Entretiens sur la pluralitĂ© des mondes de Fontenelle : fiche de lecture đŸȘ

Emilie S. - Mis Ă  jour le 16/07/2025
couverture blog

Tu Ă©tudies Entretiens sur la pluralitĂ© des mondes de Fontenelle pour le bac de Français ? PubliĂ© en 1686, ce livre cherche Ă  rendre l’astronomie accessible Ă  un public non spĂ©cialiste : Fontenelle vulgarise des nouvelles idĂ©es philosophiques et scientifiques. 🔭àč‹

On te propose une fiche de lecture sur l’Ɠuvre, avec un rĂ©sumĂ© clair et des pistes d’analyse pour mieux comprendre les grands thĂšmes. C’est parti ! 🚀

Contexte de publication â„č

L’ouvrage paraĂźt sous le rĂšgne de Louis XIV, un an aprĂšs la rĂ©vocation de l’Édit de Nantes, qui avait promu la tolĂ©rance envers les protestants et les autres croyances. Cette pĂ©riode marque un tournant et s’inscrit dans un climat de forte censure religieuse. ParallĂšlement, les idĂ©es de Copernic (le Soleil au centre), de GalilĂ©e (la Lune imparfaite, les satellites de Jupiter) et de Kepler (les trajectoires des planĂštes) commencent Ă  circuler, mais restent controversĂ©es. 🧐

Ainsi, Fontenelle décide de parler des sciences de maniÚre créative : il utilise la fiction et la conversation mondaine pour présenter des idées sans choquer. Son public est composé de lecteurs cultivés mais non scientifiques, souvent issus de la noblesse ou des cercles littéraires.

Un mot sur l’auteur ✒

Bernard Le Bovier de Fontenelle (1657-1757) est un philosophe, Ă©crivain et scientifique. Neveu de Pierre Corneille, il devient membre de l’AcadĂ©mie française et secrĂ©taire de l’AcadĂ©mie des sciences (un vrai nepo baby !).

À lire aussi

Intrigue et cadre gĂ©nĂ©ral 📝

Forme đŸ—Ș

Le livre prend la forme d’une conversation nocturne dans un jardin entre un philosophe (le narrateur) et une marquise. Au fil de cette promenade, le philosophe lui explique les grands principes de l’astronomie moderne. La discussion s’étale sur six soirĂ©es consĂ©cutives, et chacune correspondant Ă  un entretien abordant quelques grandes idĂ©es. Ce cadre permet d’aborder des notions scientifiques complexes avec grĂące et simplicitĂ©.

L’Ɠuvre a un double objectif : pĂ©dagogique (en expliquant les nouvelles thĂ©ories scientifiques), et philosophique (en invitant le lecteur Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  notre place dans l’univers). 🎯

entretiens premiĂšre page

Fontenelle utilise donc la structure d’un rĂ©cit pour dĂ©guiser son essai.

L’auteur y dĂ©veloppe notamment la thĂ©orie de la pluralitĂ© des mondes habitĂ©s, qui suggĂšre que d’autres planĂštes pourraient ĂȘtre peuplĂ©es. Cette idĂ©e choque profondĂ©ment le modĂšle chrĂ©tien centrĂ© sur la Terre. đŸ˜±

Style d’écriture 🔎

Le choix d’un dialogue avec une femme de l’aristocratie permet Ă  Fontenelle d’adopter un ton lĂ©ger, galant (qui plait aux autres) et non provocateur, rendant la science accessible sans heurter.

Il mĂȘle badinage (plaisanterie) et hypothĂšses fantaisistes pour prĂ©senter des idĂ©es parfois scandaleuses, tout en critiquant la superstition et en expliquant de vrais phĂ©nomĂšnes.

Son style d’écriture est trĂšs apprĂ©ciĂ© des lecteurs de l’époque, ce qui contribue Ă  son succĂšs !

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RĂ©sumĂ© dĂ©taillĂ© de l’Ɠuvre 📌

Préface

Dans cette prĂ©face, Fontenelle se compare Ă  CicĂ©ron, qui avait voulu Ă©crire de la philosophie en latin Ă  une Ă©poque oĂč elle n’était rĂ©digĂ©e qu’en grec. Il explique qu’il veut faire comme CicĂ©ron et rendre la philosophie accessible, dans un style plus simple et plaisant. Il s’adresse non pas seulement aux savants, mais Ă  un public plus large, curieux mais pas spĂ©cialiste. Son but est double : instruire et divertir. 💡

J’ai voulu traiter la philosophie d’une maniĂšre qui ne fĂ»t point philosophique ; j’ai tĂąchĂ© de l’amener Ă  un point oĂč elle ne fĂ»t ni trop sĂšche pour les gens du monde, ni trop badine pour les savants.

