🧠 À retenir :
- L’IA générative s’est imposée chez les étudiants : elle sert à gagner du temps, comprendre un cours, réviser ou produire un contenu.
- La frontière est mince entre aide et substitution
- Le vrai enjeu : apprendre à l’utiliser avec méthode pour ne pas perdre en autonomie, esprit critique et créativité.
Depuis quelques années, l’Intelligence Artificielle ou “IA”, s’est probablement installée dans ton quotidien. Dès le collège, certains y ont recours pour gagner du temps, éviter la page blanche ou avancer plus vite sur un devoir.
Mais cette facilité pose une question : à partir de quand l’assistance devient-elle une substitution ? On décrypte tout cela dans cet article. 👇
Pourquoi les jeunes ont-ils adopté l’IA dans leur quotidien ? 👀
En quelques années, les IA génératives se sont installées dans nos habitudes. Pour beaucoup d’étudiants, et peut-être comme c’est le cas pour toi, ces outils sont devenus un raccourci pratique. Mais qu’est-ce qui explique cette adoption massive ? Pourquoi l’utilise-t-on autant ?
🤖 Qu’est-ce que l’IA ?
L’IA est l’abréviation d’intelligence artificielle. C’est un ensemble de programmes informatiques capables d’imiter certaines fonctions de l’intelligence humaine comme apprendre, raisonner, résoudre des problèmes ou prendre des décisions. Contrairement à un logiciel classique où tout est écrit règle par règle, beaucoup de systèmes d’IA apprennent à partir de grandes quantités de données.
Les usages dominants de l’IA
L’IA générative est utilisée massivement pour 5 types de tâche :
- La rédaction de texte ;
- La recherche d’idées ;
- La création de contenu ;
- L’aide aux devoirs ;
- La programmation.
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Le 30 novembre 2022, OpenAI met à disposition ChatGPT, un chatbot (un robot conversationnel) capable de dialoguer naturellement et d’assister les utilisateurs sur une grande variété de tâches. Par exemple, expliquer un concept, proposer un plan, résumer un texte ou encore t’aider à réviser.
Les chiffres confirment que ces outils sont devenus davantage un réflexe qu’un simple outil, surtout chez toi qui fait partie de la génération Z. Eh oui, 85 % des 18–24 ans déclarent utiliser aujourd’hui les IA génératives au quotidien. Autrement dit, pour cette tranche d’âge, l’IA n’est plus un “gadget” mais un outil d’usage courant.

L’IA comme “assistant” pour les tâches chronophages
Pour beaucoup d’étudiants, l’IA sert d’abord à aller plus vite sur des tâches répétitives, comme rédiger un mail, reformuler le passage d’un texte, structurer une demande ou clarifier une consigne.
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D’après le rapport sur le numérique de Crédoc, 21 % des utilisateurs l’emploient parce qu’ils obtiennent rapidement ce qu’ils cherchent et 20 % pour gagner du temps et en productivité.
Afin de mieux comprendre l’usage de l’IA dans le quotidien des étudiants. Nous avons interviewé une étudiante en Ressources Humaines, Nohémie, âgée de 22 ans. Celle-ci trouve en l’IA une manière d’aller plus vite dans ses tâches administratives.
Sur mon master, on doit demander des lettres de recommandation. Pour écrire à ma professeure, j’ai demandé à ChatGPT de rédiger le mail. Ainsi je gagne du temps sur la rédaction.
Nohémie
Étudiante
L’aide aux devoirs
L’utilisation de l’IA pour l’aide aux devoirs est citée dans l’étude de Crédoc sur le numérique par 44 % des utilisateurs d’une IA générative. Chez les plus jeunes, son emploi explose, c’est 68 % des 12–17 ans et 73 % des 18–24 ans qui déclarent y avoir recours. Comme tu peux le voir à travers ton utilisation de ces logiciels ou à travers la manière dont ton entourage s’en sert, les usages sont très variés.
