Frankenstein de Mary Shelley : fiche de lecture

William Mievre - Mis à jour le 10/12/2025
le monstre de frankenstein

À retenir

  • Le roman Frankenstein raconte l’histoire de Victor, un scientifique qui crée une créature vivante, mais la rejette immédiatement à cause de son apparence.
  • La créature est intelligente et sensible, mais la société la rejette à cause de sa laideur. Cette solitude la pousse à la vengeance contre son créateur.
  • Une poursuite s’engage entre Victor et le monstre. Ce cycle de vengeance cause la mort de leurs proches et leur propre destruction.

Le classique de la littérature, Frankenstein, est un incontournable pour les amateurs de romans gothiques et d’horreur. Au cœur de cette œuvre se trouve le personnage du savant fou qui défie les conventions et pose des questions éthiques essentielles. Ce chef-d’œuvre littéraire fait surgir les questionnements les plus profonds de notre être. 🧟‍♂️

La créature attachée
Fiche d’identité
TitreFrankenstein ou le Prométhée moderne
Date de publication1818
AuteurMary Shelley
GenreFiction gothique, Science-fiction, Horreur

💡 Pour info

Dans son interview sur France Culture, Johan Heliot, écrivain et romancier, décrit le roman de Mary Shelley comme une croisée de plusieurs genres. Il s’agit d’un roman gothique, car tu vois bien qu’il suscite la peur et l’horreur, mais c’est aussi un roman à la fois fantastique et de science-fiction. C’est normal, il y a du scientifique et du fictif, mais ce n’est pas tout : le monstre de Frankenstein est considéré comme l’archétype du personnage romantique.

Le roman est né à la suite d’un défi lancé par un ami de Mary Shelley alors qu’ils sont en vacances en Suisse. Le défi consiste à écrire un récit effrayant ou d’épouvante. L’auteure réussit à écrire son chef-d’œuvre Frankenstein, Le Prométhée moderne. Elle s’inspire du mythe de Prométhée de la mythologie grecque, l’un des Titans qui a créé les Hommes.

Un classique indétrônable

Frankenstein est l’une des meilleures œuvres du XIXe siècle, et ce n’est pas pour rien. Si tu lis cet ouvrage, tu seras absorbé par l’histoire de Victor Frankenstein, un chimiste pris par son arrogance et son ambition démesurée. Le monstre qu’il crée se retrouve avec un corps fait de cadavres, rejeté par tous ceux qu’il croise. Son créateur, lui-même, ne veut pas de lui.

Maudit soit le jour où j’ai reçu la vie ! ai-je hurlé. Maudit soit mon créateur ! Même TOI, qui m’a fait, je te dégoûte ! Dieu a créé l’homme à son image, mais moi, je suis la forme corrompue de la tienne, plus horrible même !

✍️ Qui était Mary Shelley ?

Mary Wollstonecraft Godwin est née le 30 août 1797 à Londres. As-tu reconnu ses deux noms ? Si oui, bien joué ! Si non, on t’explique tout ! Wollstonecraft est bien le nom de sa maman, aussi appelée Mary, l’auteure de Défense des droits de la femme, un traité féministe encourageant les femmes à penser et à agir par elles-mêmes.

 

Son père est bel et bien William Godwin, membre d’un cercle de penseurs radicaux en Angleterre qui comptait dans ses rangs Thomas Paine et William Blake. Mary rencontre Percy Bysshe Shelley, un jeune poète. Ils se sont mariés, créant ainsi une union romantique, mais aussi littéraire !

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Dans le contexte de la Révolution scientifique

Dans Frankenstein, plusieurs personnages souffrent des avancées scientifiques. C’est pour cela que de nombreux critiques lisent le livre comme une réaction critique à la Révolution scientifique. Les siècles d’avant ont connu pas mal de découvertes et surtout d’hypothèses : 

✔️ L’argument de Copernic selon lequel le Soleil est situé au centre de l’univers,

✔️ les contributions de Galilée à l’astronomie et à la physique,

✔️ les découvertes d’Isaac Newton sur la gravité et les lois du mouvement.

