La mixitĂ© Ă lâĂ©cole en France, ça peut te paraĂźtre normal aujourdâhui, mais pendant longtemps lâĂ©cole a laissĂ© les filles de cĂŽtĂ©. Aujourdâhui encore, lâĂ©galitĂ© avec les hommes semble encore loin. Dans cette enquĂȘte, on te propose de faire le point sur le pourcentage de filles dans les filiĂšres scientifiques ! đ
Quelques chiffres đ
Au dĂ©but de son mandat Emmanuel Macron avait dĂ©clarĂ© faire de lâĂ©galitĂ© femme-homme, la grande cause de son quinquennat, ses principaux engagements Ă©taient notamment en faveur de la place des femmes dans les filiĂšres scientifiques. Cinq ans aprĂšs, si on regarde les chiffres du gouvernement, la paritĂ© se creuse dans les milieux scientifiques en France. Et ce, mĂȘme au-delĂ des bancs de lâĂ©cole, que ce soit dans le corps enseignant ou dans les entreprises.
- La part des femmes chez les Ă©tudiants de lâenseignement supĂ©rieur atteint les 56 %, mais elles restent toujours minoritaires dans bon nombre de filiĂšres scientifiques.
- DâaprĂšs les estimations, en 2019, 39% de la part des enseignants-chercheurs dans les filiĂšres scientifiques sont des femmes.
- Sur les dix derniĂšres annĂ©es, la part des femmes dans les filiĂšres dâingĂ©nieurs et technologiques a connu une augmentation de 2,3 points, mais le pourcentage dans ces domaines dĂ©passe difficilement les 30%.
- Dans le monde de lâentreprise, les femmes chercheuses reprĂ©sentent seulement 20% des effectifs.
Quel pourcentage de filles dans les filiĂšres scientifiques ? đ§Ș
Au lycĂ©e, les minoritĂ©s de genre persistent, notamment dans les enseignements de spĂ©cialitĂ© NumĂ©rique et Sciences de lâInformatique (NSI) et Science de lâIngĂ©nieur (SI) oĂč la part des filles ne constitue respectivement que 10 et 13% des inscrits au Bac contre une majoritĂ© de garçon.
Pour lâuniversitĂ© publique, dâaprĂšs les statistiques du gouvernement, 45,9% des Ă©tudiants en licence sont des femmes et 43,5% pour les Master. La paritĂ© chez les Ă©tudiants dans le supĂ©rieur se rapproche de lâĂ©galitĂ©, ce qui peut sembler prometteur, mais le dĂ©tail des effectifs dans lâenseignement scientifique est encore loin dâatteindre les mĂȘmes proportions.
Selon une enquĂȘte sur lâinsertion professionnelle des diplĂŽmĂ©s de lâuniversitĂ© menĂ©e par le MinistĂšre de lâEnseignement SupĂ©rieur, entre dĂ©cembre 2019 et avril 2020 : les femmes sont toujours minoritaires dans les formations scientifiques.
đ LâenquĂȘte souligne notamment que trois ans aprĂšs la fin de leur formation, le taux de chĂŽmage des femmes est plus Ă©levĂ© que celui des hommes pour le mĂȘme niveau de diplĂŽme.
En ce qui concerne les Ă©coles dâingĂ©nieurs et les CPGE (Classe PrĂ©paratoire aux Grandes Ăcoles), câest une tout autre histoire. Selon un rapport de lâInstitut des Politiques Publiques paru en janvier 2021, qui propose une analyse de lâorigine des Ă©tudiants de 234 Ă©coles entre 2006 et 2016 ; la part des filles dans ces filiĂšres reprĂ©sente 26% des effectifs, un chiffre qui nâa pas bougĂ© depuis prĂšs de 10 ans ! đ±
La mĂȘme annĂ©e, un sondage Ipsos rĂ©vĂšle que seulement 37% des filles candidates au baccalaurĂ©at envisage de sâorienter vers des filiĂšres scientifiques.
Avec tous ces chiffres en tĂȘte, il est lĂ©gitime de se demander quelle est la cause de cette faible paritĂ© dans les milieux scientifiques.
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Pourquoi les femmes sont-elles si peu nombreuses ? đ€
DâaprĂšs un rapport paru en 2017, lâUNESCO mets en Ă©vidence que le faible pourcentage de filles dans les filiĂšres scientifiques en France nâest pas le fruit du hasard ! Câest une consĂ©quence directe de notre environnement culturel. Les valeurs de notre sociĂ©tĂ© reprĂ©sentent un hĂ©ritage ou un patrimoine social qui regroupe nos comportements et nos croyances, deux facteurs qui influencent nos choix.
