Aujourdâhui on te parle dâun thĂ©orĂšme fondamental en arithmĂ©tique : le thĂ©orĂšme de BĂ©zout ! De sa dĂ©finition Ă des exercices en passant par sa dĂ©monstration, on te dit tout ! Tu es prĂȘt ? Ă ta calculette et câest parti ! đ

Le thĂ©orĂšme de BĂ©zout, câest quoi ? đ
DĂ©finition đ
On compte en réalité deux théorÚmes !
đ ThĂ©orĂšme de lâidentitĂ© de Bachet-BĂ©zout : soit a et b, deux entiers relatifs, et d leur PGCD (plus grand commun diviseur). Il existe deux entiers relatifs u et v tels que ab+bv=d.
đĄ Rappel PGCD
Le plus grand commun diviseur entre deux nombres entiers (ou plus) est le nombre entier naturel qui divise simultanément tous ces nombres.
âȘïž Exemple : PGCD de 36 et 60
Les diviseurs de 36 sont 1, 2, 3, 4, 6, 9, 12
Les diviseurs de 60 sont 1, 2, 3, 4, 5, 6, 10, 12
Le plus grand commun diviseur est donc 12
Le PGCD de deux entiers a et b peut donc sâexprimer de la façon suivante : d=au+bv , avec u et v des entiers.
Dans le cas oĂč d=1, on obtient le thĂ©orĂšme de BĂ©zout !
đ ThĂ©orĂšme de BĂ©zout : deux entiers relatifs a et b sont premiers entre eux si, et seulement si, il existe des entiers relatifs u et v tels que au+bv=1.
đĄ Rappel nombres premiers
Un nombre premier est nombre entier naturel positif qui ne peut ĂȘtre divisible que par lui-mĂȘme ou par 1.
âȘïž Exemple : 13 est un nombre premier car il est divisible par uniquement 1 et 13.
Deux nombres sont premiers entre eux quand ils nâont pas de facteur commun autre que 1.
âȘïž Exemple : 7 et 17 sont premiers entre eux car 7=1×7 et 17=17×1. Leur seul facteur commun est 1.
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DĂ©monstration đ€
đĄ Rappel du thĂ©orĂšme de Bachet-BĂ©zout :
Soient et
, deux entiers relatifs non nul. Il existe un couple dâentiers relatifs
tel que
Soit lâensemble qui regroupe tous les entiers positifs qui sâĂ©crivent sous la forme :
, oĂč
et
sont deux entiers relatifs.
On cherche Ă dĂ©montrer que appartenant Ă
.
On suppose que et que
est strictement positif ou négatif, alors
contient
et
donc est une partie non vide de
et admet un plus petit élément,
.
Maintenant on cherche à démontrer que avec
appartenant Ă
.
Soit un couple dâentiers relatifs tel que
dont lâexistence est assurĂ©e car
appartient Ă
.
Si divise
et
alors
Si divise
, alors
Alors
đ PremiĂšre Ă©tape : on veut dĂ©montrer que d divise a et b.
On démontre cela en procédant par une division euclidienne.
Soient et
, le quotient et le reste de la division euclidienne de
par
, on a :
, oĂč
(comme câest le reste de la division euclidienne)
On raisonne par lâabsurde.
Comme ici on veut montrer que est le
, alors le reste doit ĂȘtre Ă©gal Ă 0
. On suppose donc que
On a donc :
appartient Ă
et est strictement infĂ©rieur Ă
, ce qui contredit la définition de
.
Donc
Donc divise
car le reste dans la division euclidienne est
De mĂȘme, divise
(on procĂšde de la mĂȘme maniĂšre)
Comme divise Ă la fois
et
, alors
đ DeuxiĂšme Ă©tape : On veut dĂ©montrer que PGCD(a,b) divise d
On sait que le divise
et
. Donc il divise également les multiples de
et
:
et
. Et il divise également la somme des multiples de
et
:
.
On rappelle que
divise
dâoĂč
Si divise
et
alors
Si divise
, alors
Alors
On en conclut quâil existe un couple dâentiers relatifs tel que

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Ă quoi ça sert ? đ€
Câest bien beau, mais Ă quoi ça sert concrĂštement ? Eh bien, il est trĂšs utile pour rĂ©soudre une Ă©quation diophantienne.
đ€ Une Ă©quation diophantienne, câest quoi ?
Une équation diophantienne est une équation polynomiale à une ou plusieurs inconnues avec des coefficients entiers dont les solutions sont cherchées parmi les nombres entiers, éventuellement rationnels.
âȘïž Exemple : 21x+16y=1
MĂ©thode : algorithme dâEuclide â
Lâalgorithme dâEuclide est une mĂ©thode permettant de trouver le PGCD de deux nombres.
Si et
sont deux entiers naturels avec par exemple
, si
est le reste de
et
, alors le PGCD de
et
vaut le PGCD de
et
.
En pratique, on fait des divisions euclidienne jusquâĂ ce que le reste est nul ()
âȘïž Exemple : calcul du PGCD de 561 et 357
561=357×1+204
357=204×1+153
204=153×1+51
153=51×3+0
PGCD(561;357)=51
Si on revient Ă notre thĂ©orĂšme de BĂ©zout, on utilise la mĂ©thode de lâalgorithme dâEuclide quand on te demande de prouver que deux nombres sont premiers entre eux. Donc il faudrait trouver un PGCD Ă©gal Ă 1.
âȘïž Exemple : prouve que 479 et 127 sont premiers entre eux
479=3×127+98
127=1×98+29
98=3×29+11
29=2×11+7
11=1×7+4
7=1×4+3
4=1×3+1
3=1×3+0
Le PGCD de 479 et 127 est bien 1. Ils sont donc premiers entre eux.
On en dĂ©duit selon le thĂ©orĂšme de BĂ©zout quâil existe deux entiers u et v tels que 479u+127v=1
Comment dĂ©terminer u et v ? On remonte lâalgorithme dâEuclide pour trouver des coefficients pour u et v.
1=4-1×3
1=4-1(7-1×4)
1=-1×7+2×4
1=-1×7+2(11-1×7)
1=2×11-3×7
1=2×11-3(29-2×11)
1=-3×29+8×11
1=-3×29+8(98-3×29)
1=8×98-27×29
1=8×98-27(127-1×98)
1=-27×127+35×98
1=-27×127+35(479-3×127)
1=35×479-132×127
u=35 et v=127

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Exercice âïž
Maintenant, câest Ă toi de jouer !
1. LâĂ©quation admet-elle une solution ?Â
2. LâĂ©quation admet-elle une solution ?
CorrigĂ© đŻ
- On vérifie si 21 et 3 sont premiers entre eux.
et
Le de
et
est donc
et non
. Ils ne sont pas premiers entre eux. On ne peut pas appliquer le thĂ©orĂšme de BĂ©zout et lâĂ©quation
nâadmet pas de solution.
- On vérifie si 13 et 7 sont premiers entre eux.
et
Le de
et
est donc
. Ils sont bien premiers entre eux. On peut appliquer le thĂ©orĂšme de BĂ©zout et lâĂ©quation
admet une solution.
On peut prendre par exemple et

VoilĂ , on arrive au bout de notre fiche de maths sur le thĂ©orĂšme de BĂ©zout ! On espĂšre quâelle tâa aidĂ© Ă mieux le comprendre et Ă lâappliquer. Si tu as tout de mĂȘme des difficultĂ©s, nâhĂ©site pas Ă prendre contact avec un de nos Sherpas pour des cours particuliers en maths.