Il insiste aussi qu’il ne cherche pas Ă  enseigner la physique aux connaisseurs, mais Ă  leur offrir une version plus lĂ©gĂšre de ce qu’ils savent dĂ©jĂ .

Il explique son choix d’une femme comme interlocutrice pour montrer que les femmes peuvent et doivent s’intĂ©resser Ă  la science, tout comme elles s’intĂ©ressent aux romans comme La Princesse de ClĂšves. Il vise Ă  montrer que l’on peut utiliser “la libertĂ© naturelle de la conversation” pour expliquer les idĂ©es scientifiques de façon plus libre.

Enfin, conscient que ses idĂ©es pourraient paraĂźtre contraires Ă  la religion, Fontenelle s’adresse Ă  ceux qu’il appelle “scrupuleux”. Il les rassure : il ne s’agit pas d’attaquer la foi, mais d’exercer librement l’imagination, sans en faire un danger. Imaginer, par exemple, que la Lune ou d’autres planĂštes sont habitĂ©es par des ĂȘtres “faits comme nous” ne contredit pas la religion, tant que cela reste du domaine de la pensĂ©e raisonnable. Ainsi, ses visions et exemples ont tous des fondements rĂ©els. 📚

Fontenelle montre qu’il veut dĂ©mocratiser la science en mĂȘlant sĂ©rieux et lĂ©gĂšretĂ©, et ouvrir la rĂ©flexion scientifique Ă  un public plus large, y compris les femmes, sans attaquer la religion ou la raison.

entretiens image du texte

Lettre : À Monsieur L
 

Une lettre prĂ©cĂšde le premier entretien, dans laquelle le narrateur Ă©crit Ă  un ami pour lui raconter son sĂ©jour Ă  la campagne, chez Madame la Marquise de G
 Il explique avoir passĂ© son temps en agrĂ©able compagnie, et surtout en conversation avec la marquise. Bien qu’elle ne soit pas savante au sens acadĂ©mique, il la considĂšre capable de le devenir facilement, tant elle comprend vite et bien les idĂ©es qu’il lui expose. 

Ces discussions, qu’il a trouvĂ©es dignes d’ĂȘtre partagĂ©es, ont eu lieu chaque soir de son sĂ©jour, et c’est ainsi qu’il a choisi de les organiser pour son rĂ©cit. 📜

Il se positionne non comme un maĂźtre face Ă  un Ă©lĂšve, mais comme un interlocuteur cultivĂ© s’adressant Ă  une personne ouverte, curieuse, et pleine de bon sens, incarnant le public idĂ©al auquel l’ouvrage est destinĂ©.

Premier soir : Que la Terre est une planĂšte qui tourne sur elle-mĂȘme, et autour du Soleil

Le premier soir, le philosophe et la marquise se promĂšnent sous un ciel dĂ©gagĂ©, et ils parlent de maniĂšre lĂ©gĂšre de la beautĂ© de la nuit et des Ă©toiles. La marquise confie qu’elle aime les Ă©toiles au point de se plaindre du soleil s’il les effaçait, et le narrateur rĂ©pond :

“Je ne puis lui pardonner de me faire perdre de vue tous ces mondes.”

IntriguĂ©e, elle lui demande ce qu’il entend par “mondes”. C’est alors qu’il commence Ă  lui parler d’astronomie : pour lui, les Ă©toiles sont des mondes, ou plutĂŽt des soleils Ă©clairant des mondes, tout comme le nĂŽtre. ✹

Elle aimerait en savoir plus. D’abord rĂ©ticent, car la philosophie est souvent jugĂ©e trop sĂ©rieuse ou inaccessible, il finit par cĂ©der face Ă  sa curiositĂ© :

Toute la philosophie, lui dis-je, n’est fondĂ©e que sur deux choses : sur ce qu’on a l’esprit curieux et les yeux mauvais.