Les stĂ©rĂ©otypes ont la vie dure ! đ€Šââïž
La persistance des stĂ©rĂ©otypes est sans aucun doute la source du faible pourcentage de filles dans les filiĂšres scientifiques. NĂ©anmoins, Ă ce jour aucune Ă©tude nâa jamais affirmĂ© : « les filles ne sont pas faites pour les maths »
Pourtant, lâidĂ©e que les sciences sont un domaine pour les hommes rĂšgnent encore dans notre sociĂ©tĂ©. Selon le sondage Ipsos quâon Ă©voquait plus haut, seulement 33% des filles sont encouragĂ©es par leurs familles Ă se diriger vers les mĂ©tiers et les formations du numĂ©rique !
Dans son article « Pourquoi y a-t-il si peu de femmes en science ? » le chercheur Thomas Breda, explique :
La carence de femmes en sciences dures ne peut venir que de lâoffre : les filles choisissent dâelles-mĂȘmes moins souvent que les garçons les Ă©tudes et les mĂ©tiers scientifiques.
Thomas Breda
Professeur à PSE et chargé de recherche au CNRS
đ Dans cette Ă©tude, il dĂ©montre notamment que les diffĂ©rences de niveau en mathĂ©matiques entre filles et garçons au lycĂ©e ne sont pas capables de justifier le faible pourcentage de filles dans les filiĂšres scientifiques post-bac.
Disparition des filles : un symptĂŽme du sexisme đ
Alors comment expliquer la dĂ©sertion de filles dans lâenseignement numĂ©rique ? Data scientist, dĂ©veloppeur logiciel, ingĂ©nieur dĂ©veloppement, ingĂ©nieur dâaffaires et ingĂ©nieur systĂšme, ce ne sont pourtant pas les mĂ©tiers qui manquent ! En un mot : le sexisme.
La petite anecdote đĄ
Dans le monde de la Tech et du NumĂ©rique, on a vite oubliĂ© que le premier programme informatique a Ă©tĂ© inventĂ© par une femme. Et oui ! C’est la comtesse anglaise Ada Lovelace qui a Ă©crit le tout premier programme informatique en 1843.
DâaprĂšs une enquĂȘte menĂ©e par Social Builder, 53% des femmes en Ă©cole dâinformatiques ont dĂ©jĂ subi du sexisme. Le constat de lâenquĂȘte est sans Ă©quivoque :
7 femmes sur 10 ont dĂ©clarĂ© avoir dĂ©jĂ Ă©tĂ© la cible dâagissements sexistes pendant leur formation, sous la forme de remarques sexistes ou de blagues au sujet de leurs compĂ©tences, allant parfois mĂȘme jusquâau harcĂšlement sexiste, voire sexuel.
Selon Brigitte GrĂ©sy, SecrĂ©taire gĂ©nĂ©rale du Conseil SupĂ©rieur de lâĂgalitĂ© Professionnelle :
« Les stĂ©rĂ©otypes et le sexisme associĂ© font des ravages redoutables, quand on sait quâil y a vingt ans, certains mĂ©tiers de lâinformatique Ă©taient largement occupĂ©s par des femmes. La culture geek, les conditions de travail qui ne pensent pas la mixitĂ© et la prise en compte de la parentalitĂ© ont un effet repoussoir sur les filles et les femmes alors que ce secteur est un gisement dâemplois sans prĂ©cĂ©dent. »
On comprend tout de suite qu’il peut ĂȘtre difficile pour les filles de se projeter dans la filiĂšre scientifique avec une ambiance pareille⊠đ Dans dâune interview accordĂ©e au Figaro, une Ă©tudiante en informatique tĂ©moignait :
Quand je suis arrivĂ©e Ă Epitech pour la « piscine », je pensais que les autres filles Ă©taient dans dâautres groupes. TrĂšs vite, j’ai compris quâil nây en avait que trĂšs peu.
Dipty
Ătudiante Epitech
Le point Def’ đĄ
La “piscine” est un concours dâentrĂ©e pour certaines Ă©coles dâinformatique comme Epitech ou 42. LâĂ©preuve tient son nom dâune Ă©preuve dâendurance de lâarmĂ©e amĂ©ricaine oĂč les recrues doivent nager avec leur Ă©quipement. Les Ă©tudiants plongent dans une compĂ©tition intense, dĂ©passant parfois 80 heures par semaine. Cette sĂ©lection drastique, permet de passer de 4000 candidats Ă moins de 1000.