Tout cela a entraîné des changements dans la manière dont les gens appréhendent la connaissance : plutôt que de se fier aux sources de l’autorité, ils préfèrent les tests, l’observation et les preuves pour juger la véracité de quelque chose. Ces changements ont entraîné une sorte de crainte quant aux limites à ne pas franchir. Shelley en fait le sujet principal de ce livre.

À lire aussi

Qui sont les personnages principaux de Frankenstein ?

Victor Frankenstein : le protagoniste et narrateur de la partie principale de l’histoire.

Le monstre : la création de Frankenstein, qui est d’une laideur affreuse. Intelligent, éloquent et sensible, il tente de s’intégrer dans la société humaine.

Robert Walton : le marin de l’Arctique dont les lettres ouvrent et ferment le livre.

Elizabeth Lavenza : une orpheline que les Frankenstein adoptent. 

Alphonse Frankenstein : père de Victor, très compréhensif à l’égard de son fils.

Henry Clerval : ami d’enfance de Victor, qui le soigne à Ingolstadt. Après avoir été retenu par son père dans les affaires familiales, Henry commence à suivre les traces de son ami en tant que scientifique.

Résumé par chapitres

Le roman commence par un avant-propos de quatre lettres écrites par Robert Walton, un explorateur et capitaine de navire. Elles sont destinées à sa sœur à qui il raconte sa mission dangereuse vers le Pôle Nord. Dans la quatrième lettre, il parle de sa rencontre avec un homme voyageant en traîneau tiré sur la glace et affaibli par le froid. Cet homme est Victor Frankenstein. 

La créature dans Frankenstein
La créature

Chapitres 1 à 4

Frankenstein raconte son histoire au capitaine. Il décrit sa vie à Genève, pleine de beaux souvenirs : une enfance heureuse accompagnée de sa cousine (sœur adoptive dans l’édition 1831), Elizabeth Lavenza, et son ami Henry Clerval. Il rejoint l’université d’Ingolstadt en Allemagne pour étudier la philosophie et la chimie. Il est habité par le désir de découvrir le secret de la vie et, après plusieurs années de recherche, il est convaincu de l’avoir trouvé !

Dans son appartement, loin de tous les regards, il décide de commencer la conception d’une créature animée. Il envisage la création d’une nouvelle race d’êtres merveilleux. Il se consacre entièrement à cette tâche et néglige tout le reste : famille, amis, études, vie sociale. Il devient de plus en plus pâle, solitaire et obsédé.

Chapitres 5 à 7

Après des mois de travail, Victor achève enfin sa création. Il est terrorisé par son apparence. Il se précipite dans la chambre pour tenter de dormir, mais il est tourmenté par des cauchemars. En se réveillant, il découvre une figure hideuse au-dessus de son lit avec un sourire grotesque. Le chimiste quitte précipitamment la maison. À son retour, la créature n’est plus là, il est soulagé !

Cela dit, il tombe malade et souffre d’une fièvre nerveuse qui dure plusieurs mois. Henry, son ami, le soigne. Une fois rétabli, il décide de retourner à Genève avec Henry. Tout se passe bien : ils font une promenade en campagne et profitent des beautés de la nature.

À leur retour, il trouve une lettre de son père lui annonçant l’assassinat de son frère, William. Victor est choqué, il repart à Genève et passe la soirée à se promener dans la forêt de la ville. Il n’est pas loin de l’endroit où le corps de son frère a été retrouvé quand il aperçoit la bête qu’il avait créée. C’est sûr : sa création est l’assassin de son frère !

Frankenstein qui hurle car il n'est pas content.
Le chimiste n’est pas content !

La souffrance efface jusqu’aux émotions les plus primitives de l’homme.

Chapitres 8 à 10

Victor apprend que Justine a été accusée du meurtre de William. Après la découverte du corps, on avait trouvé dans sa poche une photo de Caroline, sa mère, qui appartenait à William. Le scientifique clame l’innocence de Justine, mais les preuves contre elle semblent irréfutables. De peur qu’il soit considéré comme fou, il ne dit rien.