Les philosophes, dit-il, ne croient pas ce qu’ils voient car les apparences sont souvent trompeuses. Il commence par remettre en question les anciennes conceptions : selon les Anciens, la Terre Ă©tait au centre de l’univers (gĂ©ocentrisme), et tout tournait autour d’elle. Mais il explique que cette thĂ©orie est trop complexe et peu convaincante. 💭

Il expose ensuite la thĂ©orie de Copernic, selon laquelle : 

  • Le Soleil est au centre (hĂ©liocentrisme).
  • Les planĂštes (Mercure, VĂ©nus, Terre, Mars, Jupiter, Saturne) tournent autour du Soleil.
  • La Terre tourne sur elle-mĂȘme en 24h, ce qui explique l’alternance du jour et de la nuit.
  • La Lune tourne autour de la Terre.

Le savais-tu ? đŸ€”

Cet ouvrage est paru avant la dĂ©couverte de certaines planĂštes. Uranus n’a pas Ă©tĂ© identifiĂ©e avant 1781, et Neptune, pas avant 1846 !

Il mentionne aussi Tycho BrahĂ©, qui proposait un systĂšme hybride oĂč le Soleil tourne autour de la Terre, mais ils rejettent cette idĂ©e au profit de la simplicitĂ© du systĂšme copernicien.

Tout au long de la conversation, la marquise pose des questions pertinentes, ce qui permet au narrateur de prĂ©ciser ses explications. Elle exprime parfois des doutes (comme sur le fait que l’air devrait changer si la Terre tourne), mais il lui rĂ©pond simplement, expliquant qu’une couche d’air (l’atmosphĂšre) suit la Terre dans sa rotation.

la terre qui tourne

Le narrateur explique aussi que les Ă©toiles ne bougent pas, contrairement aux planĂštes, et que c’est notre imagination qui nous fait croire qu’elles tournent autour de nous, alors que c’est la Terre qui tourne. 🌍

La marquise s’émerveille de ces idĂ©es, et la conversation devient ainsi une initiation Ă  cette nouvelle vision du monde : la Terre n’est pas le centre de l’univers, et notre position n’est ni unique ni centrale.

Second soir : Que la Lune est une Terre habitée

Le lendemain, le narrateur reprend la discussion avec humour en demandant Ă  la marquise si elle a bien dormi en tournant avec la Terre. Elle rĂ©pond avec esprit qu’elle a dormi aussi bien que si elle Ă©tait Copernic lui-mĂȘme.

À partir de lĂ , il introduit une idĂ©e encore plus audacieuse : et si la Lune Ă©tait une Terre comme la nĂŽtre ? Et peut-ĂȘtre mĂȘme habitĂ©e ? La marquise trouve l’idĂ©e fantaisiste, presque absurde. Mais le narrateur l’invite Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  travers la philosophe, en considĂ©rant la possibilitĂ© au lieu de la rejeter d’emblĂ©e. 🌙

"Je dis pas que c'était les aliens... Mais c'était les aliens"

Il utilise une comparaison : un bourgeois de Paris, n’ayant jamais quittĂ© sa ville, pourrait croire que les gens de Saint-Denis sont diffĂ©rents simplement parce qu’il ne les a jamais vus. Il lui demande alors : ne jugeons-nous pas les habitants de la Lune avec la mĂȘme ignorance ?

La marquise objecte que la Lune n’est pas comme la Terre. Le narrateur rĂ©plique avec ironie :

Prenez garde, Madame(
), car s’il faut que la Lune ressemble en tout Ă  la terre, vous voilĂ  dans l’obligation de croire la Lune habitĂ©e.

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Il explique de maniĂšre simplifiĂ©e les phĂ©nomĂšnes lumineux : la lumiĂšre est dĂ©crite comme des “petites balles” qui rebondissent. La Lune, solide, renvoie la lumiĂšre du Soleil, ce qui explique pourquoi elle brille. Le philosophe prĂ©cise aussi qu’on ne voit qu’une seule face de la Lune, car sa rotation est synchronisĂ©e avec celle de la Terre. 🌟

Ils abordent ensuite les Ă©clipses. Le narrateur explique clairement que c’est un jeu d’ombres dĂ» Ă  la position relative du Soleil, de la Lune et de la Terre, pas un phĂ©nomĂšne magique comme le croyaient certains peuples autrefois. La marquise s’étonne de tant de naĂŻvetĂ© passĂ©e, et le narrateur rĂ©pond :

L’ignorance est quelque chose de bien propre Ă  ĂȘtre gĂ©nĂ©ralement rĂ©pandu.

