur la parité et le féminisme. Sur 18 ministres, son gouvernement est composé de 11 femmes et il a récemment nommé 3 femmes en tant que vice-présidente, ce qui laisse espérer de nombreuses politiques en faveur de l’égalité des droits entre les sexes et les genres dans la société espagnole. C’est une première dans l’histoire !

PS : en plus de la civilisation, n’oublie pas de travailler ta maitrise de la langue ! 😉

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