Ă lire aussi
Si tu veux en savoir plus sur cette Ă©cole d’informatique nous lui avons consacrĂ© un article ici đ : L’Ă©cole 42
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Manque de filles dans les filiĂšres scientifiques : une orientation prĂ©coce ? đ€·ââïž
DĂšs 2007, un rapport sur la filiĂšres scientifique commandĂ© par le ministĂšre de lâĂducation Nationale dĂ©montrait lâeffet nĂ©faste que peut avoir un choix de filiĂšre trop prĂ©coce chez les Ă©lĂšves de seconde.
DâaprĂšs ce rapport, ce qui fĂ©dĂšre le choix dâorientation, c’est surtout le goĂ»t pour les Ă©tudes envisagĂ©es et la reprĂ©sentation plus ou moins exacte des filiĂšres chez les Ă©lĂšves.
Il y aussi dâautres paramĂštres qui rentrent en jeux comme les procĂ©dures dâaffectation (on connaĂźt tous les galĂšres de Parcoursup ou dâAPB pour les anciens đ ).
đ Les stĂ©rĂ©otypes et nos normes sociales influencent beaucoup les filles et donc les matiĂšres quâelles choisissent dâĂ©tudier !
Si on rajoute ça au manque de conseils dâorientation et dâinformations, on comprend que les filles soient tentĂ©es de bouder les filiĂšres scientifiques au moment du choix de leur orientation.
Au-delĂ du lycĂ©e, toujours selon ce rapport, les filles seraient victimes dâune discrimination indirecte lors du recrutement aux CPGE sur Parcoursup. La sĂ©lection sur dossier exige le suivi des enseignements de spĂ©cialitĂ©s en MathĂ©matique et en Physique Chimie, des enseignements de spĂ©cialitĂ© oĂč elles sont minoritaires.
Le savais-tu ? đĄ
Seulement 16 femmes ont remporté un prix Nobel de Physique, en Chimie ou en Médecine depuis Marie Curie en 1903, contre 572 hommes.
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Si tu veux en apprendre plus sur cette femme nous lui avons consacrĂ© un portrait ici đ
Pourquoi est-ce si important dâĂ©tablir la paritĂ© ? đ€
Le manque de femmes dans les STIM (Sciences, Technologie, Ingénierie et Mathématique) est une problématique urgente. Les STIM sont essentielles pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés pour le développement durable et combattre le changement climatique.
Ce sont ces domaines qui permettent de trouver des solutions innovantes aux problĂšmes du 21á” siĂšcle, quâils soient liĂ©s aux enjeux climatiques ou au domaine de la santĂ© comme avec la pandĂ©mie que nous traversons. La paritĂ© est aussi un enjeu majeur pour le numĂ©rique, puisque aujourd’hui, il rythme notre Ă©conomie.
đĄ Le digital est synonyme dâavenir : selon PĂŽle emploi lâinformatique est le secteur qui recrute le plus. Plusieurs Ă©tudes sâaccordent pour dire quâenviron 80% des mĂ©tiers qui recruteront en 2030 nâexiste pas encore.
Les nombreuses enquĂȘtes sur les filles dans les filiĂšres scientifiques sâaccordent pour dire que lâĂ©galitĂ© femmes-hommes est aujourdâhui une nĂ©cessitĂ©. Elle est notamment encouragĂ©e par lâĂ©volution de notre Ă©conomie et la digitalisation du travail.
đ Si on veut pouvoir accompagner cette Ă©volution, il faut que les Ă©tudiants des jeunes gĂ©nĂ©rations sâadaptent Ă ces changements ! Pour cela il faut prĂ©parer lâensemble de la population, et pas seulement les garçons.
Le point Histoire đĄ
Câest aussi 19á” siĂšcle quâon admet les filles au collĂšge et au lycĂ©e, toujours sĂ©parĂ©es des garçons. Mais pendant que les garçons apprenaient les Maths et la Physique indispensables pour passer le Bac, elles Ă©taient formĂ©es aux langues, Ă la couture ou au dessin. Câest seulement en 1924 que les programmes devenaient les mĂȘmes pour tout le monde et que les filles ont Ă©tĂ© prĂ©parĂ©es Ă passer le baccalaurĂ©at pour la premiĂšre fois.