Il mentionne l’astronome Cassini, et le fait que les scientifiques modernes ont donnĂ© aux parties visibles de la Lune les noms de savants cĂ©lĂšbres


La conversation s’oriente alors vers les habitants possibles de la Lune. Le narrateur Ă©voque les limites de notre imagination, en prenant l’exemple des peuples d’AmĂ©rique qui ne soupçonnaient pas que l’ocĂ©an pouvait ĂȘtre traversĂ©. De mĂȘme, il lui dit qu’ils ne peuvent pas encore imaginer tout ce que la science permettra un jour :

L’art de voler ne fait encore que de naütre, il se perfectionnera, et quelque jour on ira jusqu’à la Lune.

En effet, il faudra encore 283 ans avant que l’homme ne pose pied sur la Lune ! Mais il indique que des progrùs scientifiques et technologiques sont à venir.

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Il insiste aussi sur le fait que la Terre elle-mĂȘme n’est pas encore totalement connue. Il conclut :

Quand nous aurons bien connu notre habitation, il nous sera permis de connaĂźtre celle de nos voisins, les gens de la Lune.

Mais la marquise reste sceptique au sujet des habitants Lunaires. Le narrateur reconnaĂźt alors qu’il n’essaie pas de la convaincre, mais de lui montrer qu’on peut construire un raisonnement logique sur une idĂ©e apparemment folle, pour exercer l’esprit et former le jugement. 🧠

Ce second entretien mĂȘle faits scientifiques et hypothĂšses audacieuses pour faire rĂ©flĂ©chir le lecteur. C’est une leçon d’astronomie mais aussi un exercice intellectuel, oĂč l’imagination permet de penser de maniĂšre critique !

TroisiÚme soir : Particularités du monde de la Lune Que les autres planÚtes sont habitées aussi

La marquise aimerait poursuivre la discussion de jour, mais le narrateur insiste que pour rĂȘver, il faut se confier Ă  la Lune et aux Ă©toiles. Le soir venu, il commence Ă  Ă©mettre des doutes sur l’habitabilitĂ© de la Lune : il remarque que, contrairement Ă  la Terre, sa surface ne montre aucun signe de vapeur ou de nuages, ce qui pourrait indiquer l’absence d’eau, et donc poser problĂšme pour la vie. Mais il reste prudent : ce n’est qu’une conjecture. đŸ€Ż

La marquise, un peu perdue, voudrait trancher : y a-t-il oui ou non des habitants lĂ -bas ? Le philosophe rĂ©pond en Ă©largissant la perspective : peut-ĂȘtre que les vapeurs lunaires sont diffĂ©rentes des nĂŽtres et produisent des effets inconnus. Il donne l’exemple des poissons : leur “air”, c’est l’eau, et ils ne pourraient survivre dans l’air des oiseaux. Cela justifierait l’impossibilitĂ© de communiquer entre des mondes Ă  atmosphĂšres diffĂ©rentes.

"Alors, c'est quoi la vérité?"

Ils Ă©voquent ensuite l’apparence du ciel : le bleu du ciel terrestre vient de l’air, et sans atmosphĂšre, les habitants de la Lune n’auraient ni nuages, ni orages, ni arc-en-ciel, seulement un ciel calme et serein. Puis, le narrateur suggĂšre une idĂ©e originale : et si les habitants de la Lune vivaient sous terre ? Il indique que ce n’est qu’une thĂ©orie humaine de croire que la vie doit se trouver Ă  la surface.  🐛

Ils imaginent un voyage vers la Lune, et le narrateur décrit la vue possible de la Terre depuis là-haut, comme une carte du monde géante.

Puis, le sujet change : le narrateur propose de passer Ă  d’autres planĂštes, en commençant par VĂ©nus. Il reprend l’exemple de Saint-Denis et explique que, grĂące aux lunettes d’approche (une version de tĂ©lescope), on observe que VĂ©nus change de forme, comme la Lune. Cela prouve qu’elle reçoit la lumiĂšre du Soleil, et donc qu’elle est semblable Ă  la Lune. Si la Lune peut ĂȘtre habitĂ©e, pourquoi pas VĂ©nus ?