Justine avoue son crime, croyant ainsi être pardonnée, mais dit à Elizabeth et Victor qu’elle est innocente et malheureuse. Justine est exécutée, laissant le chimiste rongé par la culpabilité. Celui-ci décide d’aller au sommet du Montanvert, aux Alpes, afin d’oublier ses problèmes et profiter de la sérénité de la nature. 

Les malheureux peuvent se résigner, mais les coupables ne connaissent aucune paix. Les angoisses du remords empoisonnent la volupté que parfois l’on trouve en s’abandonnant à l’excès du chagrin.

L’homme de science croise sa créature une deuxième fois, il l’insulte et lui demande de partir. Elle lui parle avec éloquence et le persuade de l’accompagner dans une grotte de glace. C’est là qu’il commence à lui raconter son histoire.

Chapitres 11 à 12

La créature raconte à Victor sa découverte des sensations de lumière, d’obscurité, de faim, de soif et de froid. Elle lui parle de la terreur des gens qui le fuient et de sa décision de ne plus s’approcher d’eux. Elle découvre un abri pas loin de la maison d’un jeune homme, d’une jeune femme et d’un vieil homme. Ces personnes lui paraissent malheureuses, mais elle ne comprend pas pourquoi. 

La bête réalise enfin que leur malheur est dû à leur pauvreté : elle se sent coupable de leur avoir volé leur nourriture. Elle fait ce qu’elle peut pour les aider, en ramassant du bois la nuit pour le laisser à leur porte. C’est grâce à eux qu’elle apprend à parler leur langue, mais elle est rapidement déçue quand elle aperçoit la laideur de son reflet dans l’eau.

Le monstre de Frankenstein voit son reflet

Tout ce nouveau savoir m’inspirait des sentiments bizarres. L’humain pouvait-il être si puissant, si magnifique, et à la fois si mauvais, si vil ? Se montrer grand, noble, sensible, mais également plein d’abjection et de bassesse ?

Chapitres 13 à 18

La créature lit des grands classiques : Les souffrances du jeune Werther de Goethe, Le Paradis perdu de Milton et La Vie des hommes illustres de Plutarque. Elle arrive à lire un papier qu’elle avait trouvé dans la poche des affaires de son créateur, elle comprend que ce dernier ressent du dégoût envers elle. Par un dernier geste d’espoir, elle essaie de s’approcher de ses voisins qui, eux aussi, le rejettent. La créature est furieuse : c’est à ce moment-là qu’elle croise le frère de Victor et l’étrangle.

💡 Remarque

À partir de ce moment, on arrête de parler de « créature » mais plutôt du « monstre ».

Le monstre pense trouver un remède : l’amour. Il exige alors qu’on lui crée une compagne, une deuxième créature avec les mêmes défauts que les siens. Frankenstein se rend en Angleterre pour la création d’une femme-monstre.

Souviens-toi ! Je suis ta créature ; je devrais être ton Adam ; mais je suis bien plutôt l’ange déchu que tu chasses loin de la joie, bien qu’il n’ait pas fait le mal. Partout, je vois le bonheur, et j’en suis irrévocablement privé. J’étais bienveillant et bon ; la misère a fait de moi un démon. Rends-moi la joie, et je redeviendrai vertueux.

Chapitres 19 à 24

Victor a du mal à mener à bien son projet. Pire encore : le monstre le suit et devient son maître. De peur, le chimiste s’enfuit vers l’Irlande, mais il découvre le corps de son ami, Henry, sur le rivage. Il est accusé de meurtre et emprisonné. Heureusement pour lui, il est acquitté et il retourne à Genève, le moral à zéro. Quand tu penses que c’est fini, eh bien, les choses empirent. Les membres de sa famille disparaissent les uns après les autres.

Retour au navigateur Robert Walton : Victor est conduit vers un lieu éloigné lorsqu’il est à la recherche du monstre qui a tué toute sa famille. C’est comme ça qu’il rencontre Walton et son équipage. Le scientifique, très malade, finit par mourir. Quelques jours plus tard, le capitaine entend un bruit étrange provenant de la pièce où se trouve le corps du chimiste. Il découvre le monstre en pleurs sur le corps de son créateur.

