FOOTBALL : tout savoir sur la Super Ligue ⚽

Rédac des Sherpas - Mis à jour le 26/04/2021
super ligue

Lundi 19 avril 2021, le monde du football européen s’est affolé face au projet naissant de la Super Ligue. Créer une compétition pour remplacer l’emblématique Ligue des Champions ? Tel était l’objectif de douze grands clubs européens, dont le FC Barcelone, Liverpool, Manchester City, la Juventus de Turin ou encore l’AC Milan.

Ces douze clubs aux palmarès impressionnants : quarante titres de « Champion’s League » cumulées osaient remettre en cause cette compétition mythique supervisée par l’Union européenne des associations de football (UEFA). Disputée chaque année, la Ligue des champions voit s’affronter depuis plus de soixante ans les meilleurs clubs des différents championnats européens 💥

Or l’idée d’une compétition concurrente était loin de faire l’unanimité, et les instigateurs ont pour le moment retiré ce projet afin de le retravailler. Pourquoi remettre en cause la Ligue des Champions telle qu’elle existe actuellement ? La Super Ligue est-elle mieux adaptée ? Pourquoi le projet s’est-il heurté à tant de réticences ? Les Sherpas te proposent de revenir sur cette réforme qui a agité le monde du football 🔎

Super Ligue : contexte et fonctionnement 💡

Concrètement, que proposait cette Super Ligue ? Comment cette compétition pouvait-elle fonctionner ? Bien que ce nouveau système fut reconnu par douze clubs, c’était bien vingt clubs répartis en deux poules (groupes) de dix équipes qui devaient s’affronter. Trois places parmi les clubs fondateurs restaient vacantes (destinées potentiellement aux clubs allemands et français), et l’organisation comptait l’ouvrir à cinq autres clubs par édition, en tant qu’invités.

Lors d’une première phase, des matchs aller et retour départageaient les équipes, au terme desquelles seules 10 des 20 équipes sont qualifiées pour la phase suivante : les quarts de finale. Ensuite, un schéma classique s’appliquait ; matchs aller et retour jusqu’à la finale, jouée sur terrain neutre : un total de 180 rencontres 🏁

A la différence de la Ligue des champions, les quinze clubs fondateurs, quelque soient leurs résultats de la saison, étaient assurés de participer à la Super Ligue chaque année ! C’est là un des principaux griefs contre le projet : la Super Ligue entretiendrait une forme d’élitisme, d’où les « petits » clubs seraient exclus.

L’organisation justifiait ce système fermé, qui, selon elle, garantissait des matchs « de meilleure qualité » (source : Le Monde). Il pérennisait surtout une certaine stabilité financière. Avec la crise sanitaire, certains clubs connaissant de grandes difficultés financières risquaient d’être évincés.

La Super Ligue arrivait de surcroît dans un contexte particulier. Bien que ce projet fût en discussion depuis plusieurs années, il se concrétisait au moment où l’UEFA annonçait sa réforme pour la Ligue des champions à partir de 2024 – 2025, réforme loin de plaire à tout le monde.

En effet, le nouveau format pose un problème d’équité, un classement étant établi toutes équipes confondues (alors qu’elles n’affrontent pas les mêmes adversaires). Cela engendre aussi une augmentation considérable du nombre de rencontres, ce qui bouscule le calendrier des joueurs, déjà bien chargé 📅

Les enjeux économiques de la Super Ligue 💵

Pourquoi remettre en cause la Ligue des champions, qui a couronné les plus grands ? La raison est simple : cette compétition légendaire, aurait, selon les clubs fondateurs, perdu toute attractivité 😮

On l’a dit, beaucoup contestaient la réforme de la Ligue des champions, et le retour à un système de poules dans la Super Ligue répondait aux contestations.

Or, la perte d’attractivité mise en avant par l’organisation, cache essentiellement un désintérêt économique. En effet, le projet de Super Ligue aurait été bien plus lucratif : financée par la banque américaine privée J. P. Morgan, la nouvelle compétition entendait récolter 4 à 6 milliards d’euros, et ce, dès la première édition (le double des recettes de la Ligue des champions !).

Dans le système actuel, environ 90% de l’argent récolté est redistribué à la plupart des clubs participant aux deux compétitions européennes annuelles :  Ligue des champions et Ligue Europa. Ainsi, de nombreux clubs bénéficient-ils d’une partie du montant 💸

Cette solidarité financière n’aurait pas existé dans le fonctionnement de la Super Ligue, les profits financiers retombant uniquement dans les mains des clubs fondateurs !

La banque J. P. Morgan comptait de surcroît verser, en amont, à chaque club fondateur classé selon une échelle de prestige (« les meilleurs » étant mieux lotis que les autres), une somme d’argent conséquente sous forme de prêt avantageux. On pouvait donc supposer que l’argent récolté à la fin de la compétition serait, lui-aussi, inégalement réparti.

