La menace du bouton rouge : d’oĂč vient la stratĂ©gie de la dissuasion nuclĂ©aire ? 🚀

Rédac des Sherpas - Mis à jour le 16/03/2022
la dissuasion nucléaire

En raison du contexte de guerre en Ukraine, beaucoup de gens sont inquiets de l’escalade du conflit vers une 3ᔉ Guerre mondiale et c’est tout Ă  fait lĂ©gitime. Tu te demandes si on risque une guerre nuclĂ©aire ? Est-ce qu’il est possible qu’on se prenne une bombe sur la tĂȘte ? Tu ne sais pas ce qu’est la stratĂ©gie de dissuasion nuclĂ©aire ? 

Dans cet article, on t’explique tout ce qu’il faut savoir sur la dissuasion nuclĂ©aire et pourquoi une guerre nuclĂ©aire ne profiterait Ă  personne. C’est parti !👊

La dissuasion nuclĂ©aire : dĂ©finition đŸ€Ż

On sait grĂące Ă  l’histoire que la dissuasion militaire est une doctrine qui a toujours existĂ©. Pour faire simple, c’est un moyen de pression que tu exerces sur ton adversaire en crĂ©ant chez lui un sentiment de crainte de reprĂ©sailles.

👉 En bref, si on nous attaque et qu’on est en mesure de riposter plus fort, d’un point de vue stratĂ©gique, on aura moins envie de nous attaquer.  

La dissuasion nuclĂ©aire, c’est sensiblement la mĂȘme chose, mais avec la grosse artillerie ! L’arme nuclĂ©aire fait passer la dissuasion Ă  un niveau supĂ©rieur. Par le passĂ©, on a pu voir le pouvoir dĂ©vastateur de sa dĂ©tonation lors des explosions de Hiroshima et Nagasaki orchestrĂ©es par les États-Unis le 6 aoĂ»t 1945. 

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La fin de la Seconde Guerre mondiale et le dĂ©but d’un nouvel ordre mondial

Dans le scĂ©nario d’une attaque nuclĂ©aire, aujourd’hui, on parle de « risque de destruction mutuelle ». Si un dĂ©tenteur de l’arme nuclĂ©aire en fait l’usage sur un autre dĂ©tenteur, les deux pays seront rayĂ©s de la carte par l’effet de reprĂ©sailles.

Par dĂ©finition, c’est une arme politique. On considĂšre son utilisation uniquement en dernier recours pour protĂ©ger les intĂ©rĂȘts vitaux d’une nation en visant le cƓur d’une nation ennemie et ses sites stratĂ©giques. 

L’arme nuclĂ©aire fait partie de ce qu’on appelle les armes non-conventionnelles. Ce sont des armes qui sont nuclĂ©aires, biologiques ou chimiques. Elles sont classĂ©es dans la catĂ©gorie des « armes de destruction massive » Ă  cause de leurs effets pratiquement incontrĂŽlables dus Ă  leur puissance et Ă  leur impact nĂ©faste sur l’environnement.

Le savais-tu ? 💡

En plus des immenses dĂ©gĂąts potentiels, une bombe nuclĂ©aire laisse derriĂšre elle des retombĂ©es radioactives. Ce sont des matĂ©riaux radioactifs de petite taille en suspension dans l’atmosphĂšre sous forme de poussiĂšre, un peu comme les cendres d’un volcan aprĂšs une Ă©ruption. Ces matĂ©riaux « retombent » au sol, gĂ©nĂ©ralement Ă  plusieurs kilomĂštres de leur provenance qu’ils contaminent pour plusieurs centaines d’annĂ©es avant de cesser d’ĂȘtre radioactifs.

D’oĂč vient la dissuasion nuclĂ©aire ? đŸ€”

Pour comprendre les origines de cette stratĂ©gie, il faut remonter prĂšs de 70 ans en arriĂšre, Ă  la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les États-Unis mettent au point la bombe atomique durant la premiĂšre moitiĂ© des annĂ©es 1940 dans le cadre du projet Manhattan, tandis que l’Union soviĂ©tique se dote de l’arme nuclĂ©aire en 1949.

Le monde Ă©tait alors divisĂ© en deux blocs. D’un cĂŽtĂ©, le bloc de l’Ouest (avec la France membre de l’OTAN) et de l’autre cĂŽtĂ© le bloc de l’Est : l’Union SoviĂ©tique. 