Celui-ci commence à lui raconter toutes ses souffrances. Il dit qu’il regrette profondément d’être devenu un instrument du mal et que, son créateur étant mort, il est prêt à mourir. 

Oui, tu as souffert, mais pas autant que moi, car l’aiguillon du remords ne cessera d’exciter mes plaies que lorsque la mort les aura fermées pour toujours.

✍️ À noter

  • Elizabeth et Henry, tous deux très chers pour Victor, représentent des contrepoints au personnage de ce dernier. Ils sont entièrement positifs et seules leurs qualités sont mises en avant.

 

  • Le personnage du chimiste est contrasté avec celui de la bête. Cette dernière est appelée « monstre » alors qu’elle possède de bonnes qualités humaines. Par contre, le chimiste est égoïste et arrogant.

 

  • L’auteure questionne notre humanité en inversant les rôles entre créateur et création.

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Un style d’écriture particulier

Une multitude de récits

La manière dont Shelley a tissé son récit est assez particulière, c’est aussi pour cela que c’est un vrai bijou de la littérature. Elle a choisi d’utiliser une structure narrative particulièrement astucieuse, mêlant différents récits enchâssés et des lettres insérées. Cela donne au roman une profondeur et une dimension supplémentaires.

Tout commence avec les lettres de Robert Walton, qui te plongent dans l’histoire et créent une ambiance mystérieuse. Puis, le récit principal de Frankenstein lui-même prend le relais. On se retrouve complètement absorbé par les expériences et les tourments de ce savant égaré. Les changements de point de vue permettent de mieux comprendre ses motivations, ses doutes et ses regrets.

L’auteure donne ensuite la parole à la créature elle-même. Le monstre raconte son histoire. C’est un choix audacieux et poignant qui nous pousse à remettre en question nos propres préjugés et à réfléchir à la nature humaine. L’histoire revient à Frankenstein, qui livre les conséquences tragiques de ses actes. 

Et enfin, l’ouvrage se referme avec les dernières lettres de Walton, créant ainsi une boucle narrative parfaite. Tout est soigneusement orchestré.

Frankenstein couverture

En récap’ 🔄

PartieRécit
Lettres 1, 2, 3, 4récit épistolaire de Robert Walton
Chapitres 1 à 10récit de Frankenstein
Chapitres 11 à 16récit de la créature
Chapitres 17 à 24récit de Frankenstein
Suiterécit épistolaire de Walton

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Quels sont les thèmes de Frankenstein ?

La nature

La nature est tellement présente dans le roman de Shelley qu’on peut même la considérer comme un personnage à part entière ! Mais pourquoi la nature est-elle omniprésente ? Eh bien, c’est typiquement un élément du Romantisme (qui d’ailleurs connaît sa fin dans le XIXe siècle) qui accorde à la nature un rôle essentiel, presque sacré. Pour les artistes romantiques, la nature est un refuge, une source d’inspiration, mais aussi un miroir des émotions humaines. Le besoin de Victor de se rendre à la montagne pour se ressourcer, par exemple, est précisément ce qu’un artiste du Romantisme ferait.

La nature agit aussi comme un révélateur d’émotions. Shelley souligne souvent l’influence du climat et des saisons sur ses personnages. Le monstre, par exemple, endure la solitude glaciale de l’hiver mais retrouve, avec l’arrivée du printemps, une forme d’espoir et d’allègement du cœur. Vers la fin du roman, la nature devient une sorte de symbole. L’immensité du désert arctique reflète la lutte désespérée entre Victor et sa créature : un monde vaste, hostile, presque inhumain, qui met en lumière la tragédie de leur destin.

Solitude

À la lecture de ce roman, tu ressens la profonde solitude et l’aliénation du monstre, mais aussi de son créateur. Tu comprends que l’aliénation sociale est à la fois une punition et la cause première du mal-être du monstre. 

Mes protecteurs étaient partis et avaient rompu le seul lien qui me rattachait au monde. Pour la première fois, les sentiments de vengeance et de haine ont envahi mon cœur.