Il faut également préciser que remporter la coupe n’était pas plus « rentable » qu’être bon dernier des phases de poules ; tout dépendait de la renommée du club.

Par exemple, si un club invité venait à remporter la coupe, il touchait moins d’argent que le dernier, si celui-ci était dit « prestigieux ». Ainsi, les intérêts économiques dépassaient-ils largement l’enjeu sportif !

Créer un élitisme au sein des clubs participants était le but (non-avoué, mais sous-jacent !) du projet de la Super Ligue.

Super Ligue : les réactions 🔊

Pour le moment, aucun club français ou allemand ne s’est joint à l’initiative, faisant ainsi preuve de fidélité à la Ligue des Champions. Ce ne fut pas du goût du « club des douze », qui espérait au minimum la participation de deux clubs français. A l’instar du gouvernement, ceux-ci n’ont pas soutenu le projet.

Le patron du Paris Saint-Germain, Nasser Al-Khelaïfi, en tant que représentant de l’association européenne des clubs (ECA), a promis de « rester avec les gens qui aiment le football », et que « sa position est claire depuis le premier jour » (source : Eurosport). Puis, certains clubs engagés dans le projet, dont la totalité des clubs anglais, se sont à leur tour désistés.

Ainsi, la Super Ligue se trouvait fortement compromise
, alors que la première édition était planifiée pour la saison 2022 – 2023 (août à mai). Cette vague de retraits est la conséquence directe de la colère des joueurs, chefs d’Etats, supporters et entraîneurs 📣

En effet, ce projet était loin, très loin de faire l’unanimité sur le vieux continent. A commencer par les supporters, qui se sentent marginalisés par cette mise en place.

L’association Football Supporters Europe a écrit une lettre ouverte à Andrea Agnelli, président de la Juventus et désormais vice-président de la Super Ligue. Dans celle-ci, elle précisait que « cette compétition fermée sera le dernier clou dans le cercueil du football européen ».

Selon l’association, la Super Ligue allait à l’encontre valeurs du ballon rond, abandonnant « le mérite sportif, la promotion et la relégation, la qualification aux compétitions européennes grâce aux succès nationaux et la solidarité financière » (source : Football Supporters Europe).

Martin Endemann
, représentant de la FSE (Football Supporters Europe) en Allemagne, qualifiait la Super Ligue du « plus gros tremblement de terre jamais connu dans le football européen » (source : Foot Mercato). Sur les réseaux sociaux, le #NoToEuropeanSuperLeague a fortement animé les discussions ces derniers jours.

Malgré les vagues d’opposition, y compris parmi les supporters des clubs fondateurs qui se sentaient déçus et trahis, une donnée semblait contredire ce bel et unanime élan de colère. Selon un sondage réalisé par les clubs fondateurs de la Super Ligue, 66% des suiveurs du football en Espagne, Angleterre, France, Italie et Allemagne étaient en faveur de ce nouveau tournoi 🤔

En dépit de ce sursaut en faveur du projet, les joueurs eux non plus, n’en voulaient pas. Sur les réseaux sociaux, Alvaro Gonzalez, défenseur à l’Olympique de Marseille, « croit au football modeste, aux petits clubs qui veulent faire face aux grands clubs, à un sport à l’écart de l’égoïsme et des égos ».

Côté parisien, Ander Herrera, attaquant du PSG, souligne que « les riches voulaient voler ce que les gens ont créé, et qui n’est rien d’autre que le plus beau sport de la planète ».

Super Ligue : les menaces de l’UEFA 💥

Tu t’en doutes, la première instance à souffler la révolte, c’est bien évidemment l’UEFA, directement menacée par l’émergence de ce projet concurrent ! En tant qu’organisatrice de la Ligue des champions, elle serait l’une des principales perdantes si le projet aboutissait.

Alors Aleksander Ceferin, patron de l’UEFA, a contre-attaqué : aucun joueur des douze clubs concernés ne seraient autorisés à prendre part « à toute compétition au niveau national, européen ou mondial » (source : AP). En termes clairs, si Super Ligue il y a, les joueurs qui y participeraient n’auraient plus accès à la Coupe du monde ou à l’Euro, qui débute dans à peine deux mois. Une chose est sûre, c’est une menace sans fondement qui ne sert qu’à effrayer les clubs 📝

Conclusion

Actuellement, le projet a été retiré (potentiellement reporté) à la suite du retrait de la plupart des clubs impliqués.

Impossible de dire si la Super Ligue tombera dans l’oubli, ou si elle inscrira son nom dans le calendrier des clubs d’ici quelques mois. Il en faudrait sûrement plus pour enterrer définitivement un projet mûri depuis plusieurs années.

Mais, il est aussi difficile de s’imposer face à la fronde de la puissante Ligue des champions. L’appât du gain et les quelques défenseurs du projet pourront-ils à nouveau le faire sortir de l’ombre ?

Je t’invite à suivre cette actualité palpitante et rendez-vous au prochain épisode ! 😊

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