Quand vous demandez Ă votre ado comment il sâinforme, il vous rĂ©pond automatiquement âsur les rĂ©seaux sociauxâ ? De prime abord, vous pouvez avoir lâimpression quâil se moque de vous. Pourtant, dĂ©trompez-vous ! Aujourdâhui, sâinformer sur ces plateformes, câest plus que possible, et la gĂ©nĂ©ration Z lâa bien compris.
Dans cet article, on dĂ©crypte ensemble comment les ados sâinforment aujourdâhui et ce qui se cache vraiment derriĂšre le fait de sâinformer sur les rĂ©seaux sociaux. đ
đ§ Ă retenir
- Le âoĂčâ et le âquandâ ont changĂ©, lâinfo nâest plus un rendez-vous familial, mais une consommation individuelle, mobile, par petites sĂ©quences, souvent via le smartphone.
- Les rĂ©seaux sociaux servent surtout de porte dâentrĂ©e. Les ados dĂ©couvrent lâactu via des flux personnalisĂ©s, notamment sous forme de vidĂ©os courtes, puis complĂštent parfois via des mĂ©dias plus âclassiquesâ ou des recherches plus ciblĂ©es.
- Il y a trois risques principaux Ă connaĂźtre, la bulle de filtres (câest-Ă -dire le fait que lâalgorithme renforce ce quâon aime dĂ©jĂ ), la dĂ©sinformation, les fake news et le stress informationnel.
Pourquoi la maniĂšre de sâinformer a-t-elle Ă©voluĂ© chez les jeunes gĂ©nĂ©rations ? đ€
Vous nâĂȘtes pas sans le savoir, il y a de cela une vingtaine dâannĂ©es, la grande majoritĂ© de lâinformation passait par des mĂ©dias traditionnels. TĂ©lĂ©vision, radio ou encore presse papier, voici ce qui guidait la maniĂšre de sâinformer.
Pourtant, dans un monde toujours plus connectĂ©, lâinformation sâest rapidement adaptĂ©e aux nouveaux modes de consommation, et votre ado lâa bien compris. Voyons cela ensemble. âŹïž
De la tĂ©lĂ©vision familiale aux Ă©crans individuels đș
Vous vous souvenez sĂ»rement de ce rituel, de la famille rĂ©unie devant le journal tĂ©lĂ©visĂ© du 20h, ou de la radio qui tourne le matin pendant le petit-dĂ©jeuner. Lâinformation Ă©tait un moment partagĂ©, ancrĂ© dans la vie quotidienne.
Aujourdâhui, ce tableau a bien changĂ©. Et ce nâest pas un hasard. Dans un monde de plus en plus connectĂ©, chacun s’est peu Ă peu constituĂ© son propre espace dâinformation. Votre ado, lui, a grandi avec un Ă©cran dans la poche, et câest tout naturellement vers lui qu’il se tourne pour savoir ce qui se passe dans le monde.
đĄ Le saviez-vous ?
Une Ă©tude rĂ©alisĂ©e sur les pratiques informationnelles des jeunes a montrĂ© que 98 % des Ă©lĂšves de 16-17 ans sont Ă©quipĂ©s dâun smartphone. Autrement dit, lâaccĂšs Ă lâactualitĂ© est permanent.
Selon The Conversation, câest dâailleurs dans les transports, entre deux cours, ou pendant une pause que les jeunes consomment lâactualitĂ©, seuls, et souvent en quelques minutes chrono.
Ce changement ne signifie pas pour autant que votre ado sâinforme moins bien que le faisaient les prĂ©cĂ©dentes gĂ©nĂ©rations. Il sâinforme simplement autrement.
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Internet et lâaccessibilitĂ© de lâactualitĂ© đ
Aujourdâhui, alors que les plus de 35 ans se tournent encore majoritairement vers la tĂ©lĂ©vision pour suivre lâactualitĂ©, la tendance sâinverse complĂštement chez les moins de 35 ans, qui privilĂ©gient Internet.
Mais attention, âsâinformer sur Internetâ ne veut pas dire grand-chose en soi. Ce qui a vraiment changĂ©, câest plutĂŽt la porte dâentrĂ©e vers lâinformation. Pour les gĂ©nĂ©rations prĂ©cĂ©dentes, câĂ©tait le kiosque Ă journaux ou le programme tĂ©lĂ©. Pour votre ado, ce sont les rĂ©seaux sociaux qui lui servent de fil dâactualitĂ© personnalisĂ©, mis Ă jour en temps rĂ©el, Ă longueur de journĂ©e. Entre autres, ils utilisent les plateformes :
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Instagram ;
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TikTok ;
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YouTube.