Pour le monstre, ces protecteurs avaient rompu les liens qui les unissaient, sans eux la créature n’avait pas la sensation d’appartenir au monde. Et son moyen de réponse a été le meurtre. Plus il faisait du mal, plus il était aliéné. Pour le scientifique aussi, l’aliénation l’amène à prendre de mauvaises décisions. Lorsque Frankenstein crée le monstre, il travaille seul, dans une « chambre solitaire, ou plutôt une cellule ». Cet isolement est déjà sa propre punition : son laboratoire ressemble à une « cellule ». 

Une inspiration divine

Frankenstein et le monstre se comparent tous les deux au personnage de Satan dans Le Paradis perdu, (Paradise Lost en anglais), un poème épique écrit par le poète anglais John Milton. L’aliénation de Dieu est à la fois le crime et la punition de Satan.

À la fin du roman, le créateur est mort et le monstre demeure totalement seul au monde. Le message que nous livre Mary Shelley est profondément percutant : le regard que les autres portent sur nous façonne l’image que nous avons de nous-mêmes. La créature commence à se détruire intérieurement en découvrant son reflet, puis le rejet de la société achève de la convaincre qu’elle est un monstre.. L’aliénation de la créature est totale : rejetée par Victor, puis par les humains, elle finit par intérioriser la haine dont elle est victime et développe une véritable haine de lui-même. Cette aliénation conduit à son autodestruction. Victor se tue à petit feu dans sa quête obsessive pour tuer la créature, tandis que celle-ci, accablée par sa propre existence, annonce son intention de mettre fin à ses jours. L’un et l’autre sont détruits par le même mécanisme : la solitude, le rejet et l’intériorisation de la haine.

À lire aussi

Famille

L’auteure présente la famille comme un élément essentiel de notre vie. Elle est idéalisée et parfaite, tandis que toute perte de lien avec la famille engendre des souffrances et des horreurs. Pour le chimiste, sa décision de créer le monstre est la cause principale de son isolement auprès de sa famille. 

Le monstre, lui aussi, attribue sa souffrance au fait qu’il n’a pas de famille : « je ne dépendais de personne et n’étais lié à personne.» Lorsqu’il tente de persuader son créateur de lui créer un compagnon, il affirme que c’est son manque d’affection qui l’a poussé à devenir un meurtrier. 

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Un récit philosophique ?

Dans cette œuvre particulière, on réalise que Mary Shelley n’a pas déserté les idées philosophiques de ses parents. Frankenstein est un livre qui représente une sorte d’héritage de la Révolution française et de ses principes de liberté. Les personnages, tels que Victor, assument leurs choix et sont libres de l’autorité paternelle. 

Locke et Rousseau

On retrouve d’abord les idées de John Locke, un philosophe anglais. Il nous apprend que toute connaissance dérive de l’expérience sensible : dans le cas du monstre, il arrive à apprendre le langage en imitant les autres jusqu’à ce qu’il parvienne à communiquer et à prendre conscience de lui-même.

Jean-Jacques Rousseau, un écrivain genevois, affirme que l’homme est bon par nature, mais corrompu par la société. Tu l’as compris, il s’agit ici de l’histoire du monstre qui est blessé au début, mais qui se venge par la suite quand tout le monde l’abandonne.

Les sentiments de bonté auxquels je m’étais abandonné quelques instants auparavant firent place à une fureur démonique et à des grincements de dents. Irrité par la douleur, je vouai à l’humanité une haine éternelle et vengeresse.

Adaptations au cinéma

Frankenstein (1931)
RéalisateurJames Whale
ActeurBoris Karloff

Ce film d’horreur classique ajoute des changements majeurs au roman. En particulier, le monstre n’est ni intelligent ni éloquent.

Frankenstein s'est échappé (1957)
RéalisateurTerence Fisher
ActeursChristopher Lee, Peter Cushing

Un film d’horreur plutôt qu’une adaptation du roman de Shelley. Frankenstein est un meurtrier, tandis que le monstre est violent et dangereux dès sa création.

Frankenstein (1992)
RéalisateurDavid Wickes
ActeurRandy Quaid

Parmi d’autres changements, le monstre est « cloné » à partir du chimiste. Tous les deux partagent un lien psychique.