Les missiles nuclĂ©aires soviĂ©tiques Ă©taient braquĂ©s sur des villes amĂ©ricaines et europĂ©ennes tandis que les missiles amĂ©ricains de l’OTAN ciblaient les villes de l’Union soviĂ©tique. Chacun des deux blocs menaçait l’autre avec une riposte qui serait plus consĂ©quente que l’attaque. C’est la pĂ©riode qu’on appelle la Guerre Froide.

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C’est dans ce contexte de guerre froide que s’est dĂ©roulĂ© la crise des missiles de Cuba, si tu veux en savoir plus c’est par ici 👇

Guerre froide : 1962, la crise de Cuba

L’Union soviĂ©tique disposait Ă©galement de forces armĂ©es « classiques ». Les États-Unis ne savaient pas si la dissuasion nuclĂ©aire suffirait Ă  empĂȘcher les SoviĂ©tiques d’envahir l’Europe. Et la France ne savait pas si les États-Unis Ă©taient prĂȘts Ă  dĂ©clencher le « feu nuclĂ©aire » pour dĂ©fendre un territoire europĂ©en.

👉 Pour ces raisons, la France s’est dotĂ©e de l’arme nuclĂ©aire. Le dĂ©veloppement du programme nuclĂ©aire militaire française est Ă  l’initiative du GĂ©nĂ©ral de Gaulle qui souhaitait rattraper le retard de la France dans une logique de dĂ©fiance envers les États-Unis, mais aussi pour se dĂ©fendre face au bloc soviĂ©tique. 

Le 8 juillet 1996, la Cour internationale de justice déclare que :

« La menace ou l’emploi d’armes nuclĂ©aires serait gĂ©nĂ©ralement contraire aux rĂšgles du droit international applicable dans les conflits armĂ©s [
] la Cour ne peut cependant conclure de façon dĂ©finitive que la menace ou l’emploi d’armes nuclĂ©aires serait licite ou illicite dans une circonstance extrĂȘme de lĂ©gitime dĂ©fense dans laquelle la survie mĂȘme d’un État serait en cause. »

La force de dissuasion nuclĂ©aire 💣

On appelle « force de dissuasion nuclĂ©aire » ou « force de frappe » les systĂšmes d’armements nuclĂ©aires dont dispose un pays dans le cadre de sa stratĂ©gie de dissuasion nuclĂ©aire.

À titre d’exemple, La France est l’un des sept États qui possĂšdent l’arme nuclĂ©aire Ă  l’aube du 21ᔉ siĂšcle. Elle est aussi le quatriĂšme pays Ă  avoir dĂ©veloppĂ© l’arme nuclĂ©aire lors de la course Ă  l’armement de la guerre froide aprĂšs les États-Unis, l’Union soviĂ©tique et le Royaume-Uni.

💡 Aujourd’hui, l’arme nuclĂ©aire est officiellement dĂ©tenue par les États-Unis (le seul pays Ă  l’avoir utilisĂ©), la Russie, l’Angleterre, la France, la Chine, l’Inde, le Pakistan. IsraĂ«l n’a jamais reconnu l’existence de son programme nuclĂ©aire militaire malgrĂ© de fortes prĂ©somptions internationales. Plus rĂ©cemment, les regards se tournent vers la CorĂ©e du Nord et l’Iran. 

On parle de missile stratĂ©gique quand on se rĂ©fĂšre Ă  l’arme nuclĂ©aire. Ce missile est une avancĂ©e technologique parmi les plus complexes conçues par l’humanitĂ©. Il a l’apparence d’une fusĂ©e capable de traverser l’eau, de voyager dans l’atmosphĂšre, et mĂȘme dans le vide spatial ! À son bord, le missile peut contenir plusieurs ogives nuclĂ©aires de plusieurs mĂ©gatonnes. Toutes les armes nuclĂ©aires sont similaires Ă  un missile, elles sont juste dĂ©ployĂ©es diffĂ©remment.

👉 Pour que la dissuasion nuclĂ©aire soit efficace, il faut qu’un pays puisse riposter en cas d’attaque. Pour cela, les gouvernements dĂ©tenteurs de missiles stratĂ©giques utilisent plusieurs mĂ©thodes pour dĂ©ployer leurs dĂ©fenses. 

