Enseigner les mathématiques au lycée : entretien avec une prof 👩🏼‍🏫

Rédac des Sherpas - Mis à jour le 01/03/2018
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Entre deux cours, une correction de copies, un graphique tracé sur GeoGebra, un conseil de classe, le trajet de dentiste de sa fille et les courses de la semaine, Vanessa a pris, avec plaisir et humilité, le temps de m’accorder cet entretien. A 48 ans, elle enseigne les mathématiques au sein d’un lycée général de banlieue parisienne et raconte la réalité de son métier 🔎

Le témoignage d’une profession finalement mal connue, au cœur d’un système malmené dont elle pointe les nombreuses failles – mais envers lequel elle porte néanmoins un regard très bienveillant. Un ressenti qu’elle assure très personnel, même s’il semble faire écho à la voix de nombreux autres enseignants… 🚨

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Qu’est-ce qui vous a donné envie d’enseigner les maths ? Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le métier d’enseignante aujourd’hui ? 🧐

Le contact avec les jeunes, l’envie de transmettre, de communiquer quelque chose qui plaise.

Tout cela bien avant mon intérêt pour la discipline des mathématiques. Les élèves sont plus ou moins contents d’être là, mais tenter de les intéresser est un challenge qui me motive ! 💪

Être prof, c’est parfois beaucoup de frustrations, d’inertie, l’impression de (se) donner énormément, et finalement « tout ça pour ça ».

Et puis tout à coup, sur un visage, on distingue un éclair, un « j’ai compris ». On a alors l’impression d’ouvrir des portes, même des toutes petites, comme autant de petits maillons de réflexion 🎉

Ce qui m’intéresse dans ce métier, ça n’est pas tant d’enseigner Pythagore mais bien de faire apprendre des choses nouvelles, de faire adhérer le plus d’élèves et de permettre ce déclic de compréhension.

Je pense que c’est très personnel, mais ce que j’aime c’est me frotter aux ados et interagir avec les jeunes (quand ils veulent bien s’y mettre) : le côté éducatif avant les mathématiques pures.

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Qu’est-ce que vous aimez moins ? Y a-t-il certaines choses qui vous bloquent, qui vous frustrent ? Des « tâches » moins gratifiantes ? Des inconvénients inhérents à la profession ? 🥺

p>Tout d’abord, le métier a quelque chose de très répétitif : chaque année, tu redoubles ! Dès lors, ce qui reste stimulant c’est que les jeunes ne sont pas les mêmes : à défaut de progresser dans le contenu enseigné (c’est parfois pesant), on progresse dans la rencontre avec les élèves.

La correction des copies est également de moins en moins gratifiante. En vieillissant, je trouve cela de plus en plus pénible et rébarbatif. Je me rappelle être tout feu tout flamme à mes débuts en corrigeant mes copies, j’adorais voir qui avait compris quoi.

Aujourd’hui, je trouve qu’il est beaucoup plus intéressant de préparer un cours : le construire, faire des recherches, trouver la bonne entrée, s’intéresser à la façon avec laquelle un autre s’y serait pris. Mais bon… [rires] c’est sans doute un peu ma faute aussi : je m’oblige à faire beaucoup d’interrogations pour laisser à mes élèves le loisir de progresser jusqu’au bout 🚀

Ensuite, nous sommes pieds et poings liés aux programmes. C’est très frustrant, car on nous demande tout et son contraire : un programme figé, borné, ambitieux, combiné aux exigences de faire de la pédagogie différenciée, de la découverte sur ordinateur, des activités annexes… Comment gérer 36 élèves en étant tenaillé de la sorte ? 🤯

Enfin, nous sommes sur-sollicités par la gestion administrative au sein des établissements : écrire des rapports lorsqu’il y a un problème, remplir des dossiers, rendre des comptes, compléter un cahier de texte numérique (jamais consulté par les élèves, uniquement lu par les éventuels inspecteurs … Cela dépend du personnel encadrant de l’enseignement (CPE, surveillants, gestion interne des heures de retenue, de la discipline…).

Et puis viennent toutes les tâches annexes pour lesquelles on n’a pas été formés. Un prof est souvent contraint de s’improviser conseiller d’orientation ou psychologue. Cela peut être très intéressant mais nous n’en n’avons malheureusement pas les moyens 😔

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