En bref
- La piĂšce L’Avare de MoliĂšre prĂ©sente Harpagon, un pĂšre obsĂ©dĂ© par son argent. Il impose des mariages arrangĂ©s Ă ses enfants pour s’enrichir.
- Ses enfants dĂ©sobĂ©issent pour vivre leurs amours secrets. Le vol de la cassette d’or de leur pĂšre dĂ©clenche une sĂ©rie de quiproquos.
- Une rĂ©vĂ©lation finale permet les mariages d’amour. Harpagon, lui, ne se soucie que d’une chose : il retrouve son trĂ©sor.
- Cette comĂ©die utilise un humour exagĂ©rĂ© pour dĂ©noncer les dangers de l’avarice et la mauvaise influence de l’argent sur la famille.
LâAvare est une cĂ©lĂšbre comĂ©die Ă©crite par MoliĂšre en 1668. Cette piĂšce raconte lâhistoire dâHarpagon, un homme obsĂ©dĂ© par son argent au point dâen oublier lâamour, la famille et mĂȘme le bonheur. Ă travers ce personnage ridicule et avare, MoliĂšre critique les excĂšs de la cupiditĂ© et se moque des travers humains. Comme dans beaucoup de ses Ćuvres, il fait rire le public tout en le faisant rĂ©flĂ©chir. LâAvare reste aujourdâhui une piĂšce trĂšs connue et souvent jouĂ©e, car ses thĂšmes, lâargent, la famille et le pouvoir du rire, parlent encore Ă tout le monde. đ
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PrĂ©sentation de l’Ćuvre
Fiche d’identitĂ© đ
| Auteur | MoliĂšre |
| Date | 1668 |
| Genre | Comédie |
| Composition | 5 actes, en prose |
| Inspiration | La Marmite de Plaute |
Qui sont les personnages de l’Avare de MoliĂšre ? đšâđ©âđŠâđŠ
Les personnages principaux
đ Harpagon : lâavare Ă©ponyme de la piĂšce, pĂšre de ClĂ©ante et Ălise. Il aime Mariane.
đ ClĂ©ante : le fils d’Harpagon et l’amant de Mariane.
đ Ălise : la fille d’Harpagon et l’amante de ValĂšre
đ Anselme : le pĂšre de ValĂšre et de Mariane
đ Mariane : l’amante de ClĂ©ante. Harpagon est son prĂ©tendant.
đ ValĂšre : l’amant d’Ălise. Il travaille pour Harpagon.

Les personnages secondaires
đ La FlĂšche : le valet de ClĂ©ante
đ Frosine : une intrigante (en gros, une experte en manipulation)
đ MaĂźtre Simon : un courtier (il s’occupe des transactions financiĂšres)
đ MaĂźtre Jacques : le cuisinier et cocher
đ Dame Claude : la servante
đ Brindavoine et la Merluche : les laquais
đ Le commissaire de police et son clerc
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L’Avare rĂ©sumĂ© acte par acte
L’Avare de MoliĂšre rĂ©sumĂ© : acte I
đ ValĂšre et Ălise se dĂ©clarent leur flamme. Pour se rapprocher d’elle, il s’est fait embaucher par Harpagon comme intendant, en se gardant bien de lui dire qu’il frĂ©quente sa fille. Dans la scĂšne suivante, c’est au tour de ClĂ©ante de faire une grande dĂ©claration Ă Mariane. ProblĂšme : celle-ci est loin de rouler sur l’or, alors que la famille de ClĂ©ante est riche. Il donnerait volontiers de l’argent Ă son amante, mais son pĂšre est trĂšs radin.
đ Pendant ce temps, Harpagon botte hors de chez lui La FlĂšche, le valet, suite Ă un de ses nombreux accĂšs de paranoĂŻa : il a cru que celui-ci voulait lui voler une cassette enterrĂ©e dans son jardin, qui contient son trĂ©sor de 10 000 Ă©cus.
Il annonce ensuite Ă ses deux enfants qu’il leur a trouvĂ© mari et femme : une veuve ĂągĂ©e pour ClĂ©ante, et pour Ălise⊠le vieil Anselme, un ami d’Harpagon (qui est aussi le papa de ValĂšre, mais ça, ils ne le savent pas encore). Harpagon, quant Ă lui, se rĂ©serve Mariane, qui doit avoir la moitiĂ© de son Ăąge. Ses enfants sont lĂ©gitimement horrifiĂ©s. ValĂšre essaie de le faire changer d’avis, mais il doit faire attention Ă ne pas se faire prendre la main dans le sac.