PossĂ©der un seul site de lancement ne serait pas stratĂ©gique, mĂȘme bien cachĂ©, un unique site serait facilement vulnĂ©rable face aux progrĂšs dans les technologies de dĂ©tection. Pour cette raison, les pays en possession de missiles stratĂ©giques utilisent 3 diffĂ©rents moyens de lancement dĂ©veloppĂ©s pendant la guerre froide, on les appelle « la triade nuclĂ©aire ».

Le savais-tu ? 💡

Pour mesurer l’Ă©nergie dĂ©gagĂ©e lors de l’explosion d’une arme nuclĂ©aire, on utilise une unitĂ© de mesure de l’énergie : la mĂ©gatonne ou Mt. Cette unitĂ© qui correspond Ă  la quantitĂ© d’énergie produite par l’explosion d’un million de tonnes de trinitrotoluĂšne, la fameuse TNT !

Les missiles Ă  terre dit « sol-sol » 🚀

Il en existe deux catégories principales :

  • Missile balistique intercontinental ou ICBM, il dispose d’une portĂ©e minimale de 5500 kilomĂštres. La Russie, les États-Unis, la Chine, la France, l’Inde, le Royaume-Uni et la CorĂ©e du Nord sont les seuls pays Ă  disposer d’ICBM opĂ©rationnels aujourd’hui.
  • Missile balistique Ă  moyenne portĂ©e ou MRBM. Sa portĂ©e maximale est comprise entre 1 000 et 3 000 km

Ces missiles balistiques peuvent ĂȘtre dĂ©ployĂ©s Ă  partir de vĂ©hicules appelĂ©s « lanceurs monteurs de transporteurs » ou « TEL ». Ils sont capables de dĂ©placer les missiles pour les tirer depuis des positions stratĂ©giques. Les premiers missiles conçus Ă©taient tirĂ©s au sol depuis des bases militaires Ă  l’intĂ©rieur de « silos ».

Russian Defence Ministry testing new strategic weapon systems

Missile ICBM russe RS-28 Sarmat | wikipédia

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Missile ICBM Russe Topol-M | wikipédia

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missile ballistique américain LGM-25C Titan II | photo USAF

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vue du silo contenant le missile Minuteman | Wikipédia

Le savais-tu ? 💡

Un seul État membre de l’Union europĂ©enne dispose d’une force de dissuasion nuclĂ©aire : la France. Avant sa sortie de l’Europe, il y avait Ă©galement le Royaume-Uni.
La Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Italie ne possĂšdent pas l’arme nuclĂ©aire, les États se contentent de l’hĂ©berger sur leur territoire dans le cadre de la politique de dissuasion nuclĂ©aire de l’OTAN.

Les missiles dit « air-sol » ✈

Il s’agit ni plus ni moins d’un avion bombardier, qui transporte l’arme nuclĂ©aire. En France, l’armĂ©e de l’air utilise des avions Rafales et Mirages pour dĂ©livrer des frappes nuclĂ©aires avec des missiles tĂ©lĂ©guidĂ©s pouvant contenir plusieurs ogives.

👉 Cette composante de l’armĂ©e de l’air assure en permanence la stratĂ©gie de dissuasion nuclĂ©aire française depuis sa crĂ©ation en 1978. Comme pour toute autre mobilisation de l’arme nuclĂ©aire, les tirs se font sur ordre du prĂ©sident qui est le chef des armĂ©es.

Jusqu’en 1980, les armĂ©es utilisaient gĂ©nĂ©ralement ce qu’on appelle, une bombe Ă  gravitĂ©, aussi connue comme une bombe stupide. C’est une bombe classique larguĂ©e par avion qui ne contient pas de systĂšme de guidage, elle suit simplement une trajectoire balistique quand elle est lĂąchĂ©e dans le vide. C’est ce type de bombe qui a Ă©tĂ© utilisĂ© sur Hiroshima.

Les missiles dit « Mer-Sol » 🚱

Ils sont tirĂ©s depuis un sous-marin nuclĂ©aire lanceur d’engins ou SNLE. c’est un sous-marin qui dispose d’un rĂ©acteur nuclĂ©aire comme moteur, lui permettant de faire de trĂšs longues missions. Les SNLE garantissent une riposte en cas d’attaque, ils sont presque impossibles Ă  localiser lorsqu’ils sont en plongĂ©e.