Pour appuyer son idĂ©e, il donne une analogie naturelle : une feuille d’arbre semble banale Ă  l’Ɠil humain, mais c’est un vĂ©ritable monde pour les insectes invisibles Ă  l’Ɠil nu. Ainsi, plus une planĂšte est grande, plus elle a de chances d’abriter des formes de vie variĂ©es. đŸȘ±

La marquise admet que sa raison est convaincue, mais que son imagination peine à suivre. Le narrateur répond en soulignant la diversité humaine sur Terre (par exemple, entre Européens et Africains), et ajoute :

On dit qu’il pourrait bien nous manquer un sixiùme sens naturel, qui nous apprendrait beaucoup de choses que nous ignorons.

Pour illustrer encore l’idĂ©e d’une vie Ă©trange mais rĂ©elle, il raconte l’histoire d’un peuple fictif : des ĂȘtres vifs, intelligents, chastes mais stĂ©riles, vivant sous l’autoritĂ© d’une reine fĂ©conde, dont le rĂŽle est uniquement de donner naissance Ă  des milliers d’enfants. Les mĂąles, une fois leur fonction remplie, sont tuĂ©s car ils sont devenus inutiles Ă  l’État. La marquise est d’abord choquĂ©e, mais le narrateur rĂ©vĂšle qu’il parlait des abeilles ! 🐝

Elle est surprise : ce monde lui paraissait impossible, et pourtant il existe. Il conclut avec une phrase clé :

En transportant seulement sur d’autres planĂštes des choses qui se passent sur la nĂŽtre, nous imaginerions des bizarreries, qui paraĂźtraient extravagantes, et seraient cependant fort rĂ©elles.

Cet entretien pousse encore plus l’idĂ©e que la vie ailleurs est non seulement possible, mais qu’elle peut ĂȘtre radicalement diffĂ©rente de ce que nous connaissons. Fontenelle utilise des analogies concrĂštes, des exemples naturels et des rĂ©cits imaginaires pour stimuler la rĂ©flexion et l’imagination du lecteur.

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QuatriÚme soir : Particularités des mondes de Vénus, de Mercure, de Mars, de Jupiter et de Saturne

La discussion reprend avec VĂ©nus, qui semble belle de loin, mais se rĂ©vĂšle montagneuse et aride avec des lunettes d’approche. Ils imaginent alors ses habitants comme ayant la peau foncĂ©e Ă  cause du soleil, faisant de la musique et de la danse, et Ă©tant pleins d’amour (comme la dĂ©esse romaine du mĂȘme nom). ❀

Ils enchaĂźnent avec Mercure, trĂšs proche du Soleil : les tempĂ©ratures y sont extrĂȘmes, les mĂ©taux fondent, et les jours sont dĂ©calĂ©s, ce qui rend la vie difficile Ă  imaginer.

Le Soleil, quant à lui, semble inhospitalier : le philosophe décrit sa surface comme étant difficile à imaginer solide, vu la chaleur et la fumée. (Ceci rejoint notre vision moderne du plasma solaire.)

Ils abordent briĂšvement Mars, peu fascinante selon le narrateur, puis Jupiter, qu’il trouve plus intĂ©ressant car cette planĂšte a quatre lunes. Il Ă©voque la thĂ©orie des tourbillons de Descartes, selon laquelle les astres tournent dans un Ă©ther en mouvement. Ils se demandent alors si les lunes de Jupiter pourraient ĂȘtre aussi habitĂ©es. 🌕

Descartes qui dit "je m'ennuie alors je fais des GIFs"

Enfin, ils Ă©voquent Saturne, avec cinq lunes et un anneau mystĂ©rieux. La marquise s’interroge sur l’absence de lunes autour de Mars (elles ne seront dĂ©couvertes que quelques annĂ©es plus tard). Ils imaginent que les habitants de Saturne, trĂšs Ă©loignĂ©s du Soleil, seraient plus calmes.

Le philosophe conclut que le lendemain, ils parleront des étoiles fixes, et la marquise, désormais plus consciente de la diversité des mondes, est reconnaissante envers la Terre.

Cette conversation Ă©largit l’imagination du lecteur en explorant les caractĂ©ristiques qui pourraient mener Ă  la vie sur d’autres planĂštes.