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Envie de savoir comment agir quand votre enfant souhaite ouvrir son premier compte sur les rĂ©seaux sociaux ? Câest par ici que ça se passe !
Et cette Ă©volution, les mĂ©dias traditionnels lâont bien sentie passer. Câest pourquoi des journaux comme Le Monde ont investi Snapchat, Instagram et mĂȘme TikTok, pour aller chercher les jeunes lecteurs lĂ oĂč ils se trouvent. En fait, la logique est simple, si votre ado ne vient plus au journal, câest au journal dâaller vers votre ado.
đĄ Le saviez-vous ?
DâaprĂšs le BaromĂštre DJEPVA sur la jeunesse rĂ©alisĂ© en 2024, 7 jeunes sur 10 ĂągĂ©s de 15 Ă 30 ans suivent les actualitĂ©s plusieurs fois par semaine, voire tous les jours.
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En tout cas, si vous cherchez Ă protĂ©ger votre ado dâInternet, dĂ©couvrez notre article sur le sujet. đ€
ConcrĂštement, comment les ados sâinforment-ils aujourdâhui ? đ±
Maintenant que lâon comprend pourquoi les habitudes des jeunes en matiĂšre dâactualitĂ© ont Ă©voluĂ©, voyons concrĂštement les plateformes sur lesquelles ils sâinforment. âŹïž
La vidĂ©o courte privilĂ©giĂ©e par les ados đ„
Si votre ado passe ses soirĂ©es Ă scroller sur TikTok ou Ă enchaĂźner les vidĂ©os YouTube, ce nâest pas forcĂ©ment pour perdre son temps. Il y cherche aussi, et câest plus frĂ©quent quâon ne le croit, de lâinformation.
Car oui, les jeunes ont leurs propres mĂ©dias. Et ils sont bien loin du journal tĂ©lĂ©visĂ© de 20h ! Ce quâils plĂ©biscitent avant tout, câest la vidĂ©o courte, entre 1 et 5 minutes, dynamique, accessible, et souvent commentĂ©e.Des mĂ©dias comme Brut, Konbini ou Loopsider ont tout compris Ă cette logique, en proposant des contenus exclusivement en vidĂ©o, sur des sujets de sociĂ©tĂ©, dâĂ©cologie ou desantĂ©, avec un ton proche du divertissement.
đĄ Le saviez-vous ?
DâaprĂšs lâĂ©tude Adweek, 78 % des jeunes de moins de 25 ans regardent des contenus vidĂ©o chaque jour sur YouTube.
Il y a aussi des figures comme Hugo DĂ©crypte, qui vulgarise lâactualitĂ© en moins de 10 minutes sur YouTube et Instagram, et est suivi par des millions de personnes. Aujourdâhui, il parle aux jeunes comme Ă des Ă©gaux, sur les plateformes qu’ils frĂ©quentent dĂ©jĂ . Et pour votre ado, regarder lâune de ses vidĂ©os, câest bel et bien sâinformer. đ
Les rĂ©seaux vus comme une âporte dâentrĂ©eâ đ
Votre ado ne sâinforme pas uniquement sur les rĂ©seaux sociaux. En rĂ©alitĂ©, il jongle entre plusieurs sources, souvent sans mĂȘme sâen rendre compte.Ces plateformes constituent en effet la principale source dâinformation chez les plus jeunes. Mais la tĂ©lĂ©vision garde aussi une vraie place, puisque les jeunes qui sâintĂ©ressent Ă la politique nationale ou internationale continuent de regarder les journaux tĂ©lĂ©visĂ©s. En ce qui concerne les moteurs de recherche et les sites spĂ©cialisĂ©s, ils sont aussi privilĂ©giĂ©s pour des sujets plus prĂ©cis, comme la santĂ©, les sciences ou les faits divers, mais ils sont bels et bien consultĂ©s !
đĄ Le saviez-vous ?
MĂȘme Ă lâĂšre des mĂ©dias sociaux, un article de The Conversation a mis en avant le fait que 70 % des jeunes continuent de consulter rĂ©guliĂšrement au moins une page de mĂ©dia traditionnel.