L’Avare de MoliĂšre rĂ©sumĂ© : acte II
đ Comme ClĂ©ante ne peut pas demander un seul sou Ă son avare de gĂ©niteur, il dĂ©cide d’emprunter une somme importante auprĂšs d’un prĂȘteur ; mais celui-ci se rĂ©vĂšle ĂȘtre un arnaqueur. C’est encore pire quand ClĂ©ante dĂ©couvre que ce prĂȘteur escroc n’est autre que son pĂšre (qui dĂ©couvre en mĂȘme temps que son fils est l’emprunteur), ce qui entraĂźne une grosse dispute entre les deux.
đ L’intrigante Frosine cherche Ă rapprocher Mariane et Harpagon pour faciliter leur mariage : elle raconte au vieillard que Mariane est trĂšs branchĂ©e hommes mĂ»rs. Le seul souci est que sa future femme ne pourra pas apporter de dot, car elle est trop pauvre. Frosine argumente qu’au moins, elle ne sera pas dĂ©pensiĂšre. Si l’intrigante fait autant d’efforts pour les caser tous les deux, c’est qu’elle pense qu’Harpagon va la payer pour ses manigances, mais elle se trompe.
L’Avare de MoliĂšre rĂ©sumĂ© : acte III
đ Pour fĂȘter sa future union avec Mariane, Harpagon veut l’inviter Ă dĂźner. Ăvidemment, en bon avare qui se respecte, il demande Ă ses domestiques de ne pas trop gaspiller d’argent sur le repas. ValĂšre, pour se faire bien voir, approuve, ce qui ne plaĂźt pas au cuisinier MaĂźtre Jacques. Harpagon rĂ©plique cette phrase cĂ©lĂšbre :
Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger.
Harpagon
Acte III, scĂšne 5
Maßtre Jacques reçoit des coups de bùton pour son comportement, ce qui va le motiver à se venger.
đ C’est Frosine qui amĂšne Mariane Ă dĂźner : comme elle a bien jouĂ© les entremetteuses, la mariĂ©e ne sait pas du tout Ă quoi ressemble son futur mari, et espĂšre que ce sera ClĂ©ante. Lorsque son fiancĂ© ni jeune ni beau arrive, elle est lĂ©gitimement déçue.
Arrivent ensuite Ălise puis ClĂ©ante. Il courtise discrĂštement Mariane en faisant semblant de parler au nom de son pĂšre, et va mĂȘme jusqu’Ă lui offrir la bague en diamant de ce dernier. Harpagon, qui n’a pas trop compris ce qui s’est passĂ©, est furieux de perdre de cette façon un prĂ©cieux bien.

L’Avare de MoliĂšre rĂ©sumĂ© : acte IV
đ Frosine, qui ne perd pas le nord, dĂ©cide d’aider ClĂ©ante et Mariane Ă faire Ă©chouer ce mariage en casant Harpagon avec une vieille dame. Dans le jardin, celui-ci surprend son fils en train de faire un baisemain Ă Mariane, et dĂ©couvre donc la vĂ©ritĂ©. Il le manipule pour lui faire avouer ses sentiments pour elle, ce qui crĂ©e une nouvelle dispute entre eux.
đ MaĂźtre Jacques, qui assiste Ă tout cela, raconte Ă chacun des deux hommes que l’autre a renoncĂ© Ă Mariane, ce qui amorce une rĂ©conciliation. Malheureusement, son stratagĂšme est dĂ©couvert et provoque une nouvelle dispute entre le pĂšre et le fils. Celui-ci demande alors Ă La FlĂšche de voler la prĂ©cieuse cassette.
La FlĂšche vient dire Ă son maĂźtre qu’il a volĂ© le trĂ©sor. Lorsque l’Avare se rend compte du vol, il s’emporte au cours d’une tirade trĂšs connue.
HĂ©las ! mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami ! On m’a privĂ© de toi ; et puisque tu m’es enlevĂ©, j’ai perdu mon support, ma consolation, ma joie ; tout est fini pour moi, et je n’ai plus que faire au monde ! Sans toi, il m’est impossible de vivre.