Cette difficultĂ© Ă  les localiser et Ă  les identifier permet aux sous-marins lanceurs d’engins de frapper les premiers, avec un avantage : la riposte ne saura pas qui frapper parmi les possesseurs de SNLE, en thĂ©orie, sans revendication de l’auteur de l’attaque, cette derniĂšre peut rester anonyme, c’est ce qui fait la force de la dissuasion.

La dissuasion nucléaire est réguliÚrement utilisée

💡 À ce jour, les États-Unis, la Russie, la France, le Royaume-Uni, la Chine et l’Inde disposent de tels sous-marins. D’ailleurs, on estime que les États-Unis et la Russie possĂšdent Ă  eux seuls 80% de la flotte de sous-marins en activitĂ©.

La force de dissuasion nuclĂ©aire française đŸ‡«đŸ‡·

François Hollande, l’ancien chef de l’État français s’était exprimĂ© en fĂ©vrier 2015 pour faire preuve de transparence face au reste du monde en rĂ©vĂ©lant la composition de l’arsenal nuclĂ©aire français :

Le temps de la dissuasion nuclĂ©aire n’est pas dĂ©passĂ©. [
] Dans le domaine du nuclĂ©aire militaire, de nouvelles puissances sont apparues ces vingt derniĂšres annĂ©es [et] d’autres cherchent encore Ă  Ă©merger.

François Hollande

Ancien Président de la République

Depuis la chute du mur de Berlin en 1989 suivi de l’effondrement de l’URSS en 1991, la guerre Froide est terminĂ©e. Les États  membres de l’ONU se sont mis d’accord pour organiser un effort commun de dĂ©sarmement. C’est dans ce contexte que l’ancien chef de l’État Français prononçait son discours. Il ajoutait Ă©galement que la prioritĂ© de la France Ă©tait « l’arrĂȘt dĂ©finitif de la production de matiĂšres fissiles. »

Depuis la fin de la guerre froide, la France diminue son arsenal nuclĂ©aire tout en maintenant ses stratĂ©gies de dĂ©fense. Les anciennes bombes sont dĂ©mantelĂ©es. Le plutonium et l’uranium contenus dans l’ogive nuclĂ©aire Ă  l’origine de l’explosion sont recyclĂ©s pour produire de nouvelles armes, les plus anciennes devant ĂȘtre renouvelĂ©es pour des questions de sĂ©curitĂ© de stockage. 

À ce jour, la France compte 4 sous-marins SNLE :

👉 Le Triomphant

👉 Le TĂ©mĂ©raire

👉 Le Vigilant

👉 Le Terrible

Ils se relayent continuellement pour assurer en permanence la dissuasion nuclĂ©aire. Ils sont complĂ©tĂ©s par la « composante aĂ©roportĂ©e » de la force de dissuasion nuclĂ©aire française. Il s’agit de l’ensemble des avions transportant l’arme nuclĂ©aire Ă  bord du Porte-avion Charles de Gaulle et des avions dĂ©collant depuis le sol français.

Lors de son discours François Hollande avait révélé que la France dispose de trois lots de 16 missiles dans ses sous-marins et de 54 missiles contenant des ogives nucléaires équipant les avions de combat de la composante aéroportée de la dissuasion.

Sous-marin SNLE Le terrible | Photo Marine Nationale

Une dissuasion qui a fait ses preuves 🔍

Les essais nucléaires français

Entre 1946 et 1996, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont effectuĂ© des centaines d’essais nuclĂ©aires sur des Ăźles du Pacifique.

La France a arrĂȘtĂ© ses tests de la bombe nuclĂ©aire dans l’atmosphĂšre en 1974, Ă  partir de cette date, les tests ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s au milieu de l’ocĂ©an Pacifique, loin de toute habitation et Ă  l’écart des trajectoires navales et aĂ©riennes. Ces tests ont eu lieu dans l’enceinte des bases militaires situĂ©es dans les atolls de Mururoa et Fangataufa en PolynĂ©sie française.

Les tirs ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s dans des puits sous-marins dont la profondeur varie entre 500 Ă  1000 mĂštres  de profondeur. Ils sont fabriquĂ©s en bĂ©ton afin de piĂ©ger les rĂ©sidus radioactifs de la bombe qui resteront radioactifs pendant des milliers d’annĂ©es.

Il se peut qu’il y ait quelques fuites, certains rĂ©sidus  peuvent alors se retrouver dans les eaux du lagon puis dans l’ocĂ©an, mais un rapport commandĂ© par l’Etat français indique que les quantitĂ©s de radioactivitĂ© ne sont pas dangereuses pour la santĂ© puisqu’elles sont grandement diluĂ©es dans l’eau.