Il y a Ă©galement une source quâon oublie trop souvent, vous. Les discussions en famille jouent un rĂŽle bien plus important quâon ne lâimagine dans la maniĂšre dont les jeunes reçoivent et interprĂštent lâinformation. Ce que vous commentez au dĂźner, ce que vous partagez, ça compte pour votre ado.
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Les risques de sâinformer sur les rĂ©seaux â ïž
On vient de le voir, votre ado sâinforme, et souvent bien plus quâon ne le pense. Mais sâinformer sur ces plateformes, cela peut aussi prĂ©senter certains risques. Et en tant que parent, mieux vaut les connaĂźtre pour pouvoir en parler avec lui sereinement. On vous explique tout ça.
Les bulles de filtre đ«§
C’est sans doute le risque le plus insidieux, et le plus difficile Ă percevoir, y compris pour votre ado lui-mĂȘme. Lorsquâil sâinforme sur les rĂ©seaux sociaux, lâinformation quâil reçoit ne reflĂšte pas forcĂ©ment la rĂ©alitĂ© du monde. Elle reflĂšte ses abonnements, ses likes, ses partages, et surtout, les choix de lâalgorithme qui a appris Ă lui servir ce quâil aime dĂ©jĂ .
đĄ Le saviez-vous ?
On appelle ça la âbulle de filtreâ. ConcrĂštement, si votre ado ne suit que des comptes qui partagent le mĂȘme point de vue sur un sujet, il risque de ne jamais ĂȘtre exposĂ© Ă dâautres perspectives. Il peut ainsi avoir lâimpression dâune rĂ©alitĂ© uniforme, alors quâil nâen voit quâune facette Ă cause de son algorithme.
Les fake news et la dĂ©sinformation đš
Câest probablement la crainte numĂ©ro un des parents, et elle est lĂ©gitime. Sur les rĂ©seaux sociaux, une information fausse peut se propager aussi vite, voire plus vite, quâune vraie. Et votre ado, aussi connectĂ© soit-il, nâest pas forcĂ©ment armĂ© pour faire la diffĂ©rence au premier coup dâĆil.
Ce qui complique les choses, câest que les jeunes accordent une confiance importante aux crĂ©ateurs de contenu quâils suivent.
đĄ Le saviez-vous ?
Selon une Ă©tude de lâARCOM, 41 % dâentre eux leur font confiance pour sâinformer, contre seulement 24 % pour le reste de la population. En soi, ce nâest pas forcĂ©ment problĂ©matique, car certains crĂ©ateurs font un travail journalistique sĂ©rieux. Mais cela signifie que la rĂ©putation de la personne prime parfois sur la fiabilitĂ© de lâinformation.
Face à ça, les jeunes dĂ©veloppent tout de mĂȘme leurs propres stratĂ©gies. Certains vĂ©rifient si une information est reprise par plusieurs mĂ©dias. Dâautres sâappuient sur la cohĂ©rence de ce qu’ils lisent ou voient. D’autres encore font confiance Ă la âmarqueâ dâun grand journal, qu’ils perçoivent comme une garantie de qualitĂ©, indĂ©pendamment du titre prĂ©cis.
Le stress informationnel đ°
Il y a un paradoxe dans la maniĂšre dont les ados sâinforment aujourdâhui. Il se situe dans le fait quâĂȘtre connectĂ© en permanence, câest aussi ĂȘtre exposĂ© en permanence Ă des informations souvent anxiogĂšnes.
Face Ă cette surcharge, beaucoup de jeunes dĂ©veloppent des stratĂ©gies d’Ă©vitement, et c’est une rĂ©action tout Ă fait humaine. Ils zappent les titres trop nĂ©gatifs, se dĂ©connectent de certains sujets, coupent les notifications, Ă©vitent les dĂ©bats clivants.
On pourrait ĂȘtre tentĂ© dây voir un dĂ©sintĂ©rĂȘt. Mais c’est en rĂ©alitĂ© souvent lâinverse, car ce sont parfois les jeunes qui se sentent le plus concernĂ©s par l’Ă©tat du monde qui ressentent le plus le besoin de sâen protĂ©ger ponctuellement.En tant que parent, si vous remarquez que votre ado semble saturĂ©, angoissĂ© ou quâil fuit systĂ©matiquement les conversations sur lâactualitĂ©, câest peut-ĂȘtre moins un signe dâindiffĂ©rence quâun signal quâil a besoin dâaide pour digĂ©rer ce quâil reçoit. Et ça, câest une conversation que vous pouvez tout Ă fait avoir avec lui. đ
âïž FAQ
Les jeunes suivent-ils vraiment lâactualitĂ© âsouventâ ?