Harpagon
Acte IV, scĂšne 7
đĄ Le savais-tu ?
Cette tirade te fait penser qu’Harpagon exagĂšre beaucoup ? Normal, elle repose sur une figure de style, l’hyperbole, qui consiste Ă exagĂ©rer une idĂ©e. Dans ce cas prĂ©cis, le but est de faire rire le public.
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L’Avare de MoliĂšre rĂ©sumĂ© : acte V
đ Harpagon demande au commissaire de police d’enquĂȘter sur le vol, et veut simplement placer tout Paris en interrogatoire. Le commissaire commence par interroger MaĂźtre Jacques : celui-ci y voit une occasion de se venger de ValĂšre et en profite pour l’accuser.
Harpagon force donc son intendant Ă s’expliquer, sauf que ce dernier n’a pas bien compris et croit qu’on lui demande d’avouer sa relation avec Ălise, ce qu’il finit par faire. Ăvidemment, ça ne donne qu’une raison de plus Ă l’Avare d’ĂȘtre furieux : il veut tuer ValĂšre et faire enfermer Ălise.
đ C’est alors que dĂ©barque le vieil Anselme, Ă qui Harpagon avait prĂ©vu de donner la main de sa fille. Il reconnaĂźt ValĂšre et Mariane, ses deux enfants qu’il avait cru morts dans un naufrage il y a des annĂ©es. Eux-mĂȘmes n’Ă©taient pas au courant qu’ils Ă©taient frĂšre et sĆur. Tout contents de s’ĂȘtre retrouvĂ©s, ils dĂ©cident d’obliger Harpagon Ă accepter les deux mariages d’amour, s’il veut espĂ©rer revoir son argent.
C’est finalement Anselme qui paie les deux mariages. Harpagon n’aura rien eu Ă dĂ©penser : il rĂ©cupĂšre ses sous, les couples peuvent se marier, et tout le monde est content đ
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L’Avare de MoliĂšre analyse
Un modĂšle de comĂ©die⊠đ
On ne peut pas faire une analyse de L’Avare de MoliĂšre sans parler au moins une fois de son aspect comique. Cette piĂšce est un modĂšle du genre, puisqu’elle adopte et manie tous les types de comique Ă sa façon :
đ Le comique de caractĂšre : c’est le plus Ă©vident. Harpagon est radin, paranoĂŻaque, colĂ©rique et amoureux de sa cassette, au point qu’il en devient ridicule.
đ Le comique de langage : le texte est truffĂ© de gros mots, et on peut en observer une belle collection dans la fameuse scĂšne de l’acte I lorsque Harpagon renvoie La FlĂšche.
Allons, que l’on dĂ©tale de chez moi, maĂźtre jurĂ© filou, vrai gibier de potence.
Harpagon
Acte I, scĂšne 3
đ Le comique de geste : les actions sont aussi exagĂ©rĂ©es et rendues comiques : MaĂźtre Jacques se prend des coups de bĂąton, Harpagon fouille la FlĂšche de fond en comble et va jusqu’Ă lui demander de lui montrer ses « autres » mains (ce qui signifie en fait juste le dos de ses mains).
đ Le comique de situation : l’histoire est Ă©galement riche en quiproquos. Par exemple, Harpagon et son fils dĂ©couvrent en mĂȘme temps qu’ils se sont mutuellement cachĂ©s leur identitĂ© au moment de l’emprunt d’argent. Vers la fin, ValĂšre croit devoir avouer sa relation avec Ălise Ă Harpagon alors que celui-ci lui parlait du vol de son argent. En bref, on voit le vieil homme ĂȘtre plusieurs fois le dindon de la farce.
L’adaptation cinĂ©matographique đ„
On te conseille vraiment de regarder L’Avare de Jean Girault avec Louis de FunĂšs dans le rĂŽle principal. Une adaptation qui te fera pleurer de rire (et qui constitue une ouverture intĂ©ressante pour ta prochaine dissertation). âš
⊠qui pose un regard critique sur la société
đ Si MoliĂšre cherche Ă nous faire autant rire, c’est pour souligner en contrepoint les dĂ©fauts de sa sociĂ©tĂ©, Ă travers des personnages caricaturaux. Parce que oui, des avares comme Harpagon, ça devait forcĂ©ment exister au XVIIe siĂšcle. Comme d’habitude, les comĂ©dies de MoliĂšre sont lĂ pour les reprĂ©senter en un personnage symbolique.