Par exemple, pour mieux comprendre une notion, tu peux demander à certaines IA “Comment calculer une médiane ?”. Voire même pour clarifier ta compréhension d’une œuvre en lui demandant“. Quel est le résumé d’Hamlet” ?
L’IA peut aussi devenir une aide pour réviser certaines matières.
Moi, ce que je fais, c’est que je fiche mon cours toute seule et ensuite j’envoie ma fiche à ChatGPT et je lui demande de me poser des questions pertinentes sur le cours.
Nohémie
Étudiante
Pour certains étudiants, générer des quiz grâce à l’IA ou encore demander une série d’exercices progressifs est un moyen de réviser plus intelligemment.
Par exemple, lors de la rédaction d’une dissertation en HGGSP, beaucoup d’étudiants demandent à l’IA de corriger leur plan ou de les aider dans la réflexion d’une question problématisée.
Toutefois, il est essentiel de garder à l’esprit que ce soutien apporté par l’IA possède certaines limites. L’IA peut se tromper. Quand elle commence à écrire, à décider et à structurer à ta place, la frontière entre l’aide et la substitution peut devenir floue.
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Quels sont les coûts invisibles d’une surutilisation de l’IA ? 🤔
La zone grise : du soutien à la délégation
Là où l’IA devient problématique, c’est quand tu ne l’utilises plus seulement pour comprendre ou t’entraîner, mais pour produire à ta place un plan, une rédaction, une argumentation, voire un devoir complet.
Le risque est que tu perdes en crédibilité auprès de ton professeur ou de ton entreprise. L’IA n’est pas fiable à 100%. Un chatbot peut te proposer des informations inexactes, des chiffres erronés ou des réponses qui ne sont pas à jour. Tu risques alors de rendre un travail très peu convaincant.
Ensuite, le vrai piège n’est pas que tu consultes simplement l’IA, mais plutôt que tu copies sans comprendre et sans reformuler avec tes propres mots. À force d’utiliser ces outils de manière automatique, sans réfléchir, tu t’habitues à obtenir un résultat immédiat. Par conséquent, tu t’entraînes moins à construire un raisonnement par toi-même.
Lorsque nous avons interrogée Nohémie, elle nous a avoué avoir totalement rédigé son Grand oral avec l’IA. Cela retire l’effort d’analyse qui est pourtant l’une des compétences clés recherchées dans l’évaluation du Grand oral.
Coûts cognitifs
Cette délégation répétée peut entraîner des coûts cognitifs. C’est-à-dire un affaiblissement progressif de compétences qu’on mobilisait auparavant. C’est particulièrement visible dans les tâches créatives.
Par exemple, si un étudiant en communication passe immédiatement par un de ces outils pour trouver le concept d’une campagne, il explore moins et teste moins.
L’IA peut t’aider à ouvrir des pistes de réflexion, mais elle a aussi tendance à standardiser les idées et donc, peut te faire perdre en originalité.
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Dans certains cas, l’outil finit par jouer le rôle de ton “deuxième cerveau”. C’est ce que résume la neuropsychologue Sylvie Chokron : “Au fur et à mesure qu’ils vont utiliser l’IA, ils vont devenir de moins en moins capables d’utiliser leur propre capacité cognitive pour résoudre leur problème, y compris leur problème simple.”
Coûts académiques
Un coût académique, c’est tout ce que l’usage de l’IA peut provoquer dans le cadre scolaire : règles d’intégrité, modalités d’évaluation, sanctions possibles, mais aussi inégalités entre étudiants.
De plus en plus d’établissements utilisent des logiciels de détection de contenus IA. Dans certaines écoles, des consignes précises fixent même un seuil de contenu jugé non conforme, ce qui peut exposer à un refus de rendu ou à des sanctions.
À l’école SUP’ DE COM, lors des rendus de dossiers, il est formellement interdit de dépasser 7% de contenu IA.
Il est important de souligner que tous les étudiants n’ont pas accès aux mêmes conditions d’usage. La version gratuite de ChatGPT offre un accès limité. À l’inverse, l’abonnement payant donne notamment une priorité d’accès, des limites plus élevées, des réponses plus rapides et des fonctions supplémentaires. Néanmoins, seulement 5% de ces 800 000 millions d’utilisateurs payent ChatGPT.