Le savais-tu ? 💡

Le site NUKEMAP permet de simuler le champ d’action des effets d’une bombe nuclĂ©aire n’importe oĂč sur le globe d’aprĂšs les nombreux tests qui ont Ă©tĂ© menĂ©es. Le calculateur rĂ©pertorie notamment plusieurs dizaines de rĂ©fĂ©rences de bombes officielles et actuellement dans les arsenaux militaires du monde.

Des inquiĂ©tudes et des menaces sĂ©rieuses 😖

En 2019, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU, Antonio Guterres a fait part de ses inquiĂ©tudes quant Ă  de possibles fuites de matĂ©riaux radioactifs d’un cratĂšre coiffĂ© d’un dĂŽme de bĂ©ton sur un Ăźlot voisin dans l’archipel des Ăźles Marshall. Le cratĂšre renferme les rĂ©sidus de 12 annĂ©es d’essais nuclĂ©aires amĂ©ricains dans le Pacifique.

la dissuasion nucléaire quand ça n'a pas marché

Cette solution de stockage devait pourtant ĂȘtre temporaire. Les États-Unis avaient expliquĂ© que pour des raisons de coĂ»t, le fond du cratĂšre n’avait pas Ă©tĂ© isolĂ© avec une couche de bĂ©ton, d’oĂč les craintes d’inondation du cratĂšre et la fuite des matiĂšres radioactives.

AprĂšs avoir Ă©tĂ© exposĂ© aux Ă©lĂ©ments pendant prĂšs de quatre dĂ©cennies, des fissures ont commencĂ© Ă  apparaĂźtre sur le dĂŽme. La structure est aujourd’hui d’autant plus menacĂ©e par la montĂ©e des eaux provoquĂ©e par le rĂ©chauffement climatique. Le sommet des atolls n’atteignant pas plus de 10 mĂštres de haut, le risque d’immersion est trĂšs grand. On n’imagine pas les consĂ©quences d’une inondation des cratĂšres. 😬

Les conséquences d'essais nucléaires
Un dome de beton sur l’Ăźle de Runit

La dissuasion nuclĂ©aire aujourd’hui 🧐

Suite au dĂ©veloppement du conflit entre la Russie et l’Ukraine, dans un discours tĂ©lĂ©visĂ© diffusĂ© dimanche 27 fĂ©vrier, Vladimir Poutine a annoncĂ© : “mettre les forces de dissuasion de l’armĂ©e russe en rĂ©gime spĂ©cial d’alerte au combat”

Puisque le rĂ©sultat de l’opĂ©ration militaire russe ne satisfaisant pas le Kremlin, cette annonce ne serait autre qu’un coup de communication. Plusieurs experts en gĂ©opolitique expliquent qu’il s’agirait d’une “vraie-fausse menace”. đŸ„ž 

Il y a une frustration russe face à la résistance ukrainienne.

David Khalfa

Chercheur Ă  la Fondation Jean JaurĂšs Ă  Paris

Dans une interview accordĂ©e au journal L’Express, Benjamin Hautecouverture, chercheur Ă  la Fondation pour la recherche stratĂ©gique, explique que l’idĂ©e selon laquelle “dans un accĂšs de folie Vladimir Poutine pourrait appuyer seul sur le bouton rouge” est impossible.

« Le pouvoir nuclĂ©aire ne marche heureusement pas comme ça, mĂȘme en Russie. Le dispositif de communication cryptĂ© destinĂ© Ă  ordonner le lancement d’une frappe nuclĂ©aire fonctionne en coordination avec le ministre de la DĂ©fense et le chef d’Ă©tat-major des armĂ©es. C’est l’action combinĂ©e de ces trois personnes qui peut dĂ©clencher le feu nuclĂ©aire« 

Le protocole exact de dĂ©clenchement d’une attaque nuclĂ©aire russe reste inconnu aujourd’hui, mais Ă  l’époque de l’Union SoviĂ©tique, on sait que le processus nĂ©cessitait plusieurs personnes. Comme pour les restes des pays dĂ©positaires de l’arme nuclĂ©aire, la dĂ©cision de l’utilisation du feu nuclĂ©aire n’est jamais dans les mains d’une seule personne.

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