Frankenstein (1994)
RéalisateurKenneth Branagh
ActeursKenneth Branagh, Robert DeNiro, Helena Bonham-Carter, Ian Holm

Bien que ce film soit probablement l’adaptation la plus fidèle au roman à ce jour, il présente des différences par rapport au roman : le scientifique crée un monstre féminin à partir des corps d’Elizabeth et de Justine.

Frankenstein (2007)
RéalisateurJed Mercurio
ActeursHelen McCrory, James Purefoy

Dans cette adaptation moderne, Dr Victoria Frankenstein clone son fils malade en phase terminale.

Frankenstein (2015)
RéalisateurBernard Rose
ActeurCarrie-Anne Moss

Cette adaptation a un cadre moderne, mais elle est fidèle à l’esprit du roman de Shelley. Les époux Victor et Elizabeth créent un jeune homme atteint de malformations génétiques et doté d’un esprit d’enfant.

Victor Frankenstein (2015)
RéalisateurPaul McGuigan
ActeursJames McAvoy, Daniel Radcliffe

Cette adaptation se concentre sur un personnage qui ne figure pas dans le roman de Shelley : Igor, l’assistant du chimiste.

Frankenstein (2025)
RéalisateurGuillermo del Toro
Acteurs Oscar Isaac, Jacob Elordi, Christoph Waltz

L’adaptation 2025 de Frankenstein, réalisée par Guillermo del Toro, est la plus récente. Présentée au festival de Venise avant une sortie sur Netflix en novembre 2025, elle a été globalement bien accueillie : beaucoup saluent sa dimension visuelle, l’interprétation et la sensibilité donnée à la créature, même si certains lui reprochent des effets numériques ou des libertés prises vis-à-vis du roman. L’œuvre reflète clairement la vision personnelle du réalisateur, mêlant hommage à l’original et signature artistique forte.

Voilà tout pour cette fiche de lecture sur Frankenstein, le classique de la littérature ! Ce roman est une expérience qui laisse une empreinte ineffaçable dans l’esprit du lecteur. Il continue à nous hanter et nous invite à repenser nos propres créations et à trouver l’équilibre entre ambition et responsabilité.

Et si tu veux approfondir tes compétences en analyse d’œuvre, n’hésite pas à contacter l’un de nos professeurs de français, nos Sherpas sont toujours ravis de pouvoir aider.

FAQ

L’histoire naît d’un défi entre amis en Suisse. Le but était d’écrire un récit effrayant. Mary Shelley s’inspire du mythe grec de Prométhée, le Titan créateur des Hommes, pour composer son roman publié en 1818.

Le roman inverse les rôles entre le créateur et sa créature. La créature est bonne au début, mais le rejet lui apprend la haine. Son créateur, Victor Frankenstein, agit avec égoïsme et arrogance, ce qui cause la destruction de sa famille.

Le livre est une réaction aux bouleversements liés à la Révolution scientifique (Copernic, Galilée, Newton, etc.).. Il explore les craintes liées aux avancées et aux limites éthiques. Victor Frankenstein incarne l’ambition démesurée du savant qui défie les lois de la nature.

Oui, il explore les idées de philosophes comme John Locke et Jean-Jacques Rousseau. L’apprentissage de la créature reflète la théorie de l’expérience de Locke. Son histoire illustre l’idée de Rousseau sur l’homme bon corrompu par la société.

C’est un concept qui renvoie à l’idée d’être dépossédé de ce qui constitue son être essentiel, sa raison d’être ou de vivre. L’aliénation se décline en plusieurs sens selon le domaine concerné, psychologie, philosophie ou sociologie, mais son point d’ancrage demeure le même : un état où l’individu se sent étranger à lui-même, déconnecté de ses émotions, de son identité ou de la réalité. C’est précisément ce que vit la créature tout au long du roman.

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William Mievre
Co-fondateur des Sherpas
Passé par une Prépa HEC puis l'ESCP, j'ai donné des centaines d'heures de cours particuliers avant de créer Les Sherpas avec Étienne. Passionné d'éducation, je te partage désormais mes meilleurs conseils afin de t'aider à réussir et t'épanouir dans tes études. Cheers ✌️💖 !

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