Les coûts écologiques de l’IA

Derrière chaque réponse de l’IA, il y a des centres de données (ou data centers) qui consomment de l’électricité pour effectuer les calculs et de l’eau pour refroidir les serveurs. À l’échelle mondiale, certaines estimations avancent que l’IA pourrait bientôt utiliser jusqu’à six fois la consommation annuelle d’eau du Danemark.
Du côté de l’électricité, une requête sur ChatGPT consomme environ 10 fois plus d’énergie qu’une recherche Google.
Une relation qui dépasse le scolaire
L’IA n’est plus seulement un ensemble de logiciels de productivité. Pour une partie des utilisateurs, elle devient aussi un espace de conversation. Eh oui, certains lui racontent leur journée, lui demandent un avis sur une situation ou cherchent même parfois du réconfort auprès d’elle.
41 % des utilisateurs des IA génératives disent discuter et interagir avec l’outil et ce chiffre monte à 59 % chez les 18–24 ans.
Cette dimension conversationnelle peut expliquer pourquoi l’usage devient si fréquent. Chez les 18–25 ans, 42 % déclarent utiliser une IA au moins une fois par jour.
ChatGPT, c’est mon ami, je lui raconte ma vie, mes problèmes, tout.
Nohémie
Étudiante
Le risque ici, ce n’est pas le simple fait de parler à l’outil, mais plutôt la place qu’il prend dans le quotidien des personnes qui y ont recours. Plus l’IA devient un interlocuteur facile et disponible, plus elle peut renforcer ton usage automatique, y compris pour des décisions ou des difficultés qui relèvent normalement d’un entourage, d’un professeur ou d’un professionnel comme un psychologue.
Rappel
Le dispositif “Mon soutien psy” est un accompagnement public qui permet de bénéficier de 12 séances chez un psychologue partenaire de l’Assurance Maladie. Ne l’oublie pas, un chatbot ne remplace pas l’écoute, le diagnostic et l’accompagnement d’un professionnel.
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Comment utiliser l’IA sans en devenir dépendant ? 🧐
Le vrai enjeu n’est plus de savoir s’il faut que tu l’utilises ou non, mais plutôt comment tu peux l’utiliser afin qu’elle reste un outil d’apprentissage et non un substitut.
L’IA ne remplacera jamais les études, un bon professeur ou la pensée critique.
Laetitia Schurtz
Head of Brand
La bonne approche, c’est d’utiliser un chatbot comme un tuteur et pas comme un remplaçant.
Par exemple :
- Demande des explications : “Explique-moi la méthode, étape par étape” plutôt que “Fais l’exercice.”
- Exige des sources et des contre-arguments : “Quelles limites ? Quelles objections ?” puis vérifie les faits.
- Entraîne-toi activement : fais générer des quiz, des exercices progressifs, des questions de révision.
- Garde une étape “sans IA” : plan, démonstration, rédaction finale pour t’entraîner à l’autonomie et au raisonnement.
- Apprends à prompter : plus la consigne est précise, plus la réponse est utile (et plus facile à vérifier).
Aujourd’hui, le danger, c’est que tu utilises l’IA sans méthode, avec des prompts vagues. Cela peut te rendre complètement dépendant du résultat que certaines IA te fournissent.
🦿Qu’est-ce qu’un prompt
Un prompt c’est une liste d’instructions envoyée à un chatbot pour obtenir un résultat (texte, image, vidéo, idées…). Un bon prompt précise le contexte, l’objectif, le niveau attendu et les contraintes.
Le rôle des établissements
Face à la généralisation de l’IA générative, certains établissements commencent à poser un cadre strict.
Sciences Po a mis en place en 2025 une doctrine sur l’intelligence artificielle avec l’objectif de former les étudiants à des usages éthiques et responsables, tout en les aidant à exploiter l’outil pour renforcer leurs compétences.