En montrant Ă quel point l’avare est pitoyable, Ă tenir autant Ă son argent, MoliĂšre nous ĂŽte l’envie de lui ressembler. Il dĂ©nonce non seulement l’avarice (la radinerie), mais aussi l’Ă©goĂŻsme et la cupiditĂ©. RĂ©sultat : Harpagon retrouve bien sa cassette Ă la fin, mais il se retrouve surtout lui-mĂȘme, tout seul.
đ Comme dans la grande majoritĂ© des comĂ©dies, MoliĂšre nous donne une fin heureuse, sous le signe du triomphe de l’amour. Cette fin marque l’Ă©chec des mariages arrangĂ©s planifiĂ©s par le pĂšre, qui sont monnaie courante au XVIIe siĂšcle.
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L’argent, poison des relations đ°
đ L’Ćuvre ne critique pas seulement le dĂ©faut d’avarice, mais le principe de la mauvaise influence de l’argent lui-mĂȘme. C’est bien l’argent qui fait avancer le dĂ©roulement de l’intrigue :
- Harpagon ne trouve que des personnes ĂągĂ©es Ă marier Ă ses enfants juste parce qu’il ne veut pas payer de dot ;
- Cléante cherche à faire un emprunt pour aider son amante ;
- Tout ce que fait Frosine, qui fait avancer l’intrigue, est motivĂ© par le gain d’argent ;
- Harpagon cherche à économiser au maximum le coût de son dßner ;
- La perte de la cassette est une affaire d’Ătat.
Tu l’auras compris, la morale, c’est que l’argent mĂšne Ă tous les excĂšs, des mariages arrangĂ©s Ă la paranoĂŻa.
đĄ Ce genre de leçon de morale sur l’argent est un lieu commun. On peut le retrouver par exemple dans la fable « Le Savetier et le Financier » de Jean de La Fontaine, qui nous apprend que l’argent ne fait pas le bonheur.
Que penses-tu cette analyse de L’Avare de MoliĂšre ? Donne-nous ton avis en commentaire !
Zoom sur l’auteur đ
| Vrai nom | Jean-Baptiste Poquelin |
| Dates | 1622-1673 |
| Métier | Dramaturge et comédien |
| Courant littéraire | Classicisme |
| Genre de prédilection | Comédie |
| Ćuvres majeures | PiĂšces en prose : L'Avare, Dom Juan, Les Fourberies de Scapin⊠PiĂšces en vers : Le Tartuffe, Le Misanthrope , |
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Et voilĂ pour cette analyse de L’Avare de MoliĂšre ! On espĂšre que t’auras aimĂ© notre rĂ©sumĂ© de L’Avare et nos pistes d’analyse, et on te donne rendez-vous trĂšs bientĂŽt pour un nouvel article đ
Les questions fréquentes
Harpagon, c’est qui exactement dans la piĂšce ?
Harpagon est le pĂšre de ClĂ©ante et Ălise et le fameux avare de la piĂšce. Son amour excessif pour sa cassette de 10 000 Ă©cus crĂ©e tous les conflits. Il prĂ©fĂšre son argent Ă sa famille et s’oppose Ă leurs mariages d’amour.
Pourquoi dit-on que L’Avare est une comĂ©die ?
MoliĂšre utilise diffĂ©rents types de comique pour provoquer le rire. Le caractĂšre ridicule d’Harpagon, les quiproquos comme le malentendu avec ValĂšre, et les insultes crĂ©ent des situations drĂŽles. La piĂšce critique les dĂ©fauts de la sociĂ©tĂ© par l’humour.
Comment l’histoire se termine pour Harpagon et ses enfants ?
La fin est heureuse pour les jeunes amoureux. ValĂšre et Mariane retrouvent leur pĂšre, Anselme. Ce dernier finance les deux mariages, donc ClĂ©ante Ă©pouse Mariane et Ălise Ă©pouse ValĂšre. Harpagon rĂ©cupĂšre sa cassette mais reste seul.