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CinquiÚme soir : Que les étoiles fixes sont autant de Soleils, dont chacun éclaire un monde

La marquise est impatiente de continuer leur conversation. Le philosophe reprend le sujet en l’amenant encore plus loin dans l’univers : il compare les distances entre la Terre et le Soleil, puis entre le Soleil et Saturne. Il indique que la distance entre la Terre et les Ă©toiles fixes est tellement Ă©norme, qu’elles ne peuvent pas recevoir la lumiĂšre de notre Soleil. ☀

La marquise comprend alors ce que ça implique : les Ă©toiles fixes sont autant de Soleils, et si le Soleil est le centre d’un tourbillon de planĂštes, chaque Ă©toile reprĂ©sente le centre d’un autre tourbillon

L’univers devient tout Ă  coup immense et vertigineux pour elle. Ils parlent alors de la “Voie de lait” (la Voie lactĂ©e), que le philosophe compare Ă  une mer pleine d’üles (les Ă©toiles). Ça donne une image trĂšs concrĂšte : tous ces mondes paraissent proches mais sont en rĂ©alitĂ© trĂšs Ă©loignĂ©s.

Saturne

Le philosophe reprend la thĂ©orie des tourbillons, utilisant l’exemple d’un ballon : chaque monde se gonfle, pousse sur les autres, se rĂ©tracte
 Cela expliquerait pourquoi les Ă©toiles semblent scintiller. Il ajoute aussi que les comĂštes pourraient ĂȘtre des messagers entre les mondes. ☄

Et il va encore plus loin : certains soleils peuvent s’éteindre. Il raconte que des Ă©toiles visibles par les Anciens ont depuis disparu, et mĂȘme que le Soleil aurait dĂ©jĂ  changĂ© de couleur. Ainsi, mĂȘme les astres ne sont pas immortels.

La marquise, un peu secouĂ©e par tout ça, rĂ©alise qu’elle a maintenant “tout le systĂšme de l’univers dans la tĂȘte” et demande si elle est devenue savante. Le philosophe lui dit que oui !

Cet entretien prend une dimension plus vertigineuse. Rien n’est Ă©ternel, pas mĂȘme les astres, et la pensĂ©e scientifique s’élargit Ă  une pluralitĂ© infinie de mondes.

SixiÚme soir : Nouvelles pensées qui confirment celles des entretiens précédents. DerniÚres découvertes qui ont été faites dans le ciel

Un peu de temps a passĂ©. Le philosophe rend visite Ă  la marquise, et croise deux hommes d’esprit qui sortent de chez elle, preuve qu’elle continue Ă  penser Ă  la philosophie et aux sciences. Ces hommes sont d’ailleurs surpris par les opinions de la marquise sur les mondes habitĂ©s. đŸ’«

Le philosophe et la marquise reprennent leur discussion, et parlent des diffĂ©rentes opinions du grand public. LĂ  oĂč certains voient de la lumiĂšre dans les planĂštes, d’autres voient des prairies, car ils imaginent la possibilitĂ© qu’il y ait des prairies dans ces autres mondes. Ce n’est pas une question de connaissance des autres mondes, mais d’une imagination qui est nourrie par la raison. 

Ils parlent ensuite de vraisemblance. Le narrateur ajoute un argument trĂšs fort :

Est-il simplement vraisemblable qu’Alexandre ait Ă©tĂ© ?

Comme la marquise n’a jamais vu Alexandre le Grand, et croit pourtant Ă  son existence Ă  partir de tĂ©moignages et de raisonnements, ne serait-ce pas la mĂȘme chose pour les habitants d’autres mondes ? Ainsi, le lecteur peut rĂ©flĂ©chir Ă  cette pluralitĂ©, mĂȘme sans preuve directe. đŸ’«

Ils reprennent alors les principes du systĂšme hĂ©liocentrique : la Terre tourne autour du Soleil, et chaque planĂšte a sa propre vitesse. Ils s’amusent Ă  imaginer ce qui se passerait si la Terre changeait de distance au Soleil, car on vivrait alors plus ou moins longtemps.