Oui, en France, environ 7 jeunes sur 10 suivent les actualités plusieurs fois par semaine ou tous les jours.
Ă quel point le smartphone est-il devenu central chez les ados ?
TrĂšs central, puisquâun rapport sur les pratiques numĂ©riques des jeunes indique que 98% des Ă©lĂšves de seconde disposent dâun smartphone.
Quel est lâĂąge âminimumâ pour les rĂ©seaux sociaux : 13 ans ou 15 ans ?
Les deux chiffres renvoient à deux rÚgles différentes :
- 13 ans : câest lâĂąge minimum trĂšs frĂ©quemment retenu dans les services/plateformes.
- 15 ans : en France, câest la âmajoritĂ© numĂ©riqueâ pour certains traitements basĂ©s sur le consentement (donnĂ©es personnelles) : au-dessus de 15 ans, un mineur peut consentir seul dans certains cas.
Les ados contournent-ils vraiment les Ăąges minimums ?
Oui, et câest documentĂ©, puisquâune Ă©tude Arcom a montrĂ© que 44% dĂ©clarent avoir commencĂ© Ă utiliser au moins un rĂ©seau social avant 13 ans, et 62% dĂ©clarent avoir menti sur leur Ăąge Ă lâinscription.
Câest quoi exactement une âbulle de filtreâ ?
Câest un phĂ©nomĂšne (surtout sur les rĂ©seaux) oĂč les algorithmes de recommandation finissent par proposer des contenus trĂšs similaires, car ils optimisent sur vos goĂ»ts/engagements passĂ©s.
Existe-t-il des droits ou des leviers pour rĂ©duire lâeffet âalgorithmeâ ?
Dans lâUE, le Digital Services Act (DSA) impose davantage de transparence et de contrĂŽles, et a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© comme donnant plus de possibilitĂ©s pour ne pas dĂ©pendre uniquement des recommandations.
En pratique, selon les plateformes, ça peut prendre la forme de fils âabonnementsâ, âchronologiqueâ, rĂ©glages de recommandations, etc.
Comment vérifier vite une info vue sur TikTok/Instagram ?
Voici un exemple de protocole simple et réaliste à donner à votre ado :
- Identifier la source primaire (qui affirme quoi ? oĂč ? quand ?).
- Croiser avec au moins 2 sources solides (mĂ©dia reconnu, organisme public, dĂ©pĂȘcheâŠ).
- Vérifier images/vidéos (contexte, date, lieu).
Quels outils sérieux de vérification peuvent utiliser votre ado ?
- AFP Factuel explique sa méthode et publie des vérifications.
- Le DĂ©codex / rubrique âVĂ©rificationâ du Monde : guides et outils pour Ă©valuer une rumeur/une source.
- CLEMI : ressources pédagogiques pour apprendre à reconnaßtre les infox et vérifier.
Que faire si mon ado est en surcharge / stress dâactualitĂ© ?
Vous pouvez lui conseiller de couper les notifications âbreaking newsâ, de limiter certains comptes/sujets et de planifier des âfenĂȘtres dâinfoâ. Lorsque câest possible, vous pouvez aussi lui proposer dâutiliser des sources âmoins anxiogĂšnesâ, notamment avec des formats explicatifs ou des dĂ©cryptage.
Vous lâaurez compris, si les habitudes dâinformation ont beaucoup Ă©voluĂ© ces derniĂšres annĂ©es, ce nâest pas pour autant que votre ado a cessĂ© de sâintĂ©resser Ă lâactualitĂ©, bien au contraire.
Alors, on espĂšre que cet article vous aura aidĂ© Ă y voir plus clair. Si câest le cas, nâhĂ©sitez pas Ă nous le faire savoir en commentaire ! đ
Dâailleurs, si vous voulez dĂ©couvrir des conseils de parents et dâexperts sur les sujets de la parentalitĂ© et du quotidien, vous pouvez dĂ©couvrir les diffĂ©rents Ă©pisodes de notre podcast « Parents d’ados » !