L’enjeu est bien pour nos étudiants d’utiliser l’IA comme un levier permettant de déployer les compétences acquises à Sciences Po, plutôt que comme un substitut à leur capacité de jugement et de création.
Sciences Po
Dans le même esprit, d’autres écoles comme SUP’ DE COM intègrent progressivement des contenus plus pratiques. Par exemple, des cours pour apprendre à formuler des prompts de manière plus précise afin de mieux comprendre les limites de l’outil, vérifier les réponses et garder la main sur l’analyse.
Conclusion
Oui, l’IA est en train de devenir un incontournable pour une grande majorité des étudiants. Elle te fait gagner du temps, elle t’aide à comprendre, à réviser et à structurer un raisonnement. Mais ce n’est pas parce qu’elle est utile qu’elle estinfaillible. Le risque apparaît quand l’outil glisse de l’assistance à la substitution.
L’IA peut être un accélérateur d’apprentissage si tu t’en sers comme d’une aide partielle. Les établissements commencent d’ailleurs à l’encadrer et à te former à son usage. C’est le signe que la question n’est plus : faut-il l’utiliser ? Mais plutôt : comment l’utiliser sans perdre en autonomie ?
⁉️ FAQ
L’IA peut-elle me remplacer ?
Pas vraiment toi mais certaines tâches oui. Tu restes irremplaçable pour comprendre, choisir, argumenter, vérifier et produire un raisonnement personnel et unique.
Comment utiliser intelligemment l’IA ?
Utilise là comme une aide et non comme quelqu’un qui fait tout à ta place. Sinon tu es dépendant de cet outil.
Pourquoi je perds en autonomie en utilisant l’IA ?
Parce que si l’IA fait systématiquement tout à ta place, tu t’entraînes moins. Or l’autonomie se construit par répétition : résoudre, se tromper, corriger, recommencer.
Dans notre société actuelle est-il possible de se passer de l’IA ?
Oui, c’est possible, mais la vraie question est plutôt : est-il possible de garder la main tout en l’utilisant ? Et la réponse est oui, avec une méthode et des règles claires.
Comment Les Sherpas peuvent m’aider à moins utiliser l’IA ?
En te redonnant une méthode et des automatisme pour que l’IA redevienne un support ponctuel plutôt qu’un réflexe. Tu peux notamment t’aider du blog des Sherpas qui regorge de contenus de cours sur différentes matières scolaires.
Les Sherpas sont-ils une bonne alternative face à l’utilisation de l’IA ?
Oui, si ton objectif est de progresser. Un professeur chez Les Sherpas peut repérer tes erreurs de raisonnement, adapter l’explication, te faire reformuler, te challenger.
Pourquoi je prendrai un cours particulier chez Les Sherpas quand je peux demander à l’IA ?
Parce que l’IA te donne une réponse, un professeur te fait apprendre : diagnostic de tes lacunes, stratégie de révision. Avec un professeur des Sherpas tu auras un retour ciblé et un entraînement progressif.
Les métiers créatifs disparaitronts avec l’essor de l’IA ?
Plutôt que “disparaître”, ils vont se transformer : l’IA accélère la production, mais la valeur se déplace vers l’idée, la direction artistique, le goût, le contexte, la singularité et la capacité à produire quelque chose de pertinent. Le débat est très actif chez les artistes et dans la création.
Pour approfondir, n’hésite pas à consulter notre article “L’IA va t-elle détruire nos emplois”.
Quelles sont les IA prédominantes en France ?
Selon le baromètre IFOP, ChatGPT est l’outil le plus utilisé (72% des utilisateurs d’IA générative), devant Gemini (20%) et Copilot (12%), avec l’arrivée d’acteurs comme Mistral (6%).
Comment savoir si je suis dépendant de l’IA ?
Si tu paniques ou bloques dès que tu ne peux pas utiliser l’IA, Tu l’utilises même quand tu pourrais le faire seul et mieux et tes profs te disent que ton travail sonne ChatGPT.