Ensuite, ils Ă©voquent les grands changements gĂ©ologiques Ă  travers le temps, comme des poissons pĂ©trifiĂ©s retrouvĂ©s loin de la mer (prouvant que le relief a changĂ© de parcours), pour appuyer l’idĂ©e que tout Ă©volue, y compris Ă  la surface des autres planĂštes. Ils parlent aussi du manque de crĂ©puscule sur la Lune, car son atmosphĂšre serait diffĂ©rente.

Le philosophe conclut :

Il n’y a pas longtemps que tous nos philosophes se croyaient fondĂ©s en expĂ©rience pour soutenir que les cieux et tous les corps cĂ©lestes Ă©taient incorruptibles.

Ce qu’il veut dire, c’est que les opinions et les croyances changent, alors il faut continuer Ă  observer, Ă  rĂ©flĂ©chir et Ă  questionner. 🙋

Ils terminent leur entretien en parlant de la vĂ©ritĂ© et du gĂ©nie, afin que la marquise poursuive son Ă©lancĂ©e sur la philosophie. 

"Savoir = pouvoir"

Au cours de ces entretiens, la marquise (et donc le lecteur) a appris, compris, et surtout changé sa vision du monde !

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Analyse des idĂ©es principales ✅

Voici des pistes pour parler de l’Ɠuvre Ă  l’oral de français ou dans une dissertation. Souviens-toi des grands thĂšmes et appuie tes arguments avec des exemples concrets ! 

La vulgarisation scientifique comme projet đŸ—Łïž

Fontenelle vise Ă  rendre la science accessible et intĂ©ressante, Ă  travers : 

  • Des comparaisons concrĂštes : par exemple, aux peuples humains et Ă  la nature

  • Des exemples imagĂ©s : comme celui des abeilles, qui surprend et fait rĂ©flĂ©chir la marquise

  • Un langage simple et Ă©lĂ©gant : pas de mots savants ni pas de jargon compliquĂ©

Ainsi, il cherche Ă  convaincre par des arguments logiques, et Ă  persuader en jouant sur l’imagination et les Ă©motions du lecteur.

Le progrĂšs et la raison đŸ€

Fontenelle s’inscrit dans le mouvement des LumiĂšres en mettant la raison au centre de la pensĂ©e.

Il montre que la raison permet : 👇

  • D’aller au-delĂ  des apparences, en imaginant que les planĂštes sont habitables, mĂȘme si on ne les voit pas
  • D’explorer l’univers avec l’esprit : l’imagination guidĂ©e par la logique permet de dĂ©couvrir et de rĂ©flĂ©chir
  • D’observer et de dĂ©duire : il invite le lecteur Ă  raisonner en utilisant des techniques scientifiques, menant Ă  des hypothĂšses concrĂštes

En s’appuyant sur des philosophes comme Descartes pour ancrer son raisonnement, il invite ainsi le lecteur à penser autrement au(x) monde(s) qui l’entoure(nt).

Ces idĂ©es influencent d’autres hommes, comme Voltaire, qui publiera plus tard ÉlĂ©ments de la philosophie de Newton (1738).

Subversion des dogmes religieux 🙏

Fontenelle questionne les dogmes (les croyances imposĂ©es comme vraies) de l’Église pour Ă©viter les poursuites. Il fait cela en : 

  • Évitant les critiques ouvertes pour Ă©viter tout conflit
  • Glissant des idĂ©es qui questionnent la vision oĂč un dieu est au centre de tout (une vision thĂ©ocentrique)
  • Montrant qu’on peut penser aux sciences Ă  travers l’imagination, sans remettant en cause la foi

Il utilise la crĂ©ativitĂ© pour parler du monde Ă  travers la littĂ©rature, tout en se protĂ©geant. đŸ”„

Tu vois maintenant pourquoi Entretiens sur la pluralitĂ© des mondes fait maintenant partie du bac de Français ! C’est un texte pionnier qui a aidĂ© Ă  dĂ©mocratiser la pensĂ©e scientifique, et qui fait encore rĂ©flĂ©chir les lecteurs d’aujourd’hui. 😉

On espĂšre que cette fiche de lecteur t’a aidĂ© Ă  tout comprendre !  

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Emilie S.
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Hello, moi c’est Emilie! Je suis rĂ©dactrice stagiaire chez les Sherpas. J’adore la lecture, la cuisine, et la voile. J’espĂšre t’aider Ă  comprendre diffĂ©rents sujets avec mes articles ! 😊

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