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Comment faire augmenter la place des filles dans les filiĂšres scientifiques ? đ©âđŹ
đĄ Les mesures prises pour inciter les filles
En 2018, le ministre de lâĂducation nationale Jean-Michel Banquer met en place la rĂ©forme du lycĂ©e qui supprime les trois filiĂšres du baccalaurĂ©at gĂ©nĂ©ral L, ES et S pour les remplacer par un systĂšme de 13 spĂ©cialitĂ©s. La rĂ©forme avait pour objectif de rĂ©Ă©quilibrer la rĂ©partition des Ă©lĂšves qui plĂ©biscitaient trop les filiĂšres scientifiques alors considĂ©rĂ©es comme Ă©litistes au dĂ©triment des autres.
Dans un rapport remis Ă Jean-Michel Blanquer en juillet dernier, la rectrice de l’ÂacadĂ©mie d’Occitanie expliquait :
Malgré des résultats scolaires meilleurs que ceux des garçons, les filles restent trÚs en retrait ou insuffisamment présentes dans les filiÚres scientifiques, industrielles et numériques
Sophie BĂ©jean
Rectrice de l’ÂacadĂ©mie d’Occitanie
En rĂ©sumĂ©, ce rapport indique que cinq annĂ©es aprĂšs, les choix genrĂ©s persistent. La rĂ©forme nâa pas changĂ© les inĂ©galitĂ©s de rĂ©partition. Seul le temps permettra de vĂ©rifier une vĂ©ritable Ă©volution. NĂ©anmoins, lâĂ©tude mets lâaccent sur la SVT qui attire de plus en plus de filles, en 2020 elle reprĂ©sentait 63% des inscrits dans cette spĂ©cialitĂ©.
Une Ă©tude du conseil Ă©conomique et social des Nations Unies propose quelques pistes :
đRenforcer la formation des professeurs dans les sciences et les technologies
đAccroĂźtre considĂ©rablement la prĂ©sence de femmes dans le corps enseignant.
LâĂ©tude Ă©tablie Ă©galement quâune fille qui choisit dâĂ©tudier les STIM est trop souvent considĂ©rĂ©e comme peu « fĂ©minine ».
đ Il faut donc mener un combat pour faire changer les mentalitĂ©s sur le rĂŽle des femmes. Ces mesures sont indispensables pour augmenter le pourcentage de filles dans les filiĂšres scientifiques.
Les pistes quâil faut explorer đ
Pour amĂ©liorer la paritĂ© femmes-hommes et le pourcentage de filles dans les filiĂšres scientifiques, il existe tout de mĂȘme des solutions qui pourraient permettre dâamĂ©liorer la situation :
đĄ Des programmes de sensibilisation dans les Ă©coles le plus tĂŽt possible pour amĂ©liorer la quantitĂ© et la qualitĂ© des informations quâon transmet aux Ă©lĂšves et changer les mentalitĂ©s, le meilleur moyen pour lutter contre le sexisme, les stĂ©rĂ©otypes et les discriminations, câest lâĂ©ducation et la sensibilisation !
đĄ AmĂ©liorer les conseils dâorientation pour offrir plus de perspectives de carriĂšre aux moments oĂč les Ă©lĂšves doivent faire leur choix ! Avec tous ces enchaĂźnements de rĂ©formes, les conseillers dâorientation ne sont pas forcĂ©ment Ă jour sur toutes les opportunitĂ©s associĂ©es aux nouvelles spĂ©cialitĂ©s du bac ou aux nouvelles formations !
đĄ DĂ©velopper la pratique du mentorat ! Par exemple faire intervenir des femmes scientifiques qui ont rĂ©ussi dans des milieux majoritairement masculins. Cela permettrait dâinspirer les Ă©tudiantes Ă poursuivre une carriĂšre dans les sciences et Ă braver les stĂ©rĂ©otypes !
đĄ RĂ©organiser le systĂšme Ă©ducatif : Encore une rĂ©forme tu vas te dire ? Oui, mais pour ne pas faire intervenir la spĂ©cialisation de maniĂšre trop prĂ©coce. Ăa permettrait dâĂ©viter que les filles ne dĂ©laissent les sciences trop tĂŽt ou de la mĂȘme façon que les garçons abandonnent les lettres !
“La part des femmes chez les Ă©tudiants de lâenseignement supĂ©rieur atteint les 56 %” ça veut dire que les garçons ont un problĂšme si ce n’est pas du 50/50.Je m’inquiĂšte pour mon petit garçon, il faudrait faire des recherches pour comprendre pourquoi on a un rĂ